Moses-Brown Estate
The Moses-Brown estate, a recognized historic site, is a resort property developed from the end of the 19th century. The designation includes a house, its outbuildings and a large lot. The shingle-clad piece-on-piece residence, built in 1895 and 1896, has architecture influenced by the Shingle Style. With an irregular one-and-a-half-storey plan, it is topped by a roof with multiple slopes. Its main façade, which forms a large projection, is encircled by a veranda sheltered by the extension of the roof. A two-storey annex is attached to the side. The wooden outbuildings include a former boathouse, a former tool shed, a garage and a wharf. They are grouped together and set back from the residence. The Moses-Brown estate is located on île du Collège, on a rocky point extending into lac Témiscamingue, in the municipality of Duhamel-Ouest. Sites listed in the Inventaire des sites archéologiques du Québec are associated with the property.
The heritage value of the Moses-Brown estate lies in its ethnological interest. The property is representative of the resort phenomenon that emerged in the 19th century. At that time, many city dwellers wishing to escape urban life, live in a peaceful environment and enjoy outdoor pursuits such as fishing sought out the countryside and natural sites to establish their second homes. In 1895 and 1896, Moses Brown, a wealthy Philadelphia merchant, had a villa built on a large property at the western tip of île du Collège, in lac Témiscamingue. The residence was complemented by wooden outbuildings such as an icehouse, a workshop, a boathouse, a tool shed, a garage and a wharf. The icehouse and the workshop have since disappeared. The Moses-Brown estate illustrates one aspect of this resort phenomenon, namely private estates, which were the preserve of the wealthy.
The heritage value of the Moses-Brown estate also lies in the architectural interest of the residence. The villa incorporates elements of the Shingle Style, a style that appeared in the United States, in the Boston area, in the early 1880s. It is in a sense an American interpretation of Queen Anne Revival architecture, in which volumes are simplified and horizontality is emphasized. The preferred cladding is natural wood shingles. The Shingle Style was popularized in residential construction by, among others, Henry Hobson Richardson (1838-1886), who designed several country houses and suburban dwellings in this aesthetic. The residence of the Moses-Brown estate, built to plans by Ottawa architect Fred J. Alexander, is linked to this style by its exposed structure of squared cedar logs combined with cedar-shingle cladding. It also has a complex roof with multiple slopes, overhanging eaves sheltering a long veranda, gablets and gable dormers. The interior decoration is characterized by the widespread use of wood, notably for the walls, chair rails and casings as well as for the mouldings and coffers of the ceilings. Through its integration into its natural wooded setting, made up mainly of conifers and deciduous trees, the residence eloquently expresses its resort function.
Domaine Moses-Brown
Le domaine Moses-Brown, reconnu site historique, est un ensemble de villégiature aménagé à partir de la fin du XIXe siècle. La désignation comprend une maison, ses dépendances ainsi qu’un vaste terrain. La demeure en pièce sur pièce recouverte de bardeaux, érigée en 1895 et 1896, possède une architecture d’influence Shingle Style. De plan irrégulier à un étage et demi, elle est coiffée d’un toit aux pentes multiples. Sa façade principale, formant une importante avancée, est ceinturée par une galerie protégée par le prolongement de la toiture. Une annexe de deux étages est adjointe sur le côté. Les dépendances en bois comprennent une ancienne remise à bateaux, une ancienne remise à outils, un garage et un quai. Elles sont regroupées et situées en retrait de la demeure. Le domaine Moses-Brown est implanté sur l’île du Collège, sur une pointe rocheuse s’avançant dans le lac Témiscamingue, dans la municipalité de Duhamel-Ouest. Des sites inscrits à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.
La valeur patrimoniale du domaine Moses-Brown repose sur son intérêt ethnologique. Ce lieu est représentatif du phénomène de villégiature qui se révèle au XIXe siècle. À cette époque, plusieurs citadins, désireux de s’évader de la vie urbaine, de vivre dans un environnement paisible et de s’adonner à des loisirs de plein air tels que la pêche, recherchent la campagne et les sites naturels pour y établir leurs résidences secondaires. En 1895 et 1896, Moses Brown, un riche commerçant de Philadelphie, fait ériger une villa sur une vaste propriété située à la pointe ouest de l’île du Collège, dans le lac Témiscamingue. À la demeure s’ajoutent des dépendances en bois telles qu’une glacière, un atelier, une remise à bateaux, une remise à outils, un garage et quai. La glacière et l’atelier ont aujourd’hui disparu. Le domaine Moses-Brown illustre un aspect de ce phénomène de villégiature, soit celui des domaines privés qui étaient l’apanage des gens fortunés.
La valeur patrimoniale du domaine Moses-Brown repose aussi sur l’intérêt architectural de la résidence. La villa intègre des éléments du Shingle Style, un style apparu aux États-Unis, dans la région de Boston, au début des années 1880. Il s’agit en quelque sorte d’une interprétation américaine de l’architecture néo-Queen Anne, où les volumes sont simplifiés et accusent l’horizontalité. Le revêtement privilégié est le bardeau de bois naturel. Le Shingle Style est popularisé dans la construction résidentielle entre autres par Henry Hobson Richardson (1838-1886), qui conçoit plusieurs maisons de campagne et des habitations suburbaines dans cette esthétique. La résidence du domaine Moses-Brown, érigée d’après les plans de l’architecte d’Ottawa Fred J. Alexander, se rattache à ce style par sa structure apparente en billes de cèdre équarries jumelée à un parement en bardeaux de cèdre. De plus, elle présente un toit complexe aux pentes multiples, un avant-toit débordant protégeant une longue galerie, des gâbles ainsi que des lucarnes à pignon. Le décor intérieur est caractérisé par l’utilisation généralisée du bois, notamment pour les murs, les cimaises, les chambranles ainsi que pour les moulures et les caissons des plafonds. Par son intégration à son environnement naturel boisé principalement composé de conifères et de feuillus, cette résidence exprime de façon éloquente sa fonction de villégiature.