Napoléon-Grondin Bridge
The Napoléon-Grondin bridge, a cited historic monument, is a “Town québécois” covered bridge built in 1933 and extensively rebuilt in 1993. This single-span bridge is 19.81 metres long. Its structure consists of trusses made of planks set diagonally, forming a wide lattice, and of vertical posts placed between the single upper and lower chords. It is clad with red-painted horizontal board siding and topped by a sheet-metal gable roof with straight slopes. The covered bridge spans the rivière Le Bras, in a rural area of the municipality of Saint-Éphrem-de-Beauce.
The heritage value of the Napoléon-Grondin bridge lies in its representativeness as a covered bridge. This type of wooden structure is fitted with a roof and serves to carry people or vehicles over an obstacle. The trusses are the load-bearing elements of the entire structure. In Québec, between the early 19th century and the 1950s, some 1,500 structures of this kind were built. As crossing points, covered bridges provided access to colonization lands and enabled the marketing of agricultural products. They are therefore inseparable from the history of Québec. The Napoléon-Grondin bridge is one of the last witnesses to the use of this type of structure in the Beauce region.
The heritage value of the Napoléon-Grondin bridge also lies in its architectural interest. It bears witness to the popularity of “Town québécois” trusses in the design of covered bridges. Several models of covered bridge have been built in Québec since the early 19th century. However, most of the structures dating from the 20th century belong to the “Town québécois” model, also called the “Town élaboré” (elaborated Town). It is a variant of the Town truss patented in 1820 by American architect Ithiel Town (1784-1844). The latter consists of planks set diagonally, forming a wide lattice between the upper and lower chords. The planks are fastened to one another at each intersection with wooden pegs. In Québec, this kind of structure, known for its strength, ease of construction and lightness, was used almost systematically by the engineers of the Ministère de la Colonisation. Modifications were nevertheless made to the model from the early 20th century. The dimensions of the timber framing members were reduced; vertical posts were added to the structure to offset the loss of strength. In addition, nails and bolts replaced the more complex wooden pegging. The construction of bridges on the “Town québécois” model resulted from these modifications. It is also characterized by its economy and simplicity, which allowed the use of local labour. The Napoléon-Grondin bridge is a good representative of these structures, notably through its single chords and the vertical posts reinforcing the trusses. The portals with obliquely angled lintels, the projecting eaves, the horizontal board siding and the side openings in the middle of the siding and beneath the upper chord are also common features of structures of this kind. It nevertheless differs from the standard model in the drip caps at the base of the portal jambs. The exterior siding of the Napoléon-Grondin bridge is painted red, like that of many other covered bridges in Québec, which earned them the nickname “ponts rouges” (red bridges). This bridge recalls the very wide diffusion of the “Town québécois” model during the first half of the 20th century.
Pont Napoléon-Grondin
Le pont Napoléon-Grondin, cité monument historique, est un pont couvert de type « Town québécois » construit en 1933 et largement reconstruit en 1993. Ce pont d’une seule travée mesure 19,81 mètres de long. Sa structure est composée de fermes constituées de madriers placés en diagonale, qui forment un large treillis, ainsi que de poteaux verticaux placés entre les cordes simples supérieures et inférieures. Elle est couverte d’un lambris de planches horizontales peint en rouge et est coiffée d’un toit à deux versants droits en tôle. Le pont couvert permet d’enjamber la rivière Le Bras, en milieu rural, dans la municipalité de Saint-Éphrem-de-Beauce.
La valeur patrimoniale du pont Napoléon-Grondin repose sur sa représentativité comme pont couvert. Ce type de structure en bois est muni d’un toit et sert à la circulation des personnes ou des véhicules au-dessus d’un obstacle à franchir. Les fermes constituent les éléments porteurs de l’ensemble de la structure. Au Québec, entre le début du XIXe siècle et la décennie de 1950, environ 1500 ouvrages de ce genre sont construits. Lieux de passage, les ponts couverts donnent accès aux terres de colonisation et permettent la mise en marché des produits agricoles. Ils sont donc indissociables de l’histoire du Québec. Le pont Napoléon-Grondin constitue l’un des derniers témoins de l’utilisation de ce type de structure dans la région de la Beauce.
La valeur patrimoniale du pont Napoléon-Grondin repose également sur son intérêt architectural. Il témoigne de la popularité des fermes de type « Town québécois » dans la conception des ponts couverts. Plusieurs modèles de ponts couverts sont construits au Québec depuis le début du XIXe siècle. Cependant, la plupart des structures datant du XXe siècle appartiennent au modèle « Town québécois », aussi appelé « Town élaboré ». Il s’agit d’une variante de la ferme Town brevetée en 1820 par l’architecte américain Ithiel Town (1784-1844). Cette dernière est constituée de madriers placés en diagonale, formant un large treillis entre les cordes supérieures et inférieures. Les madriers sont attachés l’un à l’autre à chaque intersection par des chevilles de bois. Au Québec, ce genre de structure, reconnu pour sa solidité, sa facilité de construction et sa légèreté, est utilisé de façon presque systématique par les ingénieurs du ministère de la Colonisation. Des modifications sont toutefois apportées au modèle dès le début du XXe siècle. Les dimensions des pièces de bois de la charpente sont réduites; des poteaux verticaux sont ajoutés à la structure afin de compenser la perte de résistance. De plus, les clous et boulons remplacent le chevillage de bois plus complexe. La construction des ponts selon le modèle « Town québécois » résulte de ces modifications. Elle est aussi caractérisée par son économie et sa simplicité permettant l’emploi d’une main-d’oeuvre locale. Le pont Napoléon-Grondin représente bien ces structures, notamment par ses cordes simples et les poteaux verticaux solidifiant les fermes. Les portiques à linteau à angles obliques, les larmiers en saillie, le parement de planches horizontales et les ouvertures latérales au milieu du lambris ainsi que sous la corde supérieure constituent également des caractéristiques répandues des ouvrages de ce genre. Il se distingue toutefois du modèle type par les jets d’eau au bas des jambages des portiques. Le lambris extérieur du pont Napoléon-Grondin est peint en rouge comme celui de nombreux autres ponts couverts du Québec, ce qui leur a valu le surnom de « ponts rouges ». Ce pont rappelle la diffusion très large du modèle « Town québécois » durant la première moitié du XXe siècle.