Napierville Courthouse
The Napierville courthouse, classified in 1961, is a Palladian-inspired institutional building erected in 1834. The two-storey stone building is topped by a hipped roof pierced by two stone chimney stacks placed symmetrically on either side of the ridge. The courthouse is set off by a large landscaped lot at the front. It is located in the municipality of Napierville.
The heritage value of the Napierville courthouse lies in its interest for the history of Lower Canadian judicial institutions at the turn of the 19th century. The Judicature Act of 1793 divided Lower Canada into judicial districts, created new courts of justice and gave rise to the system of superior and inferior courts, thus laying the foundations of the present judicial organization. The districts formed autonomous administrative divisions. They were subdivided into counties, whose county seat had to be provided with a courthouse, to house the county court, and a jail. The county court was an inferior court with jurisdiction mainly over small civil claims. Before 1857, these courts were most often housed in existing buildings, the construction of county courthouses being the responsibility of local authorities. The Napierville courthouse was built in 1834, after the subdivision of the county of Huntingdon (1829), to house the court of the county of L’Acadie, of which Napierville became the county seat. Only two county courthouses were built for this purpose in Lower Canada before 1857, those of Napierville and Saint-Hyacinthe.
The heritage value of the Napierville courthouse also lies in its rarity and age. It is the only surviving county courthouse from the first half of the 19th century and also the oldest county courthouse preserved in Québec.
The heritage value of the Napierville courthouse also lies in its architectural interest. Montréal architects Thompson and Parry drew up its plans. They drew inspiration from the Palladian style, which originated in Great Britain in the first half of the 18th century and was in vogue in Québec at the turn of the 19th century. The former courthouse is an eloquent example of the use of this style in the construction of public buildings, the government wishing to mark the British presence in the colony and project an image of permanence and power of its institutions. Modest in size, it recalls English middle-class homes through its simply planned dressed-stone façade, its low-pitched hipped roof, its chimney stacks placed symmetrically on either side of the ridge and its classical ornamentation, consisting essentially of a pedimented porch surmounted by a large central window.
The heritage value of the Napierville courthouse also lies in the interest of its interior layout. Indeed, the layout still reflects its original functions through its two storeys, the ground floor having housed the jail and the jailer’s lodging, and the upper floor the courthouse. The main entrance in the façade gave access to the court and the side entrance led to the jail. In the entrance hall, the main staircase leads to the former courtroom, which still retains some elements of its interior décor, notably its vaulted plaster ceiling and some woodwork.
Finally, the heritage value of the Napierville courthouse lies in the continuity of its institutional function. The building, long used as a town hall, now houses the offices of the MRC Les Jardins-de-Napierville. It has thus retained its public character since its construction in 1834.
Palais de justice de Napierville
Le palais de justice de Napierville, classé en 1961, est un édifice institutionnel d’inspiration palladienne érigé en 1834. Le bâtiment en pierre, à deux étages, est coiffé d’un toit en pavillon percé de deux souches de cheminée en pierre disposées symétriquement de part et d’autre du faîte. Le palais de justice est mis en valeur par un vaste terrain aménagé à l’avant. Il se situe dans la municipalité de Napierville.
La valeur patrimoniale du palais de justice de Napierville repose sur son intérêt pour l’histoire des institutions judiciaires bas-canadiennes au tournant du XIXe siècle. La loi de la judicature de 1793 divise le Bas-Canada en districts judiciaires, crée de nouvelles cours de justice et donne naissance au système des tribunaux supérieurs et inférieurs, jetant ainsi les bases de l’organisation judiciaire actuelle. Les districts forment des divisions administratives autonomes. Ils se subdivisent en comtés, dont le chef-lieu doit être pourvu d’un palais de justice, pour accueillir la cour de comté, et d’une prison. La cour de comté est un tribunal inférieur qui a essentiellement juridiction sur les petites causes civiles. Avant 1857, ces cours s’installent le plus souvent dans des bâtiments existants, la construction des palais de justice de comté étant à la charge des autorités locales. Le palais de justice de Napierville est construit en 1834, après la subdivision du comté de Huntingdon (1829), pour loger la cour du comté de L’Acadie, dont Napierville devient le chef-lieu. Seulement deux palais de justice de comté ont été érigés à cette fin au Bas-Canada avant 1857, ceux de Napierville et de Saint-Hyacinthe.
La valeur patrimoniale du palais de justice de Napierville repose aussi sur sa rareté et son ancienneté. C’est le seul palais de justice de comté de la première moitié du XIXe siècle qui subsiste également le plus ancien palais de justice de comté conservé au Québec.
La valeur patrimoniale du palais de justice de Napierville repose également sur son intérêt architectural. Les architectes montréalais Thompson et Parry en dessinent les plans. Ils s’inspirent du style palladien, né en Grande-Bretagne durant la première moitié du XVIIIe siècle et en vogue au Québec au tournant du XIXe siècle. L’ancien palais de justice constitue un exemple éloquent de l’utilisation de ce style dans la construction d’édifices publics, le gouvernement désirant marquer la présence britannique dans la colonie et projeter une image de permanence et de puissance des institutions. De dimensions modestes, il rappelle les demeures bourgeoises anglaises par sa façade en pierre de taille au plan simple, son toit en pavillon de faible pente, ses souches de cheminées disposées symétriquement de part et d’autre du faîte ainsi que son ornementation classique, constituée essentiellement d’un porche à fronton surmonté d’une grande fenêtre centrale.
La valeur patrimoniale du palais de justice de Napierville repose en outre sur l’intérêt de son aménagement. En effet, celui-ci témoigne encore de ses fonctions initiales par ses deux étages, le rez-de-chaussée ayant abrité la prison et le logement du geôlier, et l’étage supérieur, le palais de justice. L’entrée principale en façade donnait accès au tribunal et l’entrée latérale conduisait à la prison. Dans le hall d’entrée, l’escalier d’honneur mène à l’ancienne salle d’audience qui possède toujours certains éléments de son décor intérieur, notamment son plafond voûté en plâtre et certaines boiseries.
La valeur patrimoniale du palais de justice de Napierville repose enfin sur la continuité de sa fonction institutionnelle. L’édifice, qui a longtemps été utilisé comme hôtel de ville, abrite maintenant les bureaux de la MRC Les Jardins-de-Napierville. Il a donc conservé son caractère public depuis sa construction en 1834.