Routhierville Bridge
The Routhierville bridge, a classified historic monument, is a civil engineering structure built in 1931. This two-span wooden covered bridge is 78.53 metres long and 6.32 metres wide. Its Québec Town-type structure is composed of lattice trusses and vertical posts placed between the double upper and lower chords. It is covered with horizontal board siding and topped with a straight gable roof. Located in a rural setting, the bridge spans the Matapédia River, linking the unorganized territory of Routhierville to national Route 132, in the regional county municipality of La Matapédia.
The heritage value of the Routhierville bridge lies in its representativeness as a covered bridge. In Québec, between the early 19th century and the late 1950s, about 1,500 structures of this kind were built. A covered bridge is a wooden structure allowing people or vehicles to cross over an obstacle, fitted with a roof and whose trusses are the load-bearing elements of the whole structure. As crossing points, covered bridges gave access to colonization lands and notably allowed agricultural and forest products to be brought to market. They are therefore inseparable from the history of Québec. Built in 1931, the Routhierville bridge fostered the economic and demographic development of this hamlet by replacing the ferry used to cross the Matapédia River. The structure, which remains the only land link between the locality and the road network, thus recalls the history of the Matapédia Valley. It is also one of the last witnesses to this type of structure in the Bas-Saint-Laurent region.
The heritage value of the Routhierville bridge also lies in its architectural interest. The structure reflects the popularity of Québec Town-type bridges, also called “elaborated Town,” which use a variant of the truss patented in 1820 by the American architect Ithiel Town (1784-1844). Although Québec saw several types of covered bridges from the early 19th century onward, most of those built in the 20th century belong to this type. The Town truss consists of planks placed diagonally, forming a broad lattice between the upper and lower chords, and fastened to one another at each intersection with wooden pegs. In Québec, this structure, known for its strength, ease of construction and lightness, was used almost systematically by the engineers of the Ministère de la Colonisation. Modifications were made to it, however, from the early 20th century: the dimensions of the framing members were reduced, vertical posts were added to the structure to compensate for the loss of strength, and nails and bolts replaced the more complex wooden pegging. The Québec Town type resulting from these modifications was more economical, and its simplicity allowed the use of local labour. The Routhierville bridge, the longest surviving one in the Bas-Saint-Laurent region, is a fine example. It belongs to this type notably through the vertical posts reinforcing the trusses, the portals with obliquely angled lintels, the horizontal board cladding and the side openings in the middle of the siding and between the upper chords. It differs from the model, however, by its double upper and lower chords. The Routhierville bridge thus recalls the very wide diffusion of the Québec Town type during the first half of the 20th century.
The heritage value of the Routhierville bridge also lies in its importance in the landscape. Linking the unorganized territory of Routhierville to national Route 132, the structure, which is the most imposing construction in the sector, enjoys exceptional visibility. The natural setting, characterized by mountainous topography, wooded expanses and the presence of the river, as well as the built environment, which includes buildings of heritage interest, help to showcase the bridge.
Pont de Routhierville
Le pont de Routhierville, classé monument historique, est un ouvrage de génie civil érigé en 1931. Ce pont couvert en bois à deux travées mesure 78,53 mètres de long et 6,32 mètres de large. Sa structure de type Town québécois est composée de fermes à treillis ainsi que de poteaux verticaux placés entre les cordes doubles supérieures et inférieures. Elle est recouverte d’un lambris en planches horizontales et coiffée d’un toit à deux versants droits. Situé en milieu rural, le pont permet d’enjamber la rivière Matapédia, reliant le territoire non organisé de Routhierville à la route nationale 132, dans la municipalité régionale de comté de La Matapédia.
La valeur patrimoniale du pont de Routhierville repose sur sa représentativité comme pont couvert. Au Québec, entre le début du XIXe siècle et la fin des années 1950, environ 1 500 ouvrages de ce genre ont été bâtis. Un pont couvert est une construction en bois permettant la circulation des personnes ou des véhicules au-dessus d’un obstacle, dotée d’un toit et dont les fermes constituent les éléments porteurs de l’ensemble de la structure. Lieux de passage, les ponts couverts donnent accès aux terres de colonisation et permettent notamment la mise en marché des produits agricoles et forestiers. Ils sont donc indissociables de l’histoire du Québec. Érigé en 1931, celui de Routhierville a favorisé le développement économique et démographique de ce hameau en remplaçant le bateau-passeur utilisé pour franchir la rivière Matapédia. L’ouvrage, qui demeure le seul lien terrestre entre la localité et le réseau routier, rappelle donc l’histoire de la vallée de la Matapédia. Il constitue en outre l’un des derniers témoins de ce type de structure dans la région du Bas-Saint-Laurent.
La valeur patrimoniale du pont de Routhierville repose également sur son intérêt architectural. La structure reflète la popularité des ponts de type Town québécois, aussi appelé « Town élaboré », qui fait appel à une variante de la ferme brevetée en 1820 par l’architecte américain Ithiel Town (1784-1844). Bien que le Québec ait connu plusieurs types de ponts couverts à partir du début du XIXe siècle, la plupart de ceux érigés au XXe siècle appartiennent à ce dernier. La ferme Town est constituée de madriers placés en diagonale, formant un large treillis entre les cordes supérieures et inférieures, et attachés l’un à l’autre à chaque intersection par des chevilles de bois. Au Québec, cette structure, reconnue pour sa solidité, sa facilité de construction et sa légèreté, est utilisée de façon presque systématique par les ingénieurs du ministère de la Colonisation. Des modifications lui sont toutefois apportées dès le début du XXe siècle : les dimensions des pièces de la charpente sont réduites, des poteaux verticaux sont ajoutés à la structure afin de compenser la perte de résistance et des clous et boulons remplacent le chevillage de bois plus complexe. Le type Town québécois, résultant de ces modifications, est plus économique, et sa simplicité permet l’emploi d’une main-d’oeuvre locale. Le pont de Routhierville, le plus long subsistant dans la région du Bas-Saint-Laurent, en constitue un bel exemple. Il s’y rattache notamment par les poteaux verticaux solidifiant les fermes, les portiques à linteau à angles obliques, le parement en planches horizontales et les ouvertures latérales au milieu du lambris ainsi qu’entre les cordes supérieures. Il se distingue toutefois du modèle par ses cordes supérieures et inférieures doubles. Le pont de Routhierville rappelle donc la diffusion très large du type Town québécois durant la première moitié du XXe siècle.
La valeur patrimoniale du pont de Routhierville repose aussi sur son importance dans le paysage. Reliant le territoire non organisé de Routhierville à la route nationale 132, l’ouvrage, qui constitue la plus imposante construction du secteur, bénéficie d’une visibilité exceptionnelle. Le milieu naturel, caractérisé par une topographie montagneuse, des étendues boisées et la présence de la rivière, de même que l’environnement bâti comportant des édifices d’intérêt patrimonial contribuent à mettre en valeur le pont.