Paul-Émile-Borduas House
The Paul-Émile-Borduas house, a classified historic monument, is an International Style residence built in 1945. The designation includes the land. Cubic in form, the house has two storeys on a raised basement. The second storey has a smaller floor area than the first, and both volumes are topped with flat roofs. The elevations are pared down and rhythmed by the solids and voids of the walls and openings. The Paul-Émile-Borduas house is located near the Richelieu River, on a lot planted with many trees, in the municipality of Mont-Saint-Hilaire.
The heritage value of this house lies in its association with a well-known figure. This house was built for the painter Paul-Émile Borduas (1905-1960), who exerted a definite influence on the development of the arts and of thought in Québec and Canada. An apprentice of the painter and church decorator Ozias Leduc (1864-1955), Borduas enrolled at the École des beaux-arts de Montréal in 1923. He continued his studies in Paris from 1928 to 1930. A teacher at the École du meuble in Montréal, he became interested in abstract art from 1941 and became the leader of the Automatistes, a group of dissident artists active in Québec between 1941 and 1954. On August 9, 1948, Borduas and fifteen of his colleagues launched the manifesto “Refus global,” considered a document that foreshadowed the Quiet Revolution of the 1960s. Borduas was ostracized by part of the political and clerical elite. Dismissed from the École du meuble, he left Québec for the United States in 1953; he went into exile in Paris in 1956, where he died in 1960. The artist owned the Mont-Saint-Hilaire house from 1945 to 1952 and lived there with his family. It was there that he finished writing “Refus global.” This house thus bears witness to the development of one of the most significant manifestos in the history of Québec, in addition to having been the place of creation of a major artist at an important period of his life.
The heritage value of the house also lies in its architectural interest. The plans for this International Style residence were drawn by Borduas himself. His father, the carriage maker Magloire Borduas, undertook its construction in 1945. The International Style flourished from the 1920s and resulted from the meeting of the ideas of the Bauhaus school in Germany and those of the great architects of the first half of the 20th century. Breaking with tradition, it is characterized notably by the emphasis on volumes and materials (concrete, steel, glass) and by smooth, unornamented surfaces. The Paul-Émile-Borduas house illustrates it through its cubic form, its pared-down façades rhythmed by the solids and voids of the walls and openings, its flat roof and its absence of a cornice. Inside, where the emphasis is on common spaces, the ground floor is devoted to the day rooms and the second storey contains small bedrooms arranged around a mezzanine. Despite some alterations, the house is in a good state of preservation. It is a masterpiece of Paul-Émile Borduas: it is his only architectural work, and it stands at the forefront of modernism in Québec.
The heritage value of the house also lies in its integration into the landscape. The residence occupies a lot planted with many trees, along the Richelieu River. The landscaping helps preserve the natural banks of the watercourse. The multiple openings, many of them arranged in series, allow the occupants to enjoy the surrounding nature.
Maison Paul-Émile-Borduas
La maison Paul-Émile-Borduas, classée monument historique, est une résidence de style international construite en 1945. La désignation inclut le terrain. De forme cubique, la demeure compte deux étages sur un soubassement. Le second étage est d’une superficie moindre que le premier, et les deux volumes sont coiffés de toits plats. Les élévations sont dépouillées et rythmées par les pleins et les vides des murs et des ouvertures. La maison Paul-Émile-Borduas est située à proximité de la rivière Richelieu, sur un terrain planté de nombreux arbres, dans la municipalité de Mont-Saint-Hilaire.
La valeur patrimoniale de cette maison repose sur son association avec un personnage connu. Cette demeure a été construite pour le peintre Paul-Émile Borduas (1905-1960), qui a exercé une influence certaine sur le développement des arts et de la pensée au Québec et au Canada. Apprenti du peintre et décorateur d’église Ozias Leduc (1864-1955), Borduas s’inscrit à l’École des beaux-arts de Montréal en 1923. Il poursuit ses études à Paris de 1928 à 1930. Professeur à l’École du meuble de Montréal, il s’intéresse à partir de 1941 à l’art abstrait et devient le chef de file des Automatistes, groupe formé d’artistes dissidents actifs au Québec entre 1941 et 1954. Le 9 août 1948, Borduas et quinze de ses collègues lancent le manifeste « Refus global », considéré comme un document précurseur de la Révolution tranquille des années 1960. Borduas sera frappé d’ostracisme par une certaine élite politique et cléricale. Mis à pied de l’École du meuble, il quitte le Québec pour les États-Unis en 1953; il s’exile à Paris en 1956, où il décède en 1960. L’artiste a possédé la maison de Mont-Saint-Hilaire de 1945 à 1952 et l’a habitée avec sa famille. C’est là qu’il a terminé l’écriture du « Refus global ». Cette maison est ainsi le témoin de l’élaboration de l’un des manifestes les plus marquants de l’histoire du Québec, en plus d’avoir été le lieu de création d’un artiste majeur à une période importante de sa vie.
La valeur patrimoniale de la maison repose aussi sur son intérêt architectural. Les plans de cette résidence de style international ont été dessinés par Borduas lui-même. Son père, le voiturier Magloire Borduas, s’est chargé de la construire en 1945. Le style international s’est épanoui à partir des années 1920 et résulte du croisement entre les idées de l’école du Bauhaus en Allemagne et celles des grands architectes de la première moitié du XXe siècle. En rupture avec la tradition, il se caractérise notamment par la mise en valeur des volumes et des matériaux (béton, acier, verre) ainsi que par des surfaces lisses et sans ornementation. La maison Paul-Émile-Borduas en est une illustration par sa forme cubique, ses façades dépouillées rythmées par les pleins et les vides des murs et des ouvertures, son toit plat et son absence de corniche. À l’intérieur, où l’accent est mis sur les espaces communs, le rez-de-chaussée est consacré aux pièces de jour et le deuxième étage comprend de petites chambres distribuées autour d’une mezzanine. Malgré quelques altérations, la demeure est dans un bon état de conservation. Elle constitue une pièce maîtresse de Paul-Émile Borduas : il s’agit de sa seule oeuvre architecturale, et elle s’inscrit à l’avant-garde du modernisme au Québec.
La valeur patrimoniale de la maison repose également sur son intégration dans le paysage. La résidence occupe un terrain planté de nombreux arbres, en bordure de la rivière Richelieu. Les aménagements paysagers contribuent à préserver les rives naturelles du cours d’eau. Les ouvertures multiples, distribuées pour plusieurs en série, permettent aux occupants de profiter de la nature environnante.