Saint-Antoine-de-Tilly Church
The église de Saint-Antoine-de-Tilly, classified in 1963, is a Catholic place of worship built from 1786 to 1788 and given a new façade in 1902. The stone building has a Latin-cross plan consisting of a single-aisle nave, a transept and a choir ending in a semicircular apse. The façade consists of a semi-projecting central tower surmounted by a bell tower and framed by two turrets crowned with acroteria. A rectangular one-and-a-half-storey sacristy, topped by a gable roof with slightly bellcast eaves, is attached to the apse in line with the choir. It is connected to the north arm of the transept by a covered passageway. The church dominates a Catholic religious complex that also includes the presbytery and the cemetery. Erected near the St. Lawrence River, close to the former seigneurial manor, it is set at the heart of the village core of the municipality of Saint-Antoine-de-Tilly.
The heritage value of the église de Saint-Antoine-de-Tilly lies in its architectural interest. The place of worship is representative of the rural Catholic churches built in Québec in the last third of the 18th century. Between 1760 and 1790, the lack of skilled labour and low British immigration made the architecture of the French Regime the sole point of reference. The Bishop of Québec, Jean-Olivier Briand (1715-1794), strongly encouraged the use of the Latin-cross plan, among other reasons for its solidity. The église de Saint-Antoine-de-Tilly, with its single-aisle nave, its side chapels also serving as buttresses, its semicircular choir and its low roughcast masonry walls, corresponds to the model proposed by Mgr Briand and inspired by the religious architecture of the French Regime. Furthermore, the building bears witness to transformations common in churches at the turn of the 20th century. A new façade was built in 1902 according to the plans of the architect David Ouellet (1844-1915). It is representative of the façades designed by Ouellet, notably through its imposing semi-projecting central tower, the massive bell tower surmounting it, the two turrets framing it and its eclectic ornamentation. This façade recalls the desire to confer prestige on the place of worship by bringing it up to date.
The heritage value of the église de Saint-Antoine-de-Tilly also lies in the interest of its interior decor. This decor, designed by Thomas Baillairgé (1791-1859), was executed by the joiner and sculptor André Paquet (1799-1860) between 1837 and 1840. It is characteristic of the classical aesthetic proposed by Baillairgé for church interiors. The architectural logic is based on classical rigour and order. The various elements, such as the retable crowned with a pediment, the false segmental vault and the entablature, form a homogeneous whole. The interior of the église de Saint-Antoine-de-Tilly is one of Paquet’s most complete works. In addition to the false vault and the retable, he executed the high altar, the pulpit and the churchwardens’ pew. These liturgical furnishings have been preserved almost in their entirety. In 1867, a new tabernacle carved by Raphaël Giroux (1815-1869) replaced Paquet’s. These works by Paquet and Giroux, two former pupils of Baillairgé, evoke the master’s influence. The decor of the église de Saint-Antoine-de-Tilly illustrates the importance of Neoclassical principles and vocabulary in the design of church interiors in the mid-19th century.
The heritage value of the église de Saint-Antoine-de-Tilly also lies in its importance in the landscape. Distinctive components of the Québec landscape, churches are landmarks. They are the dominant features of Catholic parish complexes, which are true village cores. The church, built near the St. Lawrence River, is part of a religious complex formed of many significant elements, including the church square with its monument to the Virgin, the cemetery enclosed by a wrought-iron fence, the presbytery and two procession chapels. It is also located in a heritage setting representative of traditional Québec architecture, including, among other things, three seigneurial manors and a former general store.
Église de Saint-Antoine-de-Tilly
L’église de Saint-Antoine-de-Tilly, classée en 1963, est un lieu de culte catholique construit de 1786 à 1788 et doté d’une nouvelle façade en 1902. L’édifice en pierre présente un plan en croix latine composé d’une nef à un vaisseau, d’un transept et d’un choeur terminé par une abside en hémicycle. La façade est composée d’une tour centrale à demi-hors-oeuvre, surmontée d’un clocher et encadrée par deux tourelles couronnées d’acrotères. Une sacristie de plan rectangulaire à un étage et demi, coiffée d’un toit à deux versants légèrement retroussés, est greffée à l’abside dans le prolongement du choeur. Elle est reliée au bras nord du transept par un chemin couvert. L’église domine un ensemble religieux catholique comprenant aussi le presbytère et le cimetière. Érigée à proximité du fleuve Saint-Laurent, près de l’ancien manoir seigneurial, elle est implantée au coeur du noyau villageois de la municipalité de Saint-Antoine-de-Tilly.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Antoine-de-Tilly repose sur son intérêt architectural. Le lieu de culte est représentatif des églises catholiques rurales construites au Québec dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Entre 1760 et 1790, l’absence de main-d’oeuvre spécialisée et la faible immigration britannique font de l’architecture du Régime français l’unique objet de référence. L’évêque de Québec, Jean-Olivier Briand (1715-1794), encourage fortement l’utilisation du plan en croix latine, entre autres pour des raisons de solidité. L’église de Saint-Antoine-de-Tilly, avec sa nef à vaisseau unique, ses chapelles latérales servant également de contreforts, son choeur en hémicycle et ses murs bas en maçonnerie crépie, correspond au modèle proposé par Mgr Briand et inspiré de l’architecture religieuse du Régime français. Par ailleurs, l’édifice témoigne de transformations courantes dans les églises au tournant du XXe siècle. Une nouvelle façade est construite en 1902, selon les plans de l’architecte David Ouellet (1844-1915). Elle est représentative des façades conçues par Ouellet, notamment par son imposante tour centrale à demi-hors-oeuvre, le clocher massif qui la surmonte, les deux tourelles qui l’encadrent et son ornementation éclectique. Cette façade rappelle la volonté de conférer un prestige au lieu de culte en le mettant au goût du jour.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Antoine-de-Tilly repose également sur l’intérêt de son décor intérieur. Ce décor, conçu par Thomas Baillairgé (1791-1859), est réalisé par le menuisier et sculpteur André Paquet (1799-1860) entre 1837 et 1840. Il est caractéristique de l’esthétique classique proposée par Baillairgé pour les intérieurs d’église. La logique architecturale repose sur la rigueur et l’ordonnance classiques. Les divers éléments, tels que le retable couronné d’un fronton, la fausse voûte à arc surbaissé et l’entablement, forment un ensemble homogène. L’intérieur de l’église de Saint-Antoine-de-Tilly est l’une des oeuvres les plus complètes de Paquet. En plus de la fausse voûte et du retable, il exécute le maître-autel, la chaire et le banc d’oeuvre. Ce mobilier liturgique a été conservé presque intégralement. En 1867, un nouveau tabernacle, sculpté par Raphaël Giroux (1815-1869), remplace celui de Paquet. Ces oeuvres de Paquet et Giroux, deux anciens élèves de Baillairgé, évoquent l’influence du maître. Le décor de l’église de Saint-Antoine-de-Tilly illustre l’importance des principes et du vocabulaire néoclassiques dans la conception des intérieurs d’église au milieu du XIXe siècle.
La valeur patrimoniale de l’église de Saint-Antoine-de-Tilly repose aussi sur son importance dans le paysage. Composantes distinctives du paysage québécois, les églises constituent des points de repère. Elles sont les figures dominantes des ensembles paroissiaux catholiques, véritables noyaux villageois. L’église, élevée à proximité du fleuve Saint-Laurent, s’intègre à un ensemble religieux formé de nombreux éléments significatifs, dont la place de l’église avec son monument à la Vierge, le cimetière ceinturé d’une clôture en fer forgé, le presbytère et deux chapelles de procession. Elle est également située dans un environnement patrimonial représentatif de l’architecture traditionnelle du Québec, comprenant entre autres trois manoirs seigneuriaux et un ancien magasin général.