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Location: Route 203, Très-Saint-Sacrement
Emplacement : Route 203, Très-Saint-Sacrement
Coordinates · Coordonnées: 45.198310, -73.863560
Marker type: Cited Historic Monument
Type de repère : Monument historique cité
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
English

Turcot Bridge

The Turcot Bridge, a cited historic monument, is a civil engineering structure built in 1889. This single-span bridge is 76.6 metres long and 4.98 metres wide. The riveted mild steel structure consists of double-intersection lattice parabolic trusses. It rests on dressed-stone abutments. Located in a village setting, near the parish core, the Turcot Bridge spans the rivière Châteauguay in the municipality of Très-Saint-Sacrement.

The heritage value of the Turcot Bridge lies in its historical interest. It is one of the first bridges erected under the metal bridge policy introduced by the government of Honoré Mercier (1840-1894) in 1887. In the second half of the 19th century, municipalities were responsible for building the bridges needed within their territory. Generally made of wood and uncovered, these bridges had a lifespan of about ten years and were frequently destroyed by ice jams or major floods. Their fragility affected the transportation system and the development of agriculture. The metal bridge policy was therefore adopted to encourage the construction of less vulnerable metal bridges. Municipalities bore the costs of the masonry abutments and of a wooden bridge, while the government granted a subsidy covering the additional sums required to erect a metal superstructure. Some fifty bridges were thus built before the policy was withdrawn in 1892. The Turcot Bridge, erected in 1889 to cross the rivière Châteauguay and replacing a seasonal trestle bridge, is the second bridge produced under this policy. It recalls the efforts made at the end of the 19th century to strengthen the road network and improve access to agricultural regions.

The heritage value of the Turcot Bridge also lies in its association with the engineer Gérard Macquet (born in 1859). The Mercier government wanted to integrate French as the working language in engineering projects. To this end, Macquet, an engineer from the Belgian Corps des Ponts et Chaussées, was recruited and immediately appointed director of metal bridge construction. He quickly departed from the common practice in North America. Whereas previously only the required width and span were specified to builders, who decided on the type of bridge to construct, Macquet and his team prepared highly detailed plans and specifications, thereby completely excluding contractors from the design of the structures. Before the Belgian engineer’s departure in 1892, he oversaw the design of some thirty bridges. Few of them survive. The Turcot Bridge is therefore an exceptional testament to Macquet’s work in Québec.

The heritage value of the Turcot Bridge further lies in its technological interest. The structure bears witness to the introduction of fully riveted mild steel structures in Québec. In the last decades of the 19th century, many metal bridges were erected in North America, notably in the railway network. Cast iron was often used and the structures were generally pin-connected articulated trusses. This type of bridge was rejected by Macquet, who preferred the fully riveted mild steel bridges more widespread in Europe. Although the latter were more costly, Macquet stressed their greater stability, rigidity and longevity as well as their simpler maintenance, which reduced long-term costs. The engineer also introduced two new frameworks, namely the Schwedler truss and the parabolic truss known as the Macquet truss. The Turcot Bridge belongs to this second model by virtue of its riveted structure, characterized notably by its parabolic top chords and its double-intersection lattice. It is an accomplished example of Québec civil engineering in the second half of the 19th century and of the use of European-inspired technology.

Français

Pont Turcot

Le pont Turcot, cité monument historique, est un ouvrage de génie civil construit en 1889. Ce pont d’une travée mesure 76,6 mètres de long et 4,98 mètres de large. La structure rivetée en acier doux est composée de fermes paraboliques à treillis à double intersection. Elle repose sur des culées en pierre de taille. Situé en milieu villageois, à proximité du noyau paroissial, le pont Turcot permet d’enjamber la rivière Châteauguay, dans la municipalité de Très-Saint-Sacrement.

La valeur patrimoniale du pont Turcot repose sur son intérêt historique. Il s’agit de l’un des premiers ponts érigés dans le cadre de la politique des ponts métalliques instaurée par le gouvernement d’Honoré Mercier (1840-1894) en 1887. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les municipalités sont responsables de la construction des ponts nécessaires sur leur territoire. Généralement en bois, sans couverture, ces ponts ont une durée de vie d’une dizaine d’années et sont fréquemment détruits par des embâcles ou des crues importantes. Leur fragilité affecte le système de transport et le développement de l’agriculture. La politique des ponts métalliques est alors adoptée pour favoriser la construction de ponts en métal, moins vulnérables. Les municipalités assumaient les coûts des culées en maçonnerie et d’un pont en bois, tandis que le gouvernement accorde une subvention couvrant les sommes supplémentaires nécessaires pour faire ériger une superstructure métallique. Une cinquantaine de ponts ont ainsi été construits avant le retrait de cette politique en 1892. Le pont Turcot, érigé en 1889 pour franchir la rivière Châteauguay et remplaçant un pont sur chevalets saisonnier, est le deuxième pont issu de cette politique. Il rappelle les efforts déployés à la fin du XIXe siècle afin de consolider le réseau routier et d’améliorer l’accessibilité aux régions agricoles.

La valeur patrimoniale du pont Turcot repose également sur son association avec l’ingénieur Gérard Macquet (né en 1859). Le gouvernement Mercier veut intégrer le français comme langue d’usage dans les projets d’ingénierie. À cette fin, Macquet, un ingénieur du Corps belge des Ponts et Chaussées, est recruté et aussitôt nommé directeur de la construction des ponts métalliques. Il se détache rapidement de la pratique courante en Amérique du Nord. Alors qu’auparavant, seules la largeur et la portée nécessaires étaient spécifiées aux constructeurs qui décidaient du type de pont à construire, Macquet et son équipe préparent des plans et des devis très détaillés et écartent ainsi complètement les entrepreneurs de la conception des structures. Avant le départ de l’ingénieur belge en 1892, celui-ci supervise l’élaboration d’une trentaine de ponts. Peu d’entre eux subsistent. Le pont Turcot constitue donc un témoin exceptionnel de l’oeuvre de Macquet au Québec.

La valeur patrimoniale du pont Turcot repose en outre sur son intérêt technologique. L’ouvrage témoigne de l’introduction des structures en acier doux entièrement rivetées au Québec. Dans les dernières décennies du XIXe siècle, en Amérique du Nord, plusieurs ponts métalliques sont érigés, notamment dans le réseau ferroviaire. La fonte est souvent utilisée et les structures sont généralement à treillis articulé assemblé à goupilles. Ce type de ponts est rejeté par Macquet, qui lui préfère les ponts en acier doux entièrement rivetés plus répandus en Europe. Bien que ces derniers soient plus coûteux, Macquet insiste sur leur stabilité, leur rigidité et leur longévité plus grandes ainsi que sur leur entretien plus simple, réduisant les coûts à long terme. L’ingénieur introduit par ailleurs deux nouvelles charpentes, soit la poutre Schwedler et la poutre parabolique dite Macquet. Le pont Turcot se rattache à ce second modèle par sa structure rivetée caractérisée notamment par ses cordes supérieures paraboliques et son treillis à double intersection. Il constitue un exemple achevé du génie civil québécois de la seconde moitié du XIXe siècle et de l’utilisation d’une technologie d’inspiration européenne.

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