Métabetchouane Archaeological Site
The Métabetchouane archaeological site, classified in 1988, is the location of a prehistoric Amerindian settlement and of a trading post that operated under the French and British Regimes. The site consists of a vast, open, flat piece of land with an area of approximately 2,000 square metres. It contains the remains of a stone chimney and the charred traces of a wall of wood and wattle and daub. The archaeological site is located on the west bank of the Métabetchouane River, on a point of land jutting into Lac Saint-Jean, and is part of the municipality of Chambord.
The heritage value of the Métabetchouane archaeological site lies in its anthropological interest. The site is an important place of passage, meeting and settlement for Amerindians and Euro-Québécois. Occupied since 2,000 years before present (BP), the place served mainly as a seasonal camp for the region’s nomadic Amerindian groups. Many objects and remains uncovered during archaeological excavations are associated with these domestic occupations and make it possible to document the ways of life of each period. One particularly interesting occupation corresponds to the roughly 250 years spanning the end of prehistory and the beginning of the contact period, a pivotal time when traditional ways of life confronted outside European influences. While the writings of the first explorers suggest that the site was once the scene of gatherings among Indigenous groups engaged in trade, the small proportion of exotic objects accumulated on the site over these two millennia suggests instead that these interactions took place more on a regional scale.
The heritage value of the site lies in its historical importance as an establishment used for the fur trade. The fur trade was a fundamental economic activity in New France that continued after the Conquest (1760). Established by Governor Jean de Lauson (circa 1584-1666) in 1652, the Traite de Tadoussac, also called the Ferme du roi (King’s Farm), can be defined as the exclusive privilege of hunting, fishing and trading over a given territory. These lands were part of the Domaine du roi (King’s Domain), meaning that they were not granted for settlement and that the profits from their exploitation went, in principle, to the king. The Traite de Tadoussac concession was awarded at auction to an individual or a company, which held it for a given period. The trading posts, which occupied strategic locations along major watercourses, were used for bartering furs with the Amerindians and for storing, sorting and packing pelts before they were shipped to the administrative centres of the trade or to Europe. Founded in 1676, this secondary post occupies a strategic location at the mouth of the Métabetchouane River, one of the pivots of the region’s communication network. The establishment depended on the Chicoutimi post, which had become the central post of the Domaine du roi. Set up by the French to prevent the Amerindians of Lac Saint-Jean from selling their pelts to British competitors, the Métabetchouane post nevertheless proved unprofitable and was abandoned at the end of the 17th century. The economic interest of the site revived after the Conquest (1760) with the reopening of the trading post, whose activities continued until 1880, the year it was finally abandoned. During the French period, the site was also the location of a Jesuit mission for the evangelization of the Amerindians. The missionary presence in the region began in 1647, when Jean De Quen (1603-1659) travelled to the mouth of the Métabetchouane River to assist sick Amerindians. He was thus the first European to visit the region. The religious and commercial functions evoke important aspects of the customs and economy of the time and recount the contacts between the Amerindian and Euro-Québécois communities.
Site archéologique de la Métabetchouane
Le site archéologique de la Métabetchouane, classé en 1988, est l’emplacement d’un établissement préhistorique amérindien et d’un poste de traite en fonction durant les Régimes français et anglais. Le site se compose d’un vaste terrain dégagé et au relief plat d’une superficie d’environ 2 000 mètres carrés. Il présente les vestiges d’une cheminée en pierre et les traces carbonisées d’un mur en bois et torchis. Le site archéologique se situe sur la rive ouest de la rivière Métabetchouane, sur une pointe de terre s’avançant dans le lac Saint-Jean, et fait partie de la municipalité de Chambord.
La valeur patrimoniale du site archéologique de la Métabetchouane repose sur son intérêt anthropologique. Le site est un important lieu de passage, de rencontres et d’établissements amérindiens et euroquébécois. Occupé depuis 2000 ans avant aujourd’hui (AA), ce lieu sert principalement de campement saisonnier pour les groupes amérindiens nomades de la région. De nombreux objets et vestiges découverts lors des fouilles archéologiques sont associés à ces occupations domestiques et permettent d’en documenter les modes de vie selon les époques. Une des occupations particulièrement intéressante correspond aux quelque 250 ans englobant la fin de la préhistoire et le début de la période de contact, époque charnière où les modes de vie traditionnels sont confrontés aux apports extérieurs européens. Alors que les écrits des premiers explorateurs laissent penser que le site a jadis été le théâtre de rassemblements entre groupes autochtones pratiquant le commerce, la faible proportion d’objets exotiques accumulés durant ces deux millénaires sur le site laisse plutôt penser que ces interactions se sont plus effectuées à une échelle régionale.
La valeur patrimoniale du site repose sur son importance historique comme établissement servant au commerce des fourrures. La traite constitue une activité économique fondamentale en Nouvelle-France qui se poursuit après la Conquête (1760). Établie par le gouverneur Jean de Lauson (vers 1584-1666) en 1652, la Traite de Tadoussac, également nommée Ferme du roi, peut être définie comme le privilège exclusif de chasse, de pêche et de commerce sur un certain territoire. Ces terres faisaient partie du Domaine du roi, c’est-à-dire qu’elles n’étaient pas concédées pour la colonisation et que les profits tirés de leur exploitation revenaient en principe au roi. La concession de la Traite de Tadoussac était adjugée aux enchères à un particulier ou à une compagnie qui en avait la jouissance pour un temps donné. Les comptoirs, qui occupent des endroits stratégiques en bordure d’un cours d’eau important, servent au troc des fourrures avec les Amérindiens ainsi qu’à l’entreposage, au triage et à l’emballage des pelleteries avant qu’elles soient acheminées vers les centres administratifs de la traite ou vers l’Europe. Fondé en 1676, ce poste secondaire se situe à un emplacement stratégique, à l’embouchure de la rivière Métabetchouane, l’un des pivots du réseau de communication de la région. Cet établissement dépend du poste de Chicoutimi qui est devenu le poste central du Domaine du roi. Mis en place par les Français pour éviter que les Amérindiens du lac Saint-Jean n’aillent vendre leurs pelleteries aux concurrents britanniques, le poste de la Métabetchouane s’avère toutefois peu rentable et est abandonné à la fin du XVIIe siècle. L’intérêt économique du site renaît au lendemain de la Conquête (1760) à la suite de la réouverture du poste de traite, dont les activités se poursuivent jusqu’en 1880, année de son abandon définitif. Le site est aussi à l’époque française le lieu d’une mission jésuite pour l’évangélisation des Amérindiens. La présence missionnaire dans la région débute en 1647, alors que Jean De Quen (1603-1659) se rend à l’embouchure de la rivière Métabetchouane assister des Amérindiens malades. Il est alors le premier Européen à visiter la région. Les fonctions religieuse et commerciale évoquent des éléments importants des moeurs et de l’économie de l’époque et relatent les contacts entre les communautés amérindiennes et euroquébécoises.