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Location: Chemin des Patriotes, Saint-Mathias-sur-Richelieu
Emplacement : Chemin des Patriotes, Saint-Mathias-sur-Richelieu
Coordinates · Coordonnées: 45.474000, -73.268670
Marker type: Classified Historic Monument
Type de repère : Monument historique classé
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
English

Saint-Mathias Church and Cemetery Wall

The Saint-Mathias church and cemetery wall, classified in 1957, form a parish close of Catholic tradition. The designation does not, however, apply to the land enclosed by the wall and used as a cemetery. The stone church, built from 1784 to 1788, was enlarged at the choir and its façade altered in 1817 and 1818. It has a Latin-cross plan consisting of a single-aisle nave, a transept and a narrower choir ending in a semicircular apse. Its very simple façade is surmounted by a two-lantern bell tower set on the ridge of the steep gable roof with slightly flared eaves. Erected in 1817 and 1818 on the site of an earlier building, the sacristy, also of stone, is attached to the apse in line with the choir. The rectangular, one-and-a-half-storey building is topped by a straight-pitched gable roof. A covered passage connects it to the south arm of the transept. The stone wall enclosing the cemetery, raised in 1817 and 1818, joins the church on either side of its façade. On the main street side, it is pierced by arched gateways crowned with a gable. Two small stone buildings used as charnel houses occupy the corners, one built at the same time as the wall and the other dating from 1864. The parish close is located at the heart of the village core of the municipality of Saint-Mathias-du-Richelieu, facing the Rivière Richelieu.

The heritage value of the Saint-Mathias church and cemetery wall lies in their representativeness as a parish close. The ensemble illustrates a type of layout inherited from the Middle Ages. Located at the heart of the village core, it consists of the church surrounded by the cemetery and a stone wall enclosing the sacred space. This wall is the most elaborate of those surviving in Québec owing to its two gateways and its two small corner buildings. The one built at the same time as the wall originally served as a mortuary chapel, while the other was used as a charnel house from its construction in 1864. As tradition dictates, the church choir faces the rising sun, a symbol of the risen Christ. It is extended by the sacristy, in an arrangement common from the late 18th century to the early 20th century. Parish closes disappeared in the mid-19th century, when cemeteries were laid out on the outskirts of urban or village centres and separated from religious complexes. With the church built from 1784 to 1788 and the wall raised in 1817 and 1818, this close is among the oldest, rarest and most complete to survive.

The heritage value of the church also lies in its architectural interest. The place of worship illustrates the persistence of French-inspired religious architecture in the late 18th century and certain adaptations to the local context. It is representative of the French architectural tradition through its rubble-stone masonry, its Latin-cross plan, its very simple façade surmounted by a bell tower set on the ridge, and its steep gable roof with slightly flared eaves. As with several churches, the façade was updated, probably in 1817 and 1818, with the addition of the side doors and windows. In the same spirit, the single-lantern bell tower was replaced by the present two-lantern bell tower. Saint-Mathias Church thus illustrates the evolution of religious architecture at the turn of the 19th century.

The heritage value of the church also lies in the interest of its interior decor. It is one of the most complete and most representative examples of the ornamental work of the atelier des Écores. The high altar by Louis Quévillon (1749-1823), with its Roman-style tomb and skilfully worked tabernacle, reflects the influence of Philippe Liébert (1733-1804) on the sculptors of this workshop. The luxuriance of its ornamentation is characteristic of the vocabulary used at Saint-Vincent-de-Paul, as are the other components of the decor executed by René Beauvais dit Saint-James (1785-1837) and Paul Rollin (1789-1855), assisted by Jean-Baptiste Baret and François Dugal (1794-1862). These include the false vault of the transept and choir adorned with bas-reliefs, the cupola at the crossing, the retables, including that of the choir with its paired garlanded columns and entablature, as well as the very elaborate pulpit, the churchwardens’ pew and the curial and episcopal thrones. Few churches have an ensemble comprising these last four elements. The rear galleries and side galleries complete the decor. The church also has a very rare wooden sanctuary lamp. The decor of Saint-Mathias Church is today among the fine examples of early Québec art.

Français

Église et mur du cimetière de Saint-Mathias

L’église et le mur du cimetière de Saint-Mathias, classés en 1957, forment un enclos paroissial de tradition catholique. La désignation ne s’applique toutefois pas au terrain délimité par le mur et servant de cimetière. L’église en pierre, construite de 1784 à 1788, est agrandie par le choeur et modifiée en façade en 1817 et 1818. Elle présente un plan en croix latine composé d’une nef à un vaisseau, d’un transept et d’un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Sa façade très simple est surmontée d’un clocher à deux lanternes posé sur le faîte du toit aigu à deux versants légèrement retroussés. Érigée en 1817 et 1818 à l’emplacement d’un bâtiment précédent, la sacristie, également en pierre, se greffe à l’abside dans le prolongement du choeur. L’édifice, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants droits. Un chemin couvert le relie au bras sud du transept. Le mur en pierre qui ceinture le cimetière, élevé en 1817 et 1818, se greffe de part et d’autre de la façade de l’église. Du côté de la rue principale, il est percé de portails cintrés couronnés d’un pignon. Deux petits bâtiments en pierre servant de charniers occupent les angles, l’un construit en même temps que le mur et l’autre datant de 1864. L’enclos paroissial se situe au coeur du noyau villageois de la municipalité de Saint-Mathias-du-Richelieu, face à la rivière Richelieu.

La valeur patrimoniale de l’église et du mur du cimetière de Saint-Mathias repose sur leur représentativité en tant qu’enclos paroissial. L’ensemble illustre un type d’aménagement hérité du Moyen Âge. Situé au coeur du noyau villageois, il se compose de l’église entourée du cimetière et d’un mur en pierre qui ferme l’espace sacré. Ce mur est le plus élaboré parmi ceux qui subsistent au Québec en raison de ses deux portails et de ses deux petits bâtiments d’angle. Celui construit en même temps que le mur servait à l’origine de chapelle des morts, alors que l’autre est utilisé comme charnier dès sa construction en 1864. Comme le veut la tradition, le choeur de l’église est orienté vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité. Il est prolongé par la sacristie, selon une disposition courante de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle. Les enclos paroissiaux disparaissent au milieu du XIXe siècle, quand les cimetières sont aménagés en périphérie des centres urbains ou villageois et dissociés des ensembles religieux. Avec l’église construite de 1784 à 1788 et le mur élevé en 1817 et 1818, cet enclos figure parmi les plus anciens, les plus rares et les plus complets à subsister.

La valeur patrimoniale de l’église repose aussi sur son intérêt architectural. Le lieu de culte illustre la persistance de l’architecture religieuse d’inspiration française à la fin du XVIIIe siècle et certaines adaptations au contexte. Il est représentatif de la tradition architecturale française par sa maçonnerie de moellons, son plan en croix latine, sa façade très simple surmontée d’un clocher posé sur le faîte et son toit aigu à deux versants légèrement retroussés. Comme c’est le cas pour plusieurs églises, la façade a été mise au goût du jour, vraisemblablement en 1817 et 1818, avec l’ajout des portes et des fenêtres latérales. Dans le même esprit, le clocher à lanterne simple a été remplacé par le clocher actuel, qui est à deux lanternes. L’église de Saint-Mathias illustre ainsi l’évolution de l’architecture religieuse au tournant du XIXe siècle.

La valeur patrimoniale de l’église repose également sur l’intérêt de son décor intérieur. Celui-ci est l’un des plus complets et des plus représentatifs de la production ornemaniste de l’atelier des Écores. Le maître-autel de Louis Quévillon (1749-1823), avec son tombeau à la romaine et son tabernacle savamment travaillés, témoigne de l’influence de Philippe Liébert (1733-1804) sur les sculpteurs de cet atelier. La luxuriance de son ornementation est caractéristique du vocabulaire exploité à Saint-Vincent-de-Paul, tout comme les autres composantes du décor exécutées par René Beauvais dit Saint-James (1785-1837) et Paul Rollin (1789-1855), assistés de Jean-Baptiste Baret et François Dugal (1794-1862). Parmi celles-ci se trouvent la fausse voûte du transept et du choeur ornée de bas-reliefs, la coupole à la croisée du transept, les retables dont celui du choeur avec ses colonnes jumelées à guirlandes et son entablement, de même que la chaire très élaborée, le banc d’oeuvre et les trônes curial et épiscopal. Peu d’églises comprennent un ensemble regroupant ces quatre derniers éléments. Les tribunes arrière et les galeries latérales complètent le décor. L’église compte aussi une très rare lampe de sanctuaire en bois. Le décor de l’église de Saint-Mathias figure aujourd’hui parmi les beaux exemples de l’art ancien du Québec.

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