Saint-Grégoire-le-Grand Church
The Saint-Grégoire-le-Grand church, classified in 1957, is a Catholic place of worship built from 1803 to 1806 and enlarged at the front from 1850 to 1855. The plan of this stone building consists of a rectangular nave with three aisles extended by a narrower choir ending in a semicircular apse. Neoclassical in inspiration, its monumental screen façade features a central Ionic avant-corps flanked by two towers each topped by a bell tower. A one-storey rectangular stone sacristy is attached to the apse in line with the choir. Located in the heart of the Saint-Grégoire sector of the city of Bécancour, the church dominates the institutional core, which also includes the presbytery, the former convent and the former school, and it benefits from a protection area.
Twenty-three classified works of art are preserved there.
The heritage value of the Saint-Grégoire-le-Grand church lies in its historical interest. This place of worship bears witness to the large-scale arrival of Acadians in the Bécancour area during the second half of the 18th century. Driven from their homeland during the deportation of 1755, several families from Beaubassin settled there from 1758 onward and founded, among others, the village of Saint-Grégoire, originally named Sainte-Marguerite. Given the size of the community, the ecclesiastical authorities canonically erected the parish in 1802 and authorized the construction of the church, which took place from 1803 to 1806.
The heritage value of the Saint-Grégoire-le-Grand church also lies in its representativeness of the evolution of Québec religious architecture. Indeed, the building reflects transformations commonly carried out to adapt Catholic churches to the needs of parishes and bring them up to date. Because of the growing number of parishioners, the Saint-Grégoire-le-Grand church was substantially modified from 1850 to 1855. The nave was lengthened at the front and the side walls were rebuilt in line with the end walls of the transept. This type of nave widening, frequently found in churches with a Latin-cross plan, allowed side galleries to be installed. In addition, the new façade borrowed from Neoclassicism, a style in vogue in the 19th century. This church thus recalls the evolution of many Catholic churches in Québec built in the 18th and 19th centuries.
The heritage value of the Saint-Grégoire-le-Grand church also lies in its architectural interest. The monumental screen façade consists of five bays and two side towers each topped by a bell tower, a composition common in the mid-19th century. The Neoclassical influence is reflected particularly in the central Ionic avant-corps, which has a base pierced by an arcade supporting a principal storey adorned with a colonnade and crowned by a triangular pediment, and in the round-arched openings. To lighten the structure, the wooden columns and pediment are clad in painted sheet metal imitating dressed stone. These elements draw on construction techniques used in the 19th century to adapt buildings to clay soils unable to bear heavy loads.
The heritage value of the Saint-Grégoire-le-Grand church further lies in the interest of its interior. It contains exceptional elements, including the high altar tabernacle made in 1703 by Charles Chaboulié (circa 1638-1708) and the choir retable (that is, the central part consisting of columns and pilasters supporting a section of entablature and a segmental pediment) created around 1713 by the Brussels-born sculptor Jan Jacques Bloem dit Leblond (1688-after 1724) for the Récollet church in Montréal. These works are among the oldest of their kind surviving in Québec. Acquired by the parish in 1811, they were incorporated the following year into the decor executed by Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860). He also produced Roman-style altar tombs for the high altar and the side altars, representative of the output of the Écores workshop to which he belonged. They demonstrate the quality of the work of this sculptor, one of the most renowned in Québec in the 19th century. Rich in its many elements of interest, the interior of the Saint-Grégoire-le-Grand church thus bears witness to the practices and mastery of renowned 18th- and 19th-century artisans.
Église de Saint-Grégoire-le-Grand
L’église de Saint-Grégoire-le-Grand, classée en 1957, est un lieu de culte de tradition catholique construit de 1803 à 1806 et agrandi par la façade de 1850 à 1855. Le plan de cet édifice en pierre est composé d’une nef rectangulaire à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. D’inspiration néoclassique, sa façade-écran monumentale présente un avant-corps central d’ordre ionique flanqué de deux tours surmontées d’un clocher. Une sacristie en pierre, de plan rectangulaire et à un étage, est greffée à l’abside dans le prolongement du choeur. Implantée au coeur du secteur Saint-Grégoire de la ville de Bécancour, l’église domine le noyau institutionnel, qui compte aussi le presbytère, l’ancien couvent et l’ancienne école, et bénéficie d’une aire de protection.
Vingt-trois oeuvres d’art classées y sont conservées.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Grégoire-le-Grand repose sur son intérêt historique. Ce lieu de culte témoigne de l’arrivée massive d’Acadiens dans le secteur de Bécancour au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Délogées de leur patrie lors de la déportation de 1755, plusieurs familles originaires de Beaubassin viennent s’y établir à partir de 1758 et fondent notamment le village de Saint-Grégoire, nommé à l’origine Sainte-Marguerite. Compte tenu de l’importance de la communauté, les autorités ecclésiastiques érigent canoniquement la paroisse en 1802 et autorisent la construction de l’église, qui s’échelonne de 1803 à 1806.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Grégoire-le-Grand repose aussi sur sa représentativité par rapport à l’évolution de l’architecture religieuse québécoise. En effet, l’édifice est le reflet de transformations couramment effectuées pour adapter les églises catholiques aux besoins des paroisses et les mettre au goût du jour. En raison de l’accroissement du nombre de fidèles, l’église de Saint-Grégoire-le-Grand a été modifiée de façon importante de 1850 à 1855. La nef est alors allongée par la façade et les longs-pans sont reconstruits dans l’alignement des murs latéraux du transept. Ce type d’élargissement de la nef, qui se rencontre fréquemment dans les églises présentant un plan en croix latine, permettait l’aménagement de galeries latérales. De plus, la nouvelle façade emprunte au néoclassicisme, un courant en vogue au XIXe siècle. Cette église rappelle ainsi l’évolution de plusieurs églises catholiques du Québec construites aux XVIIIe et XIXe siècles.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Grégoire-le-Grand repose également sur son intérêt architectural. La façade-écran monumentale est constituée de cinq travées et de deux tours latérales surmontées d’un clocher, une composition courante au milieu du XIXe siècle. L’influence néoclassique se reflète plus particulièrement dans l’avant-corps central d’ordre ionique, qui présente un soubassement percé d’une arcade supportant un bel étage orné d’une colonnade et couronné d’un fronton triangulaire, et dans les ouvertures cintrées. Afin d’alléger la structure, les colonnes et le fronton en bois sont revêtus de tôle peinte imitant la pierre de taille. Ces éléments font appel à des techniques de construction utilisées au XIXe siècle afin d’adapter les bâtiments aux sols argileux qui ne peuvent pas supporter de lourdes charges.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Grégoire-le-Grand repose en outre sur l’intérêt de son intérieur. Celui-ci est doté d’éléments exceptionnels, dont le tabernacle du maître-autel réalisé en 1703 par Charles Chaboulié (vers 1638-1708) et le retable du choeur (soit la partie centrale composée de colonnes et de pilastres supportant une section d’entablement et un fronton en segment de cercle) créé vers 1713 par le sculpteur bruxellois Jan Jacques Bloem dit Leblond (1688-après 1724) pour l’église des Récollets de Montréal. Ces oeuvres figurent parmi les plus anciennes du genre à subsister au Québec. Acquises par la paroisse en 1811, elles ont été intégrées l’année suivante au décor exécuté par Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860). Ce dernier réalise aussi des tombeaux à la romaine pour le maître-autel et les autels latéraux représentatifs de la production de l’atelier des Écores auquel il est rattaché. Ils démontrent la qualité du travail de ce sculpteur, l’un des plus renommés au Québec au XIXe siècle. Riche en raison de la pluralité de ses éléments d’intérêt, l’intérieur de l’église de Saint-Grégoire-le-Grand témoigne donc des pratiques et de la maîtrise d’artisans renommés des XVIIIe et XIXe siècles.