Rolland Manor
The Rolland manor, a classified historic monument, is an ensemble built around 1830, consisting of a former Palladian-style seigneurial residence and two similar stone outbuildings. The roughcast piece-on-piece residence has a large rectangular main dwelling framed by two symmetrically projecting wings. The two-and-a-half-storey central volume is covered with a hip roof, while the wings are only one storey high and crowned by a balustraded roof terrace. The manor is surrounded by groves of trees and occupies large landscaped grounds on the north bank of the rivière des Hurons, in the municipality of Saint-Mathias-sur-Richelieu.
The heritage value of the Rolland manor lies in its architectural interest. This Palladian-style residence was built in 1830. Palladianism, born in England in the early 18th century, is inspired by the Italian Renaissance and above all by the work of architect Andrea Palladio (1508-1580). It appeared in the St. Lawrence Valley as early as the late 18th century. Although it was expressed more in public architecture, its influence was also felt in residential architecture. The Rolland manor, which follows the villa model consisting of a central block framed by wings, illustrates it notably through the symmetry of the plan and of the front and rear façades, the hip roof of the main dwelling, the terrace roofs of the wings, certain round-arched windows and the regular and symmetrical distribution of the rooms around a central hall. Symmetry is also respected in the placement of the two similar stone pavilions, at an equal distance on either side of the residence. The Rolland manor is thought to be one of the few surviving examples of this model of large English house in Québec. Moreover, its dimensions make it one of the most imposing piece-on-piece buildings in Québec architecture.
The heritage value of the manor also lies in its ethnological interest. The house evokes the way of life of the 19th-century bourgeoisie, which regarded the private residence as the symbol of its social success and as a place for preserving its privacy, two elements expressed notably through the specialization of the rooms, their hierarchical distribution and their decor. Thus, the reception rooms, such as the parlour, the library and the dining room, are located on the ground floor and decorated with woodwork. The private rooms, such as the bedrooms, are located upstairs, while the kitchen is relegated to the basement, as shown by the large brick potager near the fireplace, the bread oven, the hearth and the brick fireplace. The potager is an uncommon masonry structure that has from two to four warming stoves. A warming stove consists of a hole cut in the work surface, on which the dishes to be heated are placed, and of a cavity in which embers are placed through an opening in the front of the potager. The two pavilions, one used as an icehouse and the other as a woodshed, also bear witness to domestic life in the 19th century.
The heritage value of the manor also lies in the quality of its setting. Bordered by the rivière des Hurons, it stands in a well-preserved natural environment and retains its picturesque character as a country retreat thanks to groves of trees of several species that form a screen. Hidden from the view of passers-by, it is accessible only by a small private road.
The heritage value of the manor further lies in its historical interest as a witness to the end of the seigneurial regime. Under the French Regime, the manor was a house generally larger than the others, serving as the seigneur’s residence and as the place where the cens et rentes were collected. With the Conquest (1760) and the abolition of the seigneurial regime (1854), the term manor came to designate a residence of elaborate style, most often located in the countryside. Both a seigneurial manor and a villa, the Rolland manor is a witness to this evolution. Built for Jean-Roch Rolland (1785-1862), seigneur of Monnoir and a man of law, this building broke with the tradition of long, low manors covered with a gable roof by drawing on a typically English style. The manor long served as a secondary residence for its owner, who lived in Montréal. The Rollands did not live there permanently until 1855.
Manoir Rolland
Le manoir Rolland, classé monument historique, est un ensemble construit vers 1830 et composé d’une ancienne résidence seigneuriale de style palladien ainsi que de deux dépendances en pierre similaires. La résidence en pièce sur pièce recouverte de crépi comporte un vaste corps de logis de plan rectangulaire encadré par deux ailes disposées en avancée de manière symétrique. Le volume central de deux étages et demi est couvert d’un toit à croupes, tandis que les ailes n’ont qu’un étage et sont couronnées par une terrasse à balustrade. Le manoir est entouré de bosquets d’arbres et occupe un grand terrain aménagé situé sur la rive nord de la rivière des Hurons, dans la municipalité de Saint-Mathias-sur-Richelieu.
La valeur patrimoniale du manoir Rolland repose sur son intérêt architectural. Cette résidence de style palladien a été construite en 1830. Le palladianisme, né en Angleterre au début du XVIIIe siècle, est inspiré de la Renaissance italienne et surtout de l’oeuvre de l’architecte Andrea Palladio (1508-1580). Il apparaît dans la vallée du Saint-Laurent dès la fin du XVIIIe siècle. Bien qu’il s’exprime davantage dans l’architecture publique, son influence se fait également sentir dans l’architecture résidentielle. Le manoir Rolland, qui reprend le modèle des villas composé d’un corps central encadré par des ailes, en est une illustration notamment par la symétrie du plan et des façades avant et arrière, le toit à croupes du corps de logis, les toits en terrasse des ailes, certaines fenêtres cintrées et la distribution régulière et symétrique des pièces autour d’un hall central. La symétrie est aussi respectée dans la disposition des deux pavillons en pierre similaires, à égale distance de part et d’autre de la résidence. Le manoir Rolland serait l’un des rares exemples de ce modèle de grandes maisons anglaises à subsister au Québec. Par ailleurs, ses dimensions en font l’un des bâtiments en pièce sur pièce les plus imposants de l’architecture québécoise.
La valeur patrimoniale du manoir repose aussi sur son intérêt ethnologique. La demeure évoque le mode d’habiter de la bourgeoisie du XIXe siècle, qui considère la résidence privée comme le symbole de sa réussite sociale et le lieu de préservation de son intimité, deux éléments qui s’expriment notamment par la spécialisation des pièces, leur distribution hiérarchisée et leur décor. Ainsi, les pièces où l’on reçoit, comme le salon, la bibliothèque et la salle à manger, sont situées au rez-de-chaussée et décorées de boiseries. Les pièces intimes, telles les chambres à coucher, sont situées à l’étage, alors que la cuisine est reléguée au sous-sol, comme en témoignent le gros potager de brique près de la cheminée, le four à pain, l’âtre et le foyer de brique. Le potager est une construction de maçonnerie peu répandue qui comporte de deux et quatre réchauds. Un réchaud se compose d’un trou percé dans la table de travail sur lequel les plats à chauffer sont déposés et d’une cavité où l’on place des braises grâce à une ouverture sur le devant du potager. Les deux pavillons, l’un servant de glacière et l’autre de remise à bois, témoignent également de la vie domestique au XIXe siècle.
La valeur patrimoniale du manoir repose également sur la qualité de son environnement. Bordé par la rivière des Hurons, il est implanté dans un milieu naturel bien préservé et conserve son caractère pittoresque de lieu de villégiature grâce à des bosquets d’arbres de plusieurs espèces qui forment un écran. Soustrait à la vue des passants, il n’est accessible que par un petit chemin privé.
La valeur patrimoniale du manoir repose en outre sur son intérêt historique en tant que témoin de la fin du régime seigneurial. Sous le Régime français, le manoir est une demeure généralement plus vaste que les autres, qui sert de résidence au seigneur et de lieu de perception des cens et rentes. Avec la Conquête (1760) et l’abolition du régime seigneurial (1854), le terme manoir en vient à désigner une résidence au style élaboré, le plus souvent établie à la campagne. À la fois manoir seigneurial et villa, le manoir Rolland est un témoin de cette évolution. Bâti pour Jean-Roch Rolland (1785-1862), seigneur de Monnoir et homme de loi, ce bâtiment brise la tradition des longs manoirs bas couverts d’un toit à deux versants en s’inspirant d’un style typiquement anglais. Le manoir a longtemps servi de résidence secondaire à son propriétaire qui habitait Montréal. Les Rolland n’y résideront en permanence qu’à partir de 1855.