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Location: 1700 Rue Saint-Denis, Montréal
Emplacement : 1700, Rue Saint-Denis, Montréal
Coordinates · Coordonnées: 45.515250, -73.564220
Marker type: Classified Historic Monument
Type de repère : Monument historique classé
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
English

Saint-Sulpice Library

The Saint-Sulpice Library, a classified historic monument, is a Beaux-Arts cultural building erected from 1912 to 1914. The building consists of three rectangular sections arranged one behind the other. The first, which includes the street façade, has two levels and a flat roof. The second, wider and slightly taller, has a straight-sided glass gable roof. The third, smaller, is covered with a flat roof. The tripartite main façade is formed by two projecting pavilions framing the central section and features elaborate decoration drawn from the classical repertoire. The Saint-Sulpice Library, set back from the street, is located in a densely built-up area in the heart of the Quartier latin, in the borough of Ville-Marie in the city of Montréal.

The heritage value of the Saint-Sulpice Library lies in its historical interest. This institution has its origins in the first Sulpician public libraries in Montréal. Located in the Quartier latin, where the francophone elite lived, it was intended for the general public as well as for researchers and students of the Université Laval à Montréal (which became the Université de Montréal). Opened in 1915, it was then the largest francophone library in the city. Its influence was due in large part to Aegidius Fauteux (1876-1941) and Mgr Olivier Maurault (1886-1968). Fauteux, librarian from 1915 to 1931, had a decisive influence on its layout and operation, taking the great American and European institutions as models. His stays abroad enabled him to acquire thousands of works, which were added to Canadian publications to form one of the most important collections on the continent. As for Mgr Maurault, director of the library from 1915 to 1918, he made it a dynamic establishment where literary societies, artists, lecturers and musicians converged. Acquired by the Québec government in 1941, the Saint-Sulpice Library became the Bibliothèque nationale du Québec in 1968. Its collections today form the basis of those of the Grande Bibliothèque. This library is thus a cornerstone of the history of francophone culture in Québec.

The heritage value of the library lies in its architectural interest. The building, designed by Montréal architect Eugène Payette (1875-1959), belongs to the Beaux-Arts style inspired by the major architectural principles established by the École des beaux-arts in Paris. Popular in the late 19th century and the first decades of the 20th century, this style reinterprets the architectural classicism of the 17th and 18th centuries. The library illustrates it through the regular, symmetrical composition of its street façade, formed by two projecting pavilions topped by triangular pediments framing the central section. The classicism of this façade is also expressed in its tripartite elevation, consisting of a stone base, a piano nobile with a complete classical order and an attic band. Moreover, the different treatment of the three sections reflects the functionalism of Beaux-Arts architecture, as seen in the choice of materials, the shape of the roofs, the fenestration and the ornamentation. In short, the Beaux-Arts style gives the building the prestige and authority sought by the institution.

The heritage value of the library lies in the interest of its interior layout. Largely designed by Payette, it is characterized by its classical inspiration and its use of modern materials. In the hall, a monumental two-flight marble staircase leads to the large reading room on the upper floor. This room has a classical plaster decor composed notably of wall panels framed by foliated tori with crossed ribbons, cartouches below the capitals of the engaged piers and bas-reliefs adorning the tympanum of certain doors. Stained glass by the French-born glazier Henri Perdriau (1877-1950) enhances the coffered ceiling and the large windows of the room. In addition, several woodwork elements and the oak furniture contribute to the variety of the decor. The auditorium in the basement has a more restrained decoration. The rear of the building is occupied by a book stack of very modern design for its time. Varied and executed in noble materials, the library’s decor forms a homogeneous ensemble that ranks among the richest public interiors in Québec.

Français

Bibliothèque Saint-Sulpice

La bibliothèque Saint-Sulpice, classée monument historique, est un bâtiment à vocation culturelle de style beaux-arts érigé de 1912 à 1914. L’édifice est composé de trois corps de bâtiment de plan rectangulaire disposés en enfilade. Le premier, qui comprend la façade sur rue, compte deux niveaux et est coiffé d’un toit plat. Le deuxième, plus large et légèrement plus élevé, possède un toit en verre à deux versants droits. Le troisième, plus petit, est couvert d’un toit plat. La façade principale, de composition tripartite, est formée de deux avant-corps encadrant le corps central et comporte un décor élaboré puisant dans le répertoire classique. La bibliothèque Saint-Sulpice, implantée en retrait de la voie publique, se situe dans un secteur densément urbanisé en plein coeur du Quartier latin, dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

La valeur patrimoniale de la bibliothèque Saint-Sulpice repose sur son intérêt historique. Cette institution trouve son origine dans les premières bibliothèques publiques sulpiciennes de Montréal. Située dans le Quartier latin, lieu de résidence de l’élite francophone, elle est destinée au grand public ainsi qu’aux chercheurs et aux étudiants de l’Université Laval à Montréal (devenue l’Université de Montréal). Ouverte en 1915, elle constitue alors la plus importante bibliothèque francophone de la ville. Son rayonnement est en grande partie dû à Aegidius Fauteux (1876-1941) et à Mgr Olivier Maurault (1886-1968). Fauteux, conservateur de 1915 à 1931, aura une influence déterminante dans son aménagement et son fonctionnement, prenant pour modèles les grandes institutions américaines et européennes. Ses séjours à l’étranger lui permettent d’acquérir des milliers d’ouvrages qui s’ajoutent aux publications canadiennes afin de constituer l’une des plus importantes collections du continent. Quant à Mgr Maurault, directeur de la bibliothèque de 1915 à 1918, il en fait un établissement dynamique où convergent sociétés littéraires, artistes, conférenciers et musiciens. Acquise par le gouvernement québécois en 1941, la bibliothèque Saint-Sulpice devient la Bibliothèque nationale du Québec en 1968. Ses collections forment aujourd’hui la base de celle de la Grande Bibliothèque. Cette bibliothèque constitue donc une pierre d’assise de l’histoire de la culture francophone du Québec.

La valeur patrimoniale de la bibliothèque repose sur son intérêt architectural. L’édifice, conçu par l’architecte montréalais Eugène Payette (1875-1959), s’inscrit dans le style beaux-arts inspiré par les grands principes architecturaux établis par l’École des beaux-arts de Paris. En vogue à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, ce style interprète le classicisme architectural des XVIIe et XVIIIe siècles. La bibliothèque en est une illustration par la composition régulière et symétrique de sa façade sur rue, formée par deux avant-corps coiffés d’un fronton triangulaire encadrant le corps central. Le classicisme de cette façade s’exprime également par son élévation tripartite, composée d’un soubassement en pierre, d’un étage noble comprenant un ordre classique complet et d’un bandeau d’attique. Par ailleurs, le traitement différent des trois corps de bâtiment rend compte du fonctionnalisme de l’architecture beaux-arts, qui se reflète dans le choix des matériaux, la forme des toits, la fenestration ainsi que l’ornementation. En somme, le style beaux-arts confère à l’édifice le prestige et l’autorité recherchés par l’institution.

La valeur patrimoniale de la bibliothèque repose sur l’intérêt de son aménagement intérieur. En grande partie élaboré par Payette, il est caractérisé par son inspiration classique et l’utilisation de matériaux modernes. Dans le hall, un escalier monumental en marbre, à deux montées, conduit à la grande salle de lecture de l’étage. Celle-ci comprend un décor en plâtre classique composé notamment de trumeaux définis par des tores feuillagés à rubans croisés, de cartouches au-dessous des chapiteaux des piliers engagés et de bas-reliefs ornant le tympan de certaines portes. Des vitraux réalisés par le verrier d’origine française Henri Perdriau (1877-1950) rehaussent le plafond à caissons ainsi que les grandes fenêtres de la salle. En outre, plusieurs boiseries de même que le mobilier de chêne contribuent à la diversité du décor. La salle de spectacle, au sous-sol, comporte une décoration plus sobre. La partie arrière de l’édifice est occupée par un magasin de conception très moderne pour l’époque. Varié et réalisé avec des matériaux nobles, le décor de la bibliothèque forme un ensemble homogène qui figure parmi les plus riches intérieurs publics du Québec.

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