Woodbury-Matte House
The Woodbury-Matte House, a classified historic monument, is a dwelling built in 1835. This nearly square, storey-and-a-half stone residence is topped by a gable roof extended by flared eaves. It has a gallery running the full width of the façade. The Woodbury-Matte House is set back from the public road, on a large, gently sloping wooded lot. It is located in the city of L’Ancienne-Lorette.
The heritage value of the Woodbury-Matte House lies in its historical interest as a witness to the development of country vacationing in Québec. In the 19th century, city dwellers wishing to escape urban life built second homes in the countryside so as to enjoy a peaceful natural setting during the summer season. In 1834, Elisha Woodbury (died 1846), a master tinsmith living in the city of Québec, acquired a farm property in L’Ancienne-Lorette. He had a country house built there the following year and leased the farm to local farmers who worked it. Inside, the residence displays a hierarchy, compartmentalization and specialization of space reflecting a quest for comfort and privacy. The layout of the rooms follows a model more common in the city at that time: the ground floor comprises four rooms arranged around a central hall, and the attic is divided into bedrooms. The size of the rooms and their layout illustrate the affluence of the owners. The interior decoration stands out for its quality and elegance. It consists of joinery elements adorning the ground floor in particular, including chair rails, moulded door and window surrounds, sliding panelled doors and built-in wooden cupboards. Following Woodbury’s death, the house was transferred to the lawyer Daniel McCallum. In 1858, it was acquired by the master joiner Toussaint Vézina (circa 1808-circa 1882). The Woodbury-Matte House was used as a country residence until 1864. Its interior organization and refined decoration distinguish it from other rural dwellings and affirm its special status.
The heritage value of the Woodbury-Matte House also lies in its architectural interest. The residence is first of all representative of the neoclassical-inspired Québec house. This type of dwelling dominated the built landscape of Québec’s countryside and villages in the 19th century. As early as the 1820s and 1830s, the Québec house adopted certain characteristics of neoclassical architecture, including a symmetrical, orderly composition and decoration drawn from the classical vocabulary. The Woodbury-Matte House is characteristic of this type through its nearly square plan, its exposed foundation, its gable roof with flared eaves forming a canopy, its gallery, its symmetrical façade and the regular arrangement of its openings. It also reflects the influence of picturesque architecture, notably through its siting on a large wooded lot set back from the public road and through its wide three-part windows opening onto the immediate surroundings. The Woodbury-Matte House thus reflects the influence of various architectural movements that particularly marked the 19th century.
Maison Woodbury-Matte
La maison Woodbury-Matte, classée monument historique, est une demeure construite en 1835. Cette résidence en pierre, de plan presque carré à un étage et demi, est coiffée d’un toit à deux versants prolongés par un larmier retroussé. Elle possède une galerie aménagée sur toute la largeur de la façade. La maison Woodbury-Matte est implantée en retrait de la voie publique, sur un vaste terrain boisé accusant une légère pente. Elle est située dans la ville de L’Ancienne-Lorette.
La valeur patrimoniale de la maison Woodbury-Matte repose sur son intérêt historique en tant que témoin du développement de la villégiature au Québec. Au XIXe siècle, des citadins désireux de s’évader de la vie urbaine érigent à la campagne des résidences secondaires afin de jouir, durant la belle saison, d’un environnement naturel et paisible. En 1834, Elisha Woodbury (mort en 1846), un maître ferblantier domicilié dans la ville de Québec, acquiert une propriété agricole située à L’Ancienne-Lorette. Il y fait construire une maison de villégiature, dès l’année suivante, et loue la ferme à des cultivateurs locaux qui en assurent l’exploitation. À l’intérieur, la résidence montre une hiérarchisation, une compartimentation et une spécialisation de l’espace qui répondent à une recherche de confort et d’intimité. La distribution des pièces emprunte un modèle qui est plus commun en ville à cette époque : le rez-de-chaussée comprend quatre pièces disposées autour d’un hall central et les combles sont subdivisés en chambres. L’envergure des pièces et leur aménagement illustrent l’aisance des propriétaires. Le décor intérieur se distingue par sa qualité et son élégance. Il se compose d’éléments menuisés ornant particulièrement le rez-de-chaussée, dont des cimaises, des chambranles moulurés, des portes à panneaux coulissants ainsi que des armoires en bois encastrées. À la suite du décès de Woodbury, la maison est cédée à l’avocat Daniel McCallum. En 1858, elle est acquise par le maître menuisier Toussaint Vézina (vers 1808-vers 1882). La maison Woodbury-Matte est utilisée comme résidence de villégiature jusqu’en 1864. Son organisation intérieure ainsi que son décor soigné la distinguent des autres habitations rurales et affirment son statut particulier.
La valeur patrimoniale de la maison Woodbury-Matte repose aussi sur son intérêt architectural. La résidence est d’abord représentative de la maison québécoise d’inspiration néoclassique. Ce type d’habitation domine le paysage bâti des campagnes et des villages québécois au XIXe siècle. Dès les années 1820 et 1830, la maison québécoise adopte certaines caractéristiques de l’architecture néoclassique, dont une composition symétrique et ordonnée et un décor puisant au vocabulaire classique. La maison Woodbury-Matte est caractéristique de ce type par son plan presque carré, son solage dégagé, son toit à deux versants retroussés formant un avant-toit, sa galerie, sa façade symétrique et l’ordonnance régulière de ses ouvertures. Par ailleurs, elle traduit l’influence de l’architecture pittoresque, notamment par son implantation sur un vaste terrain boisé en retrait de la voie publique ainsi que par ses larges fenêtres à trois sections qui s’ouvrent sur l’environnement immédiat. Ainsi, la maison Woodbury-Matte rend compte de l’influence de différents courants architecturaux qui ont particulièrement marqué le XIXe siècle.