Sherbrooke City Hall
Sherbrooke city hall, a recognized historic monument, is a Second Empire-style public building constructed between 1904 and 1906 to serve as a courthouse. The stone building consists of an imposing two-storey, rectangular-plan main block topped with a low-pitched hip roof and a false mansard. The façade has a central projecting bay, a three-storey tower with a domed roof and two side projecting bays with pavilion roofs. Erected at the edge of a park on an elevated site, the city hall is located in downtown Sherbrooke.
The heritage value of Sherbrooke city hall is based on its architectural interest. The Second Empire style, which enjoyed great popularity in Québec in the last quarter of the 19th century, was frequently used in public, institutional and residential architecture. At the end of the 19th century, it was the pre-eminent style for public buildings in Québec, as illustrated by the Parliament Building in Québec and Montréal city hall. It projected an image of prosperity and confidence that the government wished to associate with its institutions. In the case of Sherbrooke city hall, the use of the mansard roof, the pavilions placed at the ends of the façade, the central projecting bay and the elaborate ornamentation are typical of Second Empire architecture. The ornamentation draws on the formal repertoire of French and Italian classical architecture. The choice of materials, such as grey Stanstead granite and red Argenteuil granite, lends the building added prestige.
The heritage value of Sherbrooke city hall is also based on its interest for the history of courthouse architecture. The judicial reform prepared by George-Étienne Cartier (1814-1873) and put into effect in 1857 divided Canada East into 21 autonomous districts. Following the passage of this act, the Department of Public Works of the Province of Canada erected a series of district courthouses according to a standard plan prepared by the architect Frederick Preston Rubidge (1806-1897). Rubidge opted for a severe classical architecture, of which the former Winter prison in Sherbrooke is a representative example. The courthouses built by the Québec Department of Public Works after Confederation initially adopted the classical style of Rubidge’s buildings. The department gradually abandoned classicism for a more monumental Second Empire-inspired architecture, as illustrated by the courthouses built in Rivière-du-Loup (1882-1883) and Québec (1883-1889). The Sherbrooke courthouse, erected to plans by Elzéar Charest, is one of the most accomplished examples of this trend.
The heritage value of Sherbrooke city hall is also based on the renown of its architect, Elzéar Charest. Trained under the architect Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), he produced several buildings in Québec City, including the former Paquet store in collaboration with J.-B. Bertrand. Charest was one of the best exponents of the Château style in Québec City. He incorporated turrets, pepperpot roofs and crenellations into his works, giving them a medieval appearance. He held the position of chief architect of the Québec Department of Public Works from 1891 to 1914. In this capacity, he designed several public buildings, including the Sherbrooke courthouse.
Hôtel de ville de Sherbrooke
L’hôtel de ville de Sherbrooke, reconnu monument historique, est un édifice public de style Second Empire, construit entre 1904 et 1906 pour servir de palais de justice. L’immeuble de pierre se compose d’un imposant corps de bâtiment de plan rectangulaire à deux étages, coiffé d’un toit à croupes de pente faible ainsi que d’une fausse mansarde. La façade comporte un avant-corps central, une tour de trois étages à toit bombé et deux avant-corps latéraux à toit en pavillon. Érigé en bordure d’un parc sur un site surélevé, l’hôtel de ville est situé au centre-ville de Sherbrooke.
La valeur patrimoniale de l’hôtel de ville de Sherbrooke repose sur son intérêt architectural. Le style Second Empire, qui connaît une grande vogue au Québec dans le dernier quart du XIXe siècle, est fréquemment employé dans l’architecture publique, institutionnelle et résidentielle. À la fin du XIXe siècle, il se veut le style par excellence des édifices publics au Québec, comme en témoignent le Parlement de Québec et l’hôtel de ville de Montréal. Il projette une image de prospérité et de confiance que le gouvernement désire associer à ses institutions. Dans le cas de l’hôtel de ville de Sherbrooke, l’utilisation du toit mansardé, les pavillons disposés aux extrémités de la façade, l’avant-corps central ainsi que l’ornementation élaborée sont typiques de l’architecture Second Empire. L’ornementation puise au répertoire formel de l’architecture classique française et italienne. Le choix des matériaux, comme le granit gris de Stanstead et le granit rouge d’Argenteuil, confère un prestige accru au bâtiment.
La valeur patrimoniale de l’hôtel de ville de Sherbrooke repose aussi sur son intérêt pour l’histoire de l’architecture des palais de justice. La réforme judiciaire préparée par George-Étienne Cartier (1814-1873) et mise en vigueur en 1857 divise le Canada-Est en 21 districts autonomes. À la suite de l’adoption de cette loi, le département des Travaux publics du Canada-Uni érige une série de palais de justice de district, selon un plan type préparé par l’architecte Frederick Preston Rubidge (1806-1897). Ce dernier opte pour une architecture classique sévère, dont l’ancienne prison Winter de Sherbrooke constitue un exemple représentatif. Les palais de justice construits par le département des Travaux publics du Québec après la Confédération adoptent d’abord la facture classique des édifices de Rubidge. Le département délaisse progressivement le classicisme pour une architecture plus monumentale d’inspiration Second Empire, comme en témoignent les palais de justice bâtis à Rivière-du-Loup (1882-1883) et à Québec (1883-1889). Le palais de justice de Sherbrooke, érigé selon les plans d’Elzéar Charest, constitue un des exemples les plus achevés de cette tendance.
La valeur patrimoniale de l’hôtel de ville de Sherbrooke repose également sur la renommée de son architecte, Elzéar Charest. Stagiaire chez l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), il réalise plusieurs immeubles dans la ville de Québec, dont l’ancien magasin Paquet en collaboration avec J.-B. Bertrand. Charest est l’un des meilleurs représentants du style Château à Québec. Il intègre tourelles, poivrières et créneaux à ses oeuvres, ce qui leur confère un aspect médiéval. Il occupe le poste d’architecte en chef du département des Travaux publics du Québec de 1891 à 1914. À ce titre, il conçoit plusieurs édifices publics, dont le palais de justice de Sherbrooke.