Saint-Edgar Covered Bridge
The Saint-Edgar covered bridge, a cited historic monument, is a “Town québécois” type covered bridge built in 1938. This two-span bridge is 88.38 metres long and 5.74 metres wide. Its structure consists of trusses made of planks set diagonally, forming a wide lattice, with vertical posts placed between the double upper and lower chords. It is covered with horizontal board siding painted red and topped with a straight gable roof. The central pier rests on an islet. The covered bridge spans the Petite rivière Cascapédia, in a rural setting, in the Saint-Edgar sector of the town of New Richmond.
The heritage value of the Saint-Edgar covered bridge lies in its representativeness. A covered bridge is a wooden structure fitted with a roof. It is erected to allow people or vehicles to pass over an obstacle. The trusses are the load-bearing elements of the entire structure. In Québec, between the early 19th century and the 1950s, some 1,500 structures of this type were built. As places of passage, covered bridges gave access to colonization lands and thus made it possible to market agricultural products. They are therefore inseparable from the history of Québec. The Saint-Edgar covered bridge was built in 1938 at the urging of the parish priest Joseph-Edgar Miville (1887-1968). The development of a small village on the west bank of the Petite rivière Cascapédia was thus made possible. This bridge is, moreover, one of the last examples of the use of this type of structure in the Gaspésie region.
The heritage value of the Saint-Edgar covered bridge also lies in its architectural interest. It bears witness to the popularity of “Town québécois” trusses in the design of covered bridges. Several types of covered bridges were built in Québec from the early 19th century. Most of the structures erected during the 20th century belong to the “Town québécois” model, also called the “Town élaboré.” It is a variant of the truss patented in 1820 by the American architect Ithiel Town (1784-1844). The latter consists of planks set diagonally. The framework forms a wide lattice between the upper and lower chords. The planks are fastened to one another at each intersection with wooden pegs. In Québec, this type of structure is known for its strength, ease of construction and lightness. This design was used almost systematically by the engineers of the Ministère de la Colonisation. Changes were nevertheless made to the model from the early 20th century. The dimensions of the timbers of the framework were reduced; vertical posts were added to the structure to compensate for the loss of strength; nails and bolts also replaced the more complex wooden pegging. Building bridges on the “Town québécois” model resulting from these changes was more economical. Its simplicity allowed the use of local labour. The Saint-Edgar covered bridge is a good representative of structures of this type, notably through the vertical posts reinforcing the trusses, the portals with obliquely angled lintels, the horizontal board siding and the side openings in the middle of the siding and between the upper chords. It differs from the standard model, however, through its double upper and lower chords, its two spans, and the trapdoor and ladder giving access to the islet on which the central pier rests. The exterior siding of the Saint-Edgar covered bridge is painted red, like that of many other covered bridges in Québec. That is why they are called “red bridges.” This bridge thus recalls the very wide diffusion of the “Town québécois” model during the first half of the 20th century.
Pont couvert de Saint-Edgar
Le pont couvert de Saint-Edgar, cité monument historique, est un pont couvert de type « Town québécois » construit en 1938. Ce pont à deux travées mesure 88,38 mètres de long et 5,74 mètres de large. Sa structure est composée de fermes constituées de madriers placés en diagonale, qui forment un large treillis, ainsi que de poteaux verticaux placés entre les cordes doubles supérieures et inférieures. Elle est couverte d’un lambris en planches horizontales peint en rouge; un toit à deux versants droits la coiffe. Le pilier central repose sur un îlot. Le pont couvert permet d’enjamber la Petite rivière Cascapédia, en milieu rural, dans le secteur de Saint-Edgar, dans la ville de New Richmond.
La valeur patrimoniale du pont couvert de Saint-Edgar repose sur sa représentativité. Un pont couvert est une construction en bois munie d’un toit. Il est érigé pour permettre la circulation des personnes ou des véhicules au-dessus d’un obstacle à franchir. Les fermes constituent les éléments porteurs de l’ensemble de la structure. Au Québec, entre le début du XIXe siècle et la décennie de 1950, environ 1500 ouvrages de ce type sont construits. Lieux de passage, les ponts couverts donnent accès aux terres de colonisation et permettent ainsi la mise en marché des produits agricoles. Ils sont donc indissociables de l’histoire du Québec. Le pont couvert de Saint-Edgar est construit en 1938 sur les instances du curé Joseph-Edgar Miville (1887-1968). Le développement d’un petit village sur la rive ouest de la Petite rivière Cascapédia est ainsi rendu possible. Ce pont constitue en outre un des derniers exemples de l’utilisation de ce type de structure dans la région de la Gaspésie.
La valeur patrimoniale du pont couvert de Saint-Edgar repose également sur son intérêt architectural. Il témoigne de la popularité des fermes de type « Town québécois » dans la conception des ponts couverts. Plusieurs types de ponts couverts sont construits au Québec à partir du début du XIXe siècle. La plupart des structures érigées pendant le XXe siècle appartiennent au modèle « Town québécois », aussi appelé « Town élaboré ». Il s’agit d’une variante de la ferme brevetée en 1820 par l’architecte américain Ithiel Town (1784-1844). Cette dernière est constituée de madriers placés en diagonale. La charpente forme un large treillis entre les cordes supérieures et inférieures. Les madriers sont attachés un à l’autre à chaque intersection par des chevilles de bois. Au Québec, ce type de structure est reconnu pour sa solidité, sa facilité de construction et sa légèreté. Ce plan est utilisé de façon presque systématique par les ingénieurs du ministère de la Colonisation. Des modifications sont toutefois apportées au modèle dès le début du XXe siècle. Les dimensions des pièces de bois de la charpente sont réduites; des poteaux verticaux sont ajoutés à la structure afin de compenser la perte de résistance; les clous et boulons remplacent aussi le chevillage de bois plus complexe. La construction des ponts selon le modèle « Town québécois », résultant de ces modifications, est plus économique. Sa simplicité permet l’emploi d’une main-d’oeuvre locale. Le pont couvert de Saint-Edgar représente bien les ouvrages de ce type, notamment par les poteaux verticaux solidifiant les fermes, les portiques à linteau à angles obliques, le parement en planches horizontales et les ouvertures latérales au milieu du lambris ainsi qu’entre les cordes supérieures. Il se distingue toutefois du modèle type par ses cordes supérieures et inférieures qui sont doubles, ses deux travées ainsi que la trappe et l’échelle donnant accès à l’îlot sur lequel repose le pilier central. Le lambris extérieur du pont couvert de Saint-Edgar est peint en rouge comme celui de nombreux autres ponts couverts du Québec. C’est pourquoi ils sont nommés « ponts rouges ». Ce pont rappelle donc la diffusion très large du modèle « Town québécois » durant la première moitié du XXe siècle.