William-Wakeham House
William-Wakeham House, a classified historic monument, is a Victorian-style middle-class residence built around 1880. This two-storey stone residence with an irregular plan consists of an L-shaped central main block, covered with a mansard roof, and two polygonal wings arranged asymmetrically on either side. William-Wakeham House stands slightly set back from the street, on a gently sloping lot bordered by a row of tall trees. It faces the York River, on rue de la Reine, the main thoroughfare of the municipality of Gaspé.
The heritage value of William-Wakeham House lies in its uniqueness. This middle-class residence is reportedly the only old stone residence on the entire Gaspé Peninsula. Because Gaspé stone is friable and costly to quarry, it was little favoured for construction in the 19th century, and old buildings are generally of wood.
The heritage value of William-Wakeham House also lies in its historical interest. This residence is one of the rare witnesses to the era when the region was a leading resort destination for hunting and sport fishing. Gaspé Bay, with its three salmon rivers (the York, Saint-Jean and Dartmouth rivers), attracted an English-speaking aristocratic and middle-class elite from the 1860s onward. Among them were royal officials, wealthy Americans and politicians, including Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), Governor General of Canada from 1872 to 1878, who came to fish salmon there on several occasions. In 1910, William Wakeham, a physician and civil servant, transformed his house, named “One Ash,” into a place of culture and leisure for this elite. The wealthy Gaspé hotelier John Baker acquired “One Ash” in 1920 and strengthened its tourist vocation by integrating it into his network of hotels, whose reputation then extended beyond Canada’s borders. William-Wakeham House thus played an important role in the development of tourism in the Gaspésie.
The heritage value of this house also lies in its association with William Wakeham (1844-1915). This man distinguished himself through his role in the history of the Canadian fishing industry. A physician in Gaspé, he was appointed inspector for the Canadian fisheries protection service in the Gulf of St. Lawrence in 1878. In 1897, the Minister of Marine and Fisheries entrusted him with leading a major expedition to the Arctic, in order to study the length of the navigation season in Hudson Strait and to assert Canadian rights over the territories of Baffin Island and the Arctic Archipelago.
The heritage value of William-Wakeham House further lies in its architectural interest. This residence, representative of Québec middle-class dwellings of the late 19th and early 20th centuries, can be associated with the Victorian style, used mainly in the construction of middle-class residences and luxury hotels. This style, which appeared in England around 1860 and spread to North America in the late 19th and early 20th centuries, advocated eclecticism. William-Wakeham House is indeed a blend of several sources of inspiration. The Second Empire-influenced main block has a mansard roof characteristic of that movement. It also combines Neoclassical elements, such as its porch topped by a triangular pediment, and Queen Anne Revival elements, including its polygonal wings. The luxurious character of this residence is also expressed in the interior woodwork of various species, such as fir, oak, maple and mahogany.
Finally, the heritage value of William-Wakeham House lies in its relationship to its environment. Set on a gently sloping lot, it offers a broad panorama of the mouth of the York River and Gaspé Bay. Tall trees, mainly ash, line the south and west sides of the lot. In addition, the house marks the boundary between the commercial and residential sections of the main street of the municipality of Gaspé.
Maison William-Wakeham
La maison William-Wakeham, classée monument historique, est une demeure bourgeoise d’esprit victorien érigée vers 1880. Cette résidence en pierre de plan irrégulier, à deux étages, est composée d’un corps de logis central en forme de « L », couvert d’un toit à mansarde, ainsi que de deux ailes polygonales disposées asymétriquement de part et d’autre. La maison William-Wakeham se trouve un peu en retrait de la voie publique, sur un terrain accusant une pente douce et bordé d’une rangée de grands arbres. Elle est située face à la rivière York, sur la rue de la Reine, artère principale de la municipalité de Gaspé.
La valeur patrimoniale de la maison William-Wakeham repose sur son unicité. Cette demeure bourgeoise serait en effet la seule résidence ancienne en pierre de toute la péninsule gaspésienne. La pierre d’origine gaspésienne étant friable et coûteuse à extraire, elle est peu prisée pour la construction au XIXe siècle, et les bâtiments anciens sont généralement en bois.
La valeur patrimoniale de la maison William-Wakeham repose aussi sur son intérêt historique. Cette résidence est l’un des rares témoins de l’époque où la région constituait un haut lieu de villégiature pour la pratique de la chasse et de la pêche sportive. La baie de Gaspé, avec ses trois rivières à saumon (les rivières York, Saint-Jean et Dartmouth), a en effet attiré une élite aristocratique et bourgeoise anglophone dès les années 1860. Parmi elle, des fonctionnaires royaux, de riches Américains et des hommes politiques, dont Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), gouverneur général du Canada de 1872 à 1878, qui vient y pêcher le saumon à quelques reprises. En 1910, William Wakeham, médecin et fonctionnaire, transforme sa maison, nommée le « One Ash », en un lieu de culture et de loisirs destiné à cette élite. Le riche hôtelier gaspésien John Baker acquiert le « One Ash » en 1920 et renforce sa vocation touristique en l’intégrant à son réseau d’hôtels, dont la réputation dépasse alors les frontières canadiennes. La maison William-Wakeham a donc joué un rôle important dans le développement touristique de la Gaspésie.
La valeur patrimoniale de cette maison repose également sur son association avec William Wakeham (1844-1915). Cet homme s’illustre par son rôle dans l’histoire de l’industrie de la pêche canadienne. Médecin à Gaspé, il est nommé inspecteur pour le Service de protection des pêcheries canadiennes dans le golfe du Saint-Laurent en 1878. En 1897, le ministre de la Marine et des Pêcheries le charge de mener une importante expédition dans l’Arctique, en vue d’étudier la durée de la saison de navigation dans le détroit d’Hudson et d’affirmer les droits canadiens sur les territoires de la terre de Baffin et de l’archipel Arctique.
La valeur patrimoniale de la maison William-Wakeham repose en outre sur son intérêt architectural. Cette demeure représentative des habitations bourgeoises québécoises de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle peut être associée au style victorien, principalement utilisé dans la construction de résidences bourgeoises et d’hôtels de luxe. Ce style, qui apparaît en Angleterre vers 1860 et se répand en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, prône l’éclectisme. La maison William-Wakeham est, en effet, un mélange de plusieurs sources d’inspiration. Le corps de logis d’influence Second Empire présente un toit à mansarde caractéristique de ce courant. Il allie également des éléments néoclassiques, tel son porche surmonté d’un fronton triangulaire, et néo-Queen-Anne, entre autres ses ailes polygonales. Le caractère luxueux de cette résidence s’exprime aussi à travers les boiseries intérieures de diverses essences, comme le sapin, le chêne, l’érable et l’acajou.
La valeur patrimoniale de la maison William-Wakeham repose enfin sur son rapport à l’environnement. Implantée sur un terrain qui descend en pente douce, elle offre un large panorama sur l’embouchure de la rivière York et la baie de Gaspé. De grands arbres, principalement des frênes, bordent les parties sud et ouest du terrain. Par ailleurs, la maison marque la frontière entre les secteurs commercial et résidentiel de la rue principale de la municipalité de Gaspé.