Place des Ormes
The Place des Ormes, a constituted heritage site, is a religious complex of the Catholic tradition laid out in 1915 and 1916. It includes a church, a former presbytery and a public hall. The designation also includes the cemetery and the grounds. The wooden place of worship consists of a rectangular nave ending in a flat chevet. A rectangular sacristy, extended by a narrower choir with a flat chevet, is set against the chevet. The wooden priest’s house, square in plan and two storeys high, is topped by a hip roof. The wooden community hall, rectangular in plan and two storeys high, is also topped by a hip roof. The cemetery, located across the road, consists of gently sloping ground dotted with funerary monuments and trees. The buildings are set back from the public road. The site is laid out on a point along the Saguenay River, in the village core of the municipality of Saint-Charles-de-Bourget.
The heritage value of the Place des Ormes lies in its architectural interest. The three buildings that make up the site illustrate the persistence of forms derived from classical architecture in Catholic institutional complexes of the early 20th century. The Saint-Charles-Borromée church has a traditional volume consisting of a rectangular nave ending in a flat chevet. The façade of the place of worship has a projecting tower that evokes the bell towers very much in vogue at that time. The building also has wooden cladding and restrained ornamentation characteristic of churches erected in rural settings. In addition, the former presbytery and the public hall take up several elements of the bourgeois residential architecture of the period. The rectangular or square plan, the two-storey elevation, the hip roof, the central gable on the façade and the symmetrical arrangement of the openings are among their features. The priest’s house also has more elaborate ornamentation that emphasizes its prestigious function. The buildings of the Place des Ormes are representative of institutional complexes established in rural settings. They also show a concern for unity through the use of identical cladding.
The heritage value of the Place des Ormes also lies in its historical interest. The site bears witness to the relocation of the village core when dams were built on the Saguenay River. The first settlers arrived in the Saint-Charles-de-Bourget area around 1864 on the initiative of the parish priest Charles-Stanislas Richard (born in 1832). A mission was founded in 1868 under the patronage of Saint Charles Borromeo. The village gradually developed around the religious core located several hundred metres east of the Place des Ormes. In the 1910s, the Quebec Development Company announced its intention to build dams on the Saguenay River to generate electricity. The planned flooding of several riverside properties, including those of the village of Saint-Charles, forced the ecclesiastical authorities to move the church. In 1915, a new place of worship and a presbytery were erected west of the original location, on raised ground. The costs of this work were paid by the Quebec Development Company. After the construction of a dam at Chute-à-Caron around 1930, the lands of the old village were permanently submerged. The inhabitants then settled around the new institutional core. The Place des Ormes thus recalls the impact of hydroelectric development on the villages along the Saguenay.
Place des Ormes
La Place des Ormes, constituée site du patrimoine, est un ensemble religieux de tradition catholique aménagé en 1915 et 1916. Il comprend une église, un ancien presbytère et une salle publique. La désignation inclut également le cimetière et les terrains. Le lieu de culte en bois se compose d’une nef rectangulaire terminée par un chevet plat. Une sacristie de plan rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit à chevet plat est adossée au chevet. La maison curiale en bois, de plan carré à deux étages, est coiffée d’un toit à croupes. La salle communautaire en bois, de plan rectangulaire à deux étages, est également surmontée d’un toit à croupes. Le cimetière, situé de l’autre côté de la route, se compose d’un terrain au relief peu accusé ponctué de monuments funéraires et d’arbres. Les édifices sont construits en retrait de la voie publique. Le site est aménagé sur une pointe, le long de la rivière Saguenay, dans le noyau villageois de la municipalité de Saint-Charles-de-Bourget.
La valeur patrimoniale de la Place des Ormes repose sur son intérêt architectural. Les trois édifices qui composent le site illustrent la persistance des formes issues de l’architecture classique dans les ensembles institutionnels catholiques du début du XXe siècle. L’église de Saint-Charles-Borromée possède un volume traditionnel composé d’une nef rectangulaire terminée par un chevet plat. La façade du lieu de culte comporte une tour en saille qui évoque les tours-clochers très en vogue à cette époque. L’édifice présente également un parement en bois et une ornementation sobre caractéristiques des églises érigées en milieu rural. Par ailleurs, l’ancien presbytère et la salle publique reprennent plusieurs éléments de l’architecture résidentielle bourgeoise de l’époque. Le plan rectangulaire ou carré, l’élévation de deux étages, le toit à croupes, le pignon central en façade et la disposition symétrique des ouvertures en sont des particularités. La maison curiale possède en outre une ornementation plus élaborée qui souligne sa fonction prestigieuse. Les bâtiments de la Place des Ormes sont représentatifs des ensembles institutionnels implantés en milieu rural. Ils montrent également un souci d’unité par l’utilisation d’un parement identique.
La valeur patrimoniale de la Place des Ormes repose également sur son intérêt historique. Le site témoigne du déplacement du noyau villageois lors de la construction de barrages sur la rivière Saguenay. Les premiers colons arrivent dans le secteur de Saint-Charles-de-Bourget vers 1864 sous l’initiative du curé Charles-Stanislas Richard (né en 1832). Une mission est fondée en 1868 sous le vocable de Saint-Charles-Borromée. Le village se développe progressivement autour du noyau religieux situé à plusieurs centaines de mètres à l’est de la Place des Ormes. Dans les années 1910, la Quebec Development Company annonce son intention de bâtir des barrages sur la rivière Saguenay pour produire de l’électricité. L’inondation projetée de plusieurs propriétés riveraines, dont celles du village de Saint-Charles, force les autorités ecclésiastiques à déplacer l’église. En 1915, un nouveau lieu de culte et un presbytère sont érigés à l’ouest de l’emplacement initial, sur un terrain surélevé. Les coûts de ces travaux sont acquittés par la Quebec Development Company. Après la construction d’un barrage à la Chute-à-Caron vers 1930, les terres de l’ancien village sont définitivement submergées. Les habitants s’établissent alors autour du nouveau noyau institutionnel. La Place des Ormes rappelle ainsi l’impact du développement hydroélectrique sur les villages situés en bordure du Saguenay.