Vieux-Boucherville Heritage Site
Vieux-Boucherville, a constituted heritage site, is a multifunctional territory occupied since 1667. At its centre is the village, marked by a tight orthogonal grid, the layout of some of whose streets dates back to the 17th century. The village is dominated by an institutional core. It is made up of Sainte-Famille Church (1801-1802), inspired by the architectural tradition of the French Regime, the presbytery (1896) and the convent of the Congrégation de Notre-Dame (1890), both Second Empire-influenced. Vieux-Boucherville also includes Neoclassical-inspired Québec houses. It also has a few mansard-roofed houses set with a shallow setback from the street on small lots. On either side of the village extend two linear sectors. These contain French-inspired rural stone houses from the 18th century and the first half of the 19th century, bourgeois villas inspired by the stylistic currents in vogue in the 19th century, and vacation residences. The streets of these sectors are lined with mature trees, and numerous green spaces separate the buildings from one another. The heritage site forms a longitudinal strip constituting the historic core of the town of Boucherville. It is located along the St. Lawrence River, facing the Boucherville islands, whose shores are wooded.
The Vieux-Boucherville heritage site contains six classified historic monuments and one recognized historic monument.
The heritage value of Vieux-Boucherville lies in its historical interest. Boucherville is among the 10 oldest towns in Québec. In 1667 Pierre Boucher (1622-1717), a dominant figure in the history of New France, founded a settlement at this spot, which was then part of his seigneury of Îles-Percées (later the seigneury of Boucherville). It was one of the first attempts at colonization south of the Montréal region. On his seigneurial domain, Boucher had a village built, surrounded by a palisade, where he settled his censitaires. The formation of the village was thus simultaneous with the development of the seigneury, which was unusual in the St. Lawrence Valley. Thanks to its fertile land, Boucherville grew rapidly. But in 1843 a fire destroyed the heart of the village. During the second half of the 19th century, Boucherville became a vacation spot prized by the Montréal bourgeoisie. During the 20th century, Vieux-Boucherville became denser as a result of residential construction. Today Vieux-Boucherville, which includes the former village, is the historic and tourist heart of the town of Boucherville.
The heritage value of Vieux-Boucherville lies in the interest of its village landscape. It is characterized by the diversity of its components, the product of more than three centuries of occupation. The village bears witness to the settlement of village cores in New France, notably through its orthogonal grid preserving the original layout of the first 17th-century streets and its boundaries recalling the original village. Its institutional ensemble occupies a central position dominating the surroundings. The village thus illustrates the familiar landscape of village cores in which the church, presbytery, convent and school form the heart of the village. The site is distinguished by its direct relationship with the St. Lawrence River. The location offers views of the Boucherville islands. In the sectors on either side of the village, the proximity of the river encouraged a settlement pattern specific to linear villages; this pattern derives from the range system. Eighteenth-century rural houses evoke the seigneurial system through their siting facing the river. In addition, several well-to-do 19th-century houses recall the era of vacation retreats. The streets are lined with mature trees and the numerous natural spaces separate the buildings from one another. These sectors contrast with the village, densely occupied by houses with a shallow setback from the street. This contrast creates a diversified village landscape typical of Québec.
The heritage value of Vieux-Boucherville lies in its architectural interest. The site contains buildings representing different stages of its development. It includes French-inspired rural houses from the 18th century and the first half of the 19th century, bourgeois villas inspired by the stylistic currents in vogue in the 19th century, Neoclassical-inspired Québec houses, a few mansard-roofed houses and secondary residences. Sainte-Famille Church, which dominates the village, was designed by the parish priest, Pierre Conefroy (1752-1816). He drew on the architectural tradition of the French Regime to create a church better suited to the needs of his time. By codifying the characteristics of this church, he produced a plan and specifications known as the Conefroy plan. This type of plan would influence religious architecture in the St. Lawrence Valley. The institutional core also includes two works by the architect Alfred Fournier dit Préfontaine (1865-1945), the convent of the Congrégation de Notre-Dame and an imposing presbytery, both Second Empire-influenced. Through the diversity of these buildings, the site illustrates the evolution of architecture in Québec over more than three centuries.
Vieux-Boucherville
Le Vieux-Boucherville, constitué site du patrimoine, est un territoire multifonctionnel occupé depuis 1667. En son centre figure le bourg marqué par une trame orthogonale serrée dont le tracé de certaines rues remonte au XVIIe siècle. Le bourg est dominé par un noyau institutionnel. Il est formé de l’église de Sainte-Famille (1801-1802), inspirée de la tradition architecturale du Régime français, du presbytère (1896) et du couvent de la congrégation de Notre-Dame (1890), tous deux d’influence Second Empire. Le Vieux-Boucherville regroupe aussi des maisons québécoises d’inspiration néoclassique. Il compte également quelques maisons à mansarde implantées avec un faible recul par rapport à la rue, sur des parcelles de petites dimensions. De part et d’autre du bourg s’étendent deux secteurs linéaires. S’y élèvent des maisons rurales en pierre d’inspiration française du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle, des villas bourgeoises inspirées des courants stylistiques en vogue au XIXe siècle et des résidences de villégiature. Les rues de ces secteurs sont bordées d’arbres matures, et de nombreux espaces de végétation isolent les bâtiments les uns des autres. Le site du patrimoine forme une bande longitudinale, qui constitue le noyau historique de la ville de Boucherville. Il est situé en bordure du fleuve Saint-Laurent, face aux îles de Boucherville, dont les rives sont boisées.
Le site du patrimoine du Vieux-Boucherville compte six monuments historiques classés et un monument historique reconnu.
La valeur patrimoniale du Vieux-Boucherville repose sur son intérêt historique. Boucherville se trouve parmi les 10 plus anciennes villes du Québec. En 1667, Pierre Boucher (1622-1717), une figure dominante de l’histoire de la Nouvelle-France, fonde un établissement à cet endroit, qui fait alors partie de sa seigneurie des Îles-Percées (plus tard, seigneurie de Boucherville). C’est l’une des premières tentatives de colonisation au sud de la région de Montréal. Sur son domaine seigneurial, Boucher fait construire un bourg entouré d’une palissade, où il établit ses censitaires. La formation du bourg est ainsi simultanée au développement de la seigneurie, ce qui est original dans la vallée du Saint-Laurent. Grâce à ses terres fertiles, Boucherville connaît une croissance rapide. Mais en 1843, un incendie détruit le coeur du village. Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, Boucherville devient un lieu de villégiature prisé par la bourgeoisie montréalaise. Au cours du XXe siècle, le Vieux-Boucherville se densifie en raison de la construction résidentielle. De nos jours, le Vieux-Boucherville, qui comprend notamment l’ancien bourg, est le coeur historique et touristique de la ville de Boucherville.
La valeur patrimoniale du Vieux-Boucherville repose sur l’intérêt de son paysage villageois. Il se caractérise par la diversité de ses composantes issues de plus de trois siècles d’occupation. Le bourg témoigne du peuplement des noyaux villageois de la Nouvelle-France, notamment par sa trame orthogonale conservant le tracé initial des premières rues du XVIIe siècle et ses limites qui rappellent le bourg d’origine. Son ensemble institutionnel occupe une position centrale dominant les environs. Le bourg illustre ainsi le paysage familier des noyaux villageois où l’église, le presbytère, le couvent et l’école forment le coeur du village. Le site se distingue par sa relation directe avec le fleuve Saint-Laurent. L’endroit offre des vues sur les îles de Boucherville. Dans les secteurs situés de part et d’autre du bourg, la proximité du cours d’eau a favorisé un mode d’implantation propre aux villages linéaires; ce mode découle du système de rangs. Des maisons rurales du XVIIIe siècle évoquent le régime seigneurial par leur implantation face au fleuve. En outre, plusieurs maisons cossues du XIXe siècle rappellent l’époque de la villégiature. Les rues sont bordées d’arbres matures et les nombreux espaces naturels isolent les bâtiments les uns des autres. Ces secteurs contrastent avec le bourg occupé densément par des maisons avec un faible recul par rapport à la rue. Ce contraste crée un paysage villageois diversifié et typique au Québec.
La valeur patrimoniale du Vieux-Boucherville repose sur son intérêt architectural. Le site compte des bâtiments qui représentent différentes étapes de son développement. Il renferme des maisons rurales d’inspiration française du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle, des villas bourgeoises inspirées des courants stylistiques en vogue au XIXe siècle, des maisons québécoises d’inspiration néoclassique, quelques maisons à mansarde et des résidences secondaires. L’église de Sainte-Famille, qui domine le village, est conçue par le curé de la paroisse, Pierre Conefroy (1752-1816). Ce dernier puise dans la tradition architecturale du Régime français pour créer une église mieux adaptée aux besoins de son époque. En codifiant les caractéristiques de cette église, il produit un plan et devis, dit le plan Conefroy. Ce type de plan influencera l’architecture religieuse de la vallée du Saint-Laurent. Le noyau institutionnel regroupe aussi deux réalisations de l’architecte Alfred Fournier dit Préfontaine (1865-1945), le couvent de la congrégation de Notre-Dame et un imposant presbytère, d’influence Second Empire. Par la diversité de ces bâtiments, le site illustre l’évolution de l’architecture au Québec sur plus de trois siècles.