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Location: 187 Chemin du Cap-Saint-Jacques, Montréal
Emplacement : 187, Chemin du Cap-Saint-Jacques, Montréal
Coordinates · Coordonnées: 45.471280, -73.937080
Marker type: Cited Historic Monument
Type de repère : Monument historique cité
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
English

Thomas-Brunet House

Thomas-Brunet House, a cited historic monument, is a farmhouse built in 1834 and enlarged in 1928. Its rectangular one-and-a-half-storey stone main block is topped by a straight-pitched gable roof flanked by firewalls and pierced by dormers. A one-and-a-half-storey Y-shaped stone annex (1928) with two corner turrets is attached to the rear of the main block, a one-storey wooden annex (between 1919 and 1928) used as a sunroom is attached to the west side, and a one-storey wooden annex (between 1969 and 1980) used as a porch is attached to the east side. The designation includes part of the large grassy and wooded grounds. The property, on the shore of Lac des Deux Montagnes and in the heart of a rural landscape, is part of the Cap-Saint-Jacques nature park, in the Pierrefonds-Roxboro borough of the city of Montréal.

The heritage value of Thomas-Brunet House lies in its historical interest. This former farmhouse bears witness to the agricultural use of its land for about two centuries. The censive of which it was formerly part was granted by the Sulpicians between 1748 and 1755. It continued to be farmed, by farmers in the following century and by a gentleman farmer in the early 20th century, until it came to serve exclusively as a principal residence in the 1950s. The long occupation of the site by three generations of the same farming family, the Brunets, recalls the donation, a means of transferring family property that carried numerous obligations for the beneficiaries toward the donors and that was traditionally practised in rural areas. Its purpose was to ensure the donors a suitable retirement and could notably include a life annuity and permission to use the farm’s premises and equipment.

The heritage value of Thomas-Brunet House also lies in its representativeness as an upper-middle-class country residence kept by a gentleman farmer. The purchase of the property in 1919 by the manufacturer James Bowman Peck (died 1955) and the major enlargements made in 1928 to an architect’s plans bear witness to a practice of the time specific to wealthy members of the urban bourgeoisie. They chose to establish their secondary country residence in a rural setting and to keep the farming vocation of the property for their own pleasure. For these gentleman farmers, the farm work, which had become secondary, was done the rest of the time by tenant employees whom they hired.

The heritage value of Thomas-Brunet House also lies in its architectural interest. Erected in 1834, the main block is representative of the rural residential architecture of Montréal from the late 18th century and the first half of the 19th century, influenced among other things by the French-inspired house. In this case, its characteristics are embodied notably in its rectangular rubble-stone block, its straight-pitched gable roof and its exposed gable walls flanked by double chimney stacks connected by a low wall. The gradual adaptation of farmhouses to the new needs of the time and to certain stylistic influences is reflected in the symmetrical and regular arrangement of the openings on the front façade and in the projecting eaves that formerly covered a gallery across its width. The 1928 enlargements were designed in a regionalist architecture inspired by the existing building. The architect also added elements inspired by French châteaux, notably the two turrets covered with conical roofs. Through the unity of its forms and materials, the ensemble bears witness to a harmonious integration with traditional architecture.

The heritage value of Thomas-Brunet House further lies in its landscape interest. The site has retained its rural character through its dirt paths and its grassy and tree-covered green spaces. From its location on Cap Saint-Jacques, the property maintains a visual connection with Lac des Deux Montagnes on one side and the Rivière des Prairies on the other. This setting recalls its original agricultural and country-retreat functions.

Français

Maison Thomas-Brunet

La maison Thomas-Brunet, citée monument historique, est une maison de ferme construite en 1834 et agrandie en 1928. Son corps principal en pierre, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants droits flanqué de murs coupe-feu et percé de lucarnes. Une annexe en pierre à un étage et demi (1928) en forme de « Y » et pourvue de deux tourelles d’angle est greffée à l’arrière du corps principal, une annexe en bois à un étage (entre 1919 et 1928) servant de solarium est greffée au côté ouest et une annexe en bois à un étage (entre 1969 et 1980) servant de portique est greffée au côté est. La désignation inclut une partie du grand terrain gazonné et boisé. La propriété, en bordure du lac des Deux Montagnes et au coeur d’un paysage rural, est intégrée au parc-nature du Cap-Saint-Jacques, dans l’arrondissement municipal de Pierrefonds-Roxboro de la ville de Montréal.

La valeur patrimoniale de la maison Thomas-Brunet repose sur son intérêt historique. Cette ancienne maison de ferme témoigne de la fonction agricole qui avait cours sur son terrain pendant environ deux siècles. En effet, la censive dont elle faisait anciennement partie est concédée par les Sulpiciens entre 1748 et 1755. Elle continue à être exploitée, par des cultivateurs au siècle suivant et par un gentilhomme fermier au début du XXe siècle, jusqu’à ce qu’elle serve exclusivement de résidence principale dans les années 1950. La longue occupation du site par trois générations d’une même famille de cultivateurs, les Brunet, rappelle la donation, mode de transmission du patrimoine familial qui était assorti de nombreuses obligations pour les légataires envers les donateurs et qui s’exerçait traditionnellement en milieu rural. Cette façon de faire avait pour objet de leur assurer une retraite convenable et pouvait notamment inclure une pension viagère et la permission d’utiliser des lieux et des équipements de la ferme.

La valeur patrimoniale de la maison Thomas-Brunet repose également sur sa représentativité comme résidence bourgeoise de villégiature tenue par un gentilhomme fermer. L’achat de la propriété en 1919 par le manufacturier James Bowman Peck (mort en 1955) et les agrandissements importants faits en 1928, selon les plans d’un architecte, témoignent d’une pratique de l’époque propre à de riches bourgeois venus de la ville. Ils choisissent d’aménager leur résidence secondaire de villégiature en milieu rural et de conserver la vocation fermière des lieux pour leur plaisir. Pour ces gentilshommes fermiers, le travail de la ferme, devenu secondaire, est assuré le reste du temps par des employés locataires qu’ils engagent.

La valeur patrimoniale de la maison Thomas-Brunet repose également sur son intérêt architectural. Érigé en 1834, le corps principal est représentatif de l’architecture résidentielle de la fin du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle en milieu rural à Montréal, influencée entre autres par la maison d’inspiration française. Dans ce cas-ci, ses caractéristiques s’incarnent notamment dans son corps rectangulaire en moellons, son toit à deux versants droits et par ses murs pignons découverts flanqués de souches de cheminées doubles reliées par un muret. L’adaptation progressive des maisons de ferme aux nouveaux besoins de l’époque et à certaines influences stylistiques se reflète dans la disposition symétrique et régulière des ouvertures de la façade avant et dans les larmiers saillants recouvrant anciennement une galerie sur sa largeur. Les agrandissements datant de 1928 sont conçus dans une architecture régionaliste inspirée du bâtiment existant. L’architecte y ajoute en plus des éléments inspirés des châteaux français, notamment les deux tourelles recouvertes d’un toit conique. Par l’unité des formes et des matériaux, l’ensemble témoigne d’une intégration harmonieuse à une architecture traditionnelle.

La valeur patrimoniale de la maison Thomas-Brunet repose en outre sur son intérêt paysager. Le site a conservé son caractère champêtre par ses sentiers en terre et ses espaces verts gazonnés et boisés d’arbres. De sa situation sur le cap Saint-Jacques, la propriété entretient un lien visuel avec le lac des Deux Montagnes d’un côté et la rivière des Prairies de l’autre. Cet environnement rappelle sa fonction agricole et sa fonction de villégiature d’origine.

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