Vieux Village de Rivière-des-Prairies
The Vieux Village de Rivière-des-Prairies heritage site, constituted in 1992, is a territory developed from the end of the 17th century onward. It consists of an institutional core and residential buildings forming a relatively homogeneous ensemble. Developed along the rivière des Prairies, the village has a concentration of some twenty buildings in its eastern portion, while its western part is occupied by the large parc Saint-Joseph. A linear green space, parc du Cheval-Blanc, runs along the rivière des Prairies. The Vieux Village de Rivière-des-Prairies heritage site is bounded on the north by the river, on the south by boulevard Perras, on the east by 71e Rue and the rear of the lots on 70e Rue, and on the west by 68e Avenue. It is located at the northeastern tip of the island of Montréal, in the Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles borough of the city of Montréal. An archaeological site recorded in the Inventaire des sites archéologiques du Québec is associated with the place.
The heritage value of the Vieux Village de Rivière-des-Prairies lies in its historical interest. It bears witness to several periods and various types of occupation. Located along the rivière des Prairies, the site’s banks and terraces were reportedly occupied intermittently by Amerindian groups about 4000 years before present. Then, from the earliest days of New France, the site was frequented by passing explorers and missionaries. The name of the river is said to recall the first European believed to have sailed its waters in 1610, the sieur des Prairies, a navigator from Saint-Malo and companion of Champlain. The Sulpicians granted land to settlers from 1671 onward. In 1687, the parish of Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies was founded, making it one of the oldest rural parishes on the island of Montréal. Until the beginning of the 20th century, the village remained exclusively agricultural in appearance. It then underwent a degree of densification triggered by resort activities. Indeed, many city dwellers acquired a second home in Rivière-des-Prairies at that time. Despite the increasing urbanization that affected the area after 1970, the core of the Vieux Village retains its distinctive features, which bear witness to earlier periods.
The heritage value of the site lies in its urban planning interest. Its urban fabric bears witness to the evolution of patterns of land occupation. From 1671 onward, the granted lands were laid out in long, narrow strips fronting on the river. In the 18th century, the village took shape around an institutional core, while in the following century it developed in linear fashion, parallel to the rivière des Prairies, along present-day boulevard Gouin, which became the main thoroughfare. From the 20th century onward, many lots were subdivided for the construction of vacation homes. At that time, several residential subdivisions were created, notably east of the church on 69e Avenue, thus transforming the village’s original linear plan into an orthogonal grid. All these stages are still perceptible both in the landscape and in the urban fabric. Indeed, parc du Cheval-Blanc, laid out along the shore, maintains a link with the river, the main factor in the occupation of the site, while parc Saint-Joseph, laid out west of the church, recalls the former glebe land. The prominence of the church marks the location of the institutional core around which the village developed from the end of the 17th century. The portion of boulevard Gouin east of the church, with its houses set on perpendicular lots along the public roadway, recalls the original land division. Furthermore, the lots on 69e Avenue, with their residences set back from the roadway and provided with outbuildings, evoke a later development. The Vieux Village still preserves today the memory of the different phases of occupation of its territory.
The heritage value of the site lies in its architectural interest. It is made up mostly of buildings erected in the 19th and 20th centuries. It first comprises an institutional core formed by the Gothic Revival-inspired Saint-Joseph-de-la-Rivière-des-Prairies Church (1875-1876), built to plans by Victor Bourgeau (1809-1888), and its presbytery. Otherwise, the Vieux Village essentially features modest domestic architecture. This consists of 19th-century village houses and vacation homes built in the early 20th century. Because of the proximity of the river, the site also includes several examples of chalet-type second homes built around the mid-20th century. A few suburban houses, built after the Second World War, complete the ensemble.
Vieux Village de Rivière-des-Prairies
Le site du patrimoine du Vieux Village de Rivière-des-Prairies, constitué en 1992, est un territoire aménagé à partir de la fin du XVIIe siècle. Il se compose d’un noyau institutionnel et de bâtiments résidentiels formant un ensemble relativement homogène. Développé en bordure de la rivière des Prairies, le village comprend une concentration d’une vingtaine d’édifices dans sa portion est, alors que sa partie ouest est occupée par le vaste parc Saint-Joseph. Un espace vert linéaire, le parc du Cheval-Blanc, est aménagé le long de la rivière des Prairies. Le site du patrimoine du Vieux Village de Rivière-des-Prairies est délimité au nord par la rivière, au sud par le boulevard Perras, à l’est par la 71e Rue et l’arrière des lots de la 70e Rue et à l’ouest par la 68e Avenue. Il se situe à l’extrémité nord-est de l’île de Montréal dans l’arrondissement municipal de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles de la ville de Montréal. Un site archéologique inscrit à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.
La valeur patrimoniale du Vieux Village de Rivière-des-Prairies repose sur son intérêt historique. Il témoigne de plusieurs époques et de divers types d’occupation. Situées en bordure de la rivière des Prairies, les rives et les terrasses du site auraient été occupées ponctuellement par les groupes amérindiens environ 4000 ans avant aujourd’hui. Puis, dès les débuts de la Nouvelle-France, le site est fréquenté par les explorateurs et les missionnaires de passage. Le nom de la rivière évoquerait le premier Européen qui aurait navigué dans ses eaux en 1610, le sieur des Prairies, un navigateur de Saint-Malo et compagnon de Champlain. Les Sulpiciens accordent des terres aux colons à partir de 1671. En 1687, la paroisse de Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies est fondée, ce qui en fait l’une des paroisses rurales les plus anciennes de l’île de Montréal. Jusqu’au début du XXe siècle, le village conserve un aspect exclusivement agricole. Il connaît alors une certaine densification déclenchée par les activités de villégiature. En effet, plusieurs citadins acquièrent à cette époque une résidence secondaire à Rivière-des-Prairies. Malgré l’urbanisation grandissante qui touche le secteur après 1970, le noyau du Vieux Village conserve ses particularités qui témoignent des époques précédentes.
La valeur patrimoniale du site repose sur son intérêt urbanistique. Sa trame urbaine témoigne de l’évolution des modes d’occupation du territoire. À partir de 1671, les terres concédées sont configurées suivant de longues bandes étroites ayant front sur la rivière. Au XVIIIe siècle, le village se forme autour d’un noyau institutionnel alors qu’au siècle suivant, il se développe de façon linéaire, parallèlement à la rivière des Prairies, le long de l’actuel boulevard Gouin qui devient la principale artère. À partir du XXe siècle, plusieurs lots sont divisés pour la construction de résidences de villégiature. À cette époque, plusieurs lotissements résidentiels sont réalisés, notamment à l’est de l’église sur la 69e Avenue, transformant ainsi le plan linéaire initial du village en grille orthogonale. Toutes ces étapes sont encore perceptibles tant dans le paysage que dans la trame urbaine. En effet, le parc du Cheval-Blanc aménagé le long des berges maintient un lien avec la rivière, principal facteur d’occupation du site, tandis que le parc Saint-Joseph aménagé à l’ouest de l’église rappelle l’ancienne terre curiale. La prédominance de l’église signale l’emplacement du noyau institutionnel autour duquel s’est développé le village dès la fin du XVIIe siècle. La portion du boulevard Gouin située à l’est de l’église, avec ses maisons implantées sur des lots perpendiculaires en bordure de la voie publique, rappelle le parcellaire originel. Par ailleurs, les terrains de la 69e Avenue, par leurs résidences situées en retrait de la voie publique et dotées de dépendances, évoquent un développement ultérieur. Le Vieux Village conserve encore aujourd’hui la mémoire des différentes phases d’occupation de son territoire.
La valeur patrimoniale du site repose sur son intérêt architectural. Il est composé majoritairement de bâtiments érigés au XIXe et au XXe siècle. Il comprend d’abord un noyau institutionnel formé de l’église Saint-Joseph-de-la-Rivière-des-Prairies (1875-1876), oeuvre d’inspiration néogothique réalisée d’après les plans de Victor Bourgeau (1809-1888), et de son presbytère. Par ailleurs, le Vieux Village présente essentiellement une architecture domestique modeste. Il s’agit de maisons villageoises issues du XIXe siècle ainsi que de maisons de villégiature construites au début du XXe siècle. Le site, en raison de la proximité de la rivière, englobe également plusieurs exemples de résidences secondaires de type chalet bâties vers le milieu du XXe siècle. Quelques maisons de banlieue, construites après la Deuxième Guerre mondiale, complètent l’ensemble.