McGinnis House
The McGinnis house, recognized as a historic monument, is a bourgeois residence built between 1832 and 1841 and modified in 1876 in the spirit of the Second Empire. Rectangular in plan, the stone dwelling comprises a ground floor and an upper storey set within a two-sided mansard roof. Two annexes are set at right angles against the west façade, one covered with a gable roof and the other with a flat roof. The McGinnis house is set slightly back from the street, in the heart of a commercial area in the Saint-Jean sector of the city of Saint-Jean-sur-Richelieu.
The heritage value of the house lies in its successive association with two personalities, Richard Brodhead McGinnis and Duncan MacDonald. This residence was built between 1832 and 1841 by Richard Brodhead McGinnis, who left his mark on the history of the barony of Longueuil as seigneurial agent of Baron Charles William Grant (1782-1848), whose grants in the southern part of the territory he administered. It was later acquired by Duncan MacDonald, who transformed it in 1876 to give it its present appearance. Mayor of Saint-Jean from 1886 to 1889, MacDonald went into partnership with his brother Edward in many local enterprises, including a private bank and the St. John’s Stone Chinaware Co., a major ceramics factory in the late 19th century. The residence thus belonged to leading notables of the locality.
The heritage value of the McGinnis house also lies in its architectural interest. This well-appointed house is one of the few stone houses located in the urban sector of Saint-Jean-sur-Richelieu. Like many bourgeois residences, it was modified in 1876 to adapt it to the Second Empire style, whose influence marked the second half of the 19th century. Thus, a mansard roof replaced the gable roof, and a central French door surmounted by a segmental pediment and opening onto a balcony was added. It was also given two spacious bay windows framing a central porch with several columns. Its interior decoration is enhanced by a main staircase of carved wood, marble and wrought-iron fireplaces, ceiling medallions and mouldings with plant motifs. Imported from France and spread in North America after 1850, the Second Empire style established itself as the reference for good taste among the bourgeoisie.
The heritage value of the McGinnis house also lies in its ethnological interest. Its plan evokes the way of life of 19th-century bourgeois society, which regarded the private residence both as a symbol of its social success and as a place for preserving its privacy, two elements expressed notably through the specialization of the rooms, their hierarchical distribution and their decor. Thus, the ground floor of the main dwelling groups together the public rooms, which illustrate through their richness the social status of the owners. They are located on either side of a central hall, a place of transition occupied by a majestic staircase leading to the upper floor, where the bedrooms are located. At the rear, the north annex, already built in 1841, houses a service staircase, the kitchen and the servants’ quarters. Its lean-to is used to store fuel and also contains bedrooms. To respect propriety, this area is separated from the main dwelling by a room and a corridor. Having escaped the 1876 modifications, the interior layout of the McGinnis house still bears witness to the social status of its first owners.
Maison McGinnis
La maison McGinnis, reconnue monument historique, est une résidence bourgeoise construite entre 1832 et 1841 et modifiée en 1876 dans l’esprit Second Empire. De plan rectangulaire, l’habitation de pierre comprend un rez-de-chaussée et un étage supérieur logé dans un toit à la Mansart à deux eaux. Deux annexes sont disposées en retour d’équerre contre la façade ouest, l’une couverte d’un toit à deux versants droits et l’autre d’un toit plat. La maison McGinnis est située légèrement en retrait de la voie publique, au coeur d’une zone commerciale du secteur Saint-Jean de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu.
La valeur patrimoniale de la maison repose sur son association successive avec deux personnalités, Richard Brodhead McGinnis et Duncan MacDonald. Cette résidence est construite entre 1832 et 1841 par Richard Brodhead McGinnis, qui a marqué l’histoire de la baronnie de Longueuil en tant qu’agent seigneurial du baron Charles William Grant (1782-1848), dont il a administré les concessions situées au sud du territoire. Elle est ensuite acquise par Duncan MacDonald, qui la transforme en 1876 pour lui donner son apparence actuelle. Maire de Saint-Jean de 1886 à 1889, ce dernier s’est associé avec son frère Edward dans de nombreuses entreprises locales, dont une banque privée et la St. John’s Stone Chinaware Co., une importante manufacture de céramique à la fin du XIXe siècle. La résidence a donc appartenu à de grands notables de la localité.
La valeur patrimoniale de la maison McGinnis réside aussi dans son intérêt architectural. Cette demeure cossue est l’une des rares maisons de pierre situées dans le secteur urbain de Saint-Jean-sur-Richelieu. À l’instar de nombreuses résidences bourgeoises, elle est modifiée en 1876 pour s’adapter au style Second Empire, dont l’influence marque la seconde moitié du XIXe siècle. Ainsi, un toit à la Mansart vient remplacer le toit à deux versants et une porte-fenêtre centrale surmontée d’un fronton cintré donnant sur un balcon est ajoutée. Elle est, de plus, dotée de deux spacieuses baies en saillie qui encadrent un porche central à plusieurs colonnes. Sa décoration intérieure s’agrémente d’un escalier principal en bois sculpté, de foyers en marbre et en fer ouvragé, de rosaces et de moulures aux motifs végétaux. Importé de France et diffusé en Amérique du Nord après 1850, le style Second Empire s’affirme comme référence en matière de bon goût au sein de la bourgeoisie.
La valeur patrimoniale de la maison McGinnis réside également dans son intérêt ethnologique. Son plan évoque le mode d’habiter de la société bourgeoise du XIXe siècle, qui considère la résidence privée à la fois comme le symbole de sa réussite sociale et le lieu de préservation de son intimité, deux éléments qui s’expriment notamment par la spécialisation des pièces, leur distribution hiérarchisée et leur décor. Ainsi, le rez-de-chaussée du corps de logis regroupe les pièces publiques qui illustrent par leur richesse le statut social des propriétaires. Elles sont situées de part et d’autre d’un hall central, lieu de transition occupé par un majestueux escalier menant à l’étage, où sont situées les chambres. À l’arrière, l’annexe nord, déjà construite en 1841, loge un escalier de service, la cuisine ainsi que les appartements des domestiques. Son appentis sert à entreposer le combustible et comprend aussi des chambres. Pour respecter les convenances, cette zone est séparée du corps de logis par une pièce et un couloir. Ayant échappé aux modifications de 1876, l’aménagement intérieur de la maison McGinnis témoigne toujours du statut social de ses premiers propriétaires.