Sault-au-Récollet Church
The Sault-au-Récollet Church, a classified historic monument, is a Catholic place of worship erected between 1749 and 1751 and then enlarged in 1850 to receive a new façade. This parish church has a rectangular plan without a transept, with a projecting flat-ended choir, against which a double sacristy is set. The twin-towered façade, in grey dressed stone, combines Baroque and Neoclassical influences. The rubble-stone body of the building, with its concrete buttresses, is topped by a gable roof with straight slopes. The church and its outbuildings stand back from boulevard Gouin Est, along the rivière des Prairies, in a rural setting. The Sault-au-Récollet Church is a landmark visible from Île Jésus. It is located in the Ahuntsic-Cartierville borough of the city of Montréal. It is surrounded by a protection area. A prehistoric Amerindian and Euro-Québec archaeological site is associated with the place.
The Sault-au-Récollet Church houses more than fifty classified works of art, including paintings, sculptures, pieces of furniture and silverware by renowned artists and craftsmen. It is part of the Ancien-Village-du-Sault-au-Récollet heritage site.
The heritage value of the Sault-au-Récollet Church lies in its age. The Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie Church, or Sault-au-Récollet Church, is considered one of the oldest in Québec. Replacing a former mission chapel that had become obsolete, it is one of the last churches built under the French Regime.
The heritage value of the Sault-au-Récollet Church also lies in its architectural interest. Despite the addition of a façade in 1850 by the architect John Ostell (1813-1892), it retains certain architectural elements from its first phase of construction (1749-1751). The intervention of Ostell, a renowned architect, is representative of the enlargement work carried out on many old places of worship in the mid-19th century. Originally, the Sault-au-Récollet Church was a construction typical of the French Regime because of the composition of its gabled façade topped by a single bell tower, its round-arched openings, its rubble masonry and its plan. Its builders used the so-called “Récollet” plan, very widespread at the time. Popularized by the Recollet Juconde Drué, architect (1664-after 1726), this plan was introduced to New France by Frère Luc (1614-1685). A double sacristy was added in line with the choir around 1773 and in 1844. John Ostell extended the nave by two bays and added a new dressed-stone façade in 1850. Recommended by the Sulpicians, Ostell acted as architect of the diocese owing to the many commissions he received from this community. The façade he designed for the Sault-au-Récollet Church echoes that of the architect Thomas Baillairgé (1791-1859) for the Sainte-Geneviève Church (1843-1844) and, in its style, belongs to the Québec Neoclassical tradition initiated by that architect. The main body of the 18th-century building and the interior architecture of the church were not altered during Ostell’s work. The Sault-au-Récollet Church, in which 18th- and 19th-century elements thus coexist, has remained unchanged since 1850.
The heritage value of the Sault-au-Récollet Church further lies in its artistic interest. Its interior decor, executed in several campaigns between 1764 and 1836, is representative of the artistic movements of the 18th and 19th centuries. The program was carried out mainly by three generations of craftsmen following the aesthetic of the Écorres workshop and is an excellent example of the art of ornamental sculptors of the Montréal region of that period. The workshop was located very near Sault-au-Récollet, on the other side of the rivière des Prairies, in the village of Saint-Vincent-de-Paul. The carved vault of the Sault-au-Récollet Church, one of the finest in Québec, is the work of the sculptor David-Fleury David (1780-1841), who was chiefly responsible for the church’s interior decoration. His decor, which replaces that of the sculptor Philippe Liébert (1733-1804), is richly ornamented. It is executed with great finesse, in the spirit of the Écorres workshop. The altar tombs and the other pieces of furniture commissioned from Louis Quévillon (1749-1823), master of the Écorres workshop, under whom David served his apprenticeship, harmonize well with this decor. The same is true of the pulpit by Vincent Chartrand (1795-1863), who was also trained in Quévillon’s circle. The polychrome carved wooden doors located on either side of the high altar are unique pieces in Québec and contribute to this interest. The result is a homogeneous decor in which certain unique and rare architectural elements and pieces of furniture are representative of early 19th-century art and of the output of the craftsmen who designed them.
Église du Sault-au-Récollet
L’église du Sault-au-Récollet, classée monument historique, est un lieu de culte de tradition catholique érigé entre 1749 et 1751, puis agrandi en 1850 afin de recevoir une nouvelle façade. Cette église paroissiale possède un plan rectangulaire, sans transept, avec un choeur en saillie à chevet plat, auquel est adossée une double sacristie. La façade à deux tours-clochers, en pierre de taille grise, allie les influences des styles baroque et néoclassique. Le corps de bâtiment en moellons avec ses contreforts en béton est coiffé d’un toit à deux versants droits. L’église et ses dépendances sont construites en retrait du boulevard Gouin Est, en bordure de la rivière des Prairies, et s’inscrivent dans un cadre champêtre. L’église du Sault-au-Récollet constitue un repère visible à partir de l’île Jésus. Elle se situe dans l’arrondissement municipal d’Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal. Elle est entourée d’une aire de protection. Un site archéologique amérindien préhistorique et euroquébécois est associé au lieu.
L’église du Sault-au-Récollet abrite plus d’une cinquantaine d’oeuvres d’art classées, soit des peintures, des sculptures, des pièces de mobilier et d’orfèvrerie d’artistes et d’artisans de renom. Elle fait partie du site du patrimoine de l’Ancien-Village-du-Sault-au-Récollet.
La valeur patrimoniale de l’église du Sault-au-Récollet repose sur son ancienneté. En effet, l’église de la Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, ou église du Sault-au-Récollet, est considérée comme l’une des plus vieilles du Québec. Remplaçant une ancienne chapelle de mission devenue désuète, elle est l’une des dernières églises construites sous le Régime français.
La valeur patrimoniale de l’église du Sault-au-Récollet repose aussi sur son intérêt architectural. Malgré l’ajout d’une façade en 1850 par l’architecte John Ostell (1813-1892), elle conserve certains éléments architecturaux de sa première phase de construction (1749-1751). L’intervention de Ostell, architecte réputé, est représentative des travaux d’agrandissement de nombreux lieux de culte anciens au milieu du XIXe siècle. À l’origine, l’église du Sault-au-Récollet est une construction typique du Régime français en raison de la composition de sa façade à pignon surmontée d’un unique clocher, de ses ouvertures cintrées, de sa maçonnerie en moellons et de son plan. Ses constructeurs emploient le plan dit « à la récollet » qui est très répandu à l’époque. Popularisé par le récollet Juconde Drué, architecte (1664-après 1726), ce plan est introduit en Nouvelle-France par le Frère Luc (1614-1685). Une double sacristie est ajoutée dans le prolongement du choeur vers 1773 et en 1844. John Ostell prolonge la nef de deux travées et ajoute une nouvelle façade en pierre de taille en 1850. Recommandé par les Sulpiciens, Ostell fait figure d’architecte du diocèse en raison des nombreuses commandes que lui passe cette communauté. La façade qu’il réalise pour l’église du Sault-au-Récollet fait écho à celle de l’architecte Thomas Baillairgé (1791-1859) pour l’église de Sainte-Geneviève (1843-1844) et, par son style, s’inscrit dans la tradition néoclassique québécoise amorcée par cet architecte. Le corps principal du bâtiment du XVIIIe siècle et l’architecture intérieure de l’église ne sont pas altérés lors des travaux de Ostell. L’église du Sault-au-Récollet, où cohabitent ainsi des éléments du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, demeure inchangée depuis 1850.
La valeur patrimoniale de l’église du Sault-au-Récollet repose également sur son intérêt artistique. Son décor intérieur, réalisé en plusieurs chantiers entre 1764 et 1836, est représentatif des courants artistiques des XVIIIe et XIXe siècles. Le programme est surtout réalisé par trois générations d’artisans d’après l’esthétique de l’atelier des Écorres et constitue un excellent exemple de l’art de sculpteurs ornemanistes de la région montréalaise de cette époque. L’atelier est situé tout près du Sault-au-Récollet, de l’autre côté de la rivière des Prairies, dans le village de Saint-Vincent-de-Paul. La voûte sculptée de l’église du Sault-au-Récollet, l’une des plus belles du Québec, est l’oeuvre du sculpteur David-Fleury David (1780-1841), à qui l’on doit principalement la décoration intérieure de l’église. Son décor, qui remplace celui du sculpteur Philippe Liébert (1733-1804), est richement orné. Il est exécuté avec grande finesse, dans l’esprit de l’atelier des Écorres. Les tombeaux des autels et les autres pièces de mobilier commandés à Louis Quévillon (1749-1823), maître de l’atelier des Écorres chez qui David a fait son apprentissage, s’harmonisent bien à ce décor. Il en est de même de la chaire de Vincent Chartrand (1795-1863), formé lui aussi dans l’entourage de Quévillon. Les portes en bois sculpté polychrome, situées de chaque côté du maître-autel, sont des pièces uniques au Québec et contribuent à cet intérêt. Il en résulte un décor homogène où certains éléments architecturaux et pièces de mobilier uniques et rares sont représentatifs de l’art du début du XIXe siècle et de la production des artisans qui les ont conçus.