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English

Mackenzie-Brydges House

The Mackenzie-Brydges house, a classified historic monument, is a cut-stone bourgeois residence consisting of two parts: the first (to the east), Neoclassical in spirit, erected between 1835 and 1846, and the second (to the west), Victorian in spirit, built in 1867. The first part, of three storeys, is capped with a false mansard, while the second, of two storeys, is covered with a truncated hip roof. The house is located on rue Sherbrooke, in the borough of Plateau-Mont-Royal in the city of Montréal.

The heritage value of the Mackenzie-Brydges house lies in its urban planning interest. Part of a prestigious architectural ensemble on rue Sherbrooke, this house bears witness to the evolution of bourgeois residential architecture in Montréal. During the first half of the 19th century, increased port activity and the cholera (1832 and 1854) and typhus (1847) epidemics led the bourgeoisie to leave the city and settle on large estates on the outskirts. Rue Sherbrooke then became one of the favoured locations for Montréal businessmen and their families. At the time of its construction, the MacKenzie-Brydges house was a wealthy single-family dwelling that bears witness to this phenomenon. Like several residences built in the same period, it would later be enlarged and altered to house families of the lower and middle bourgeoisie who settled in the neighbourhood.

The heritage value of the house also lies in its architectural interest. The house consists of two distinct parts and a few annexes, all built at different times. The first part (to the east) was erected around 1840. It bears witness to Neoclassical sobriety and elegance through the symmetrical composition of its cut-stone façades, its corner pilasters, its stone band and its false mansard pierced by pedimented dormers. The second part (to the west) was erected in 1867 by architects George Browne (1811-1885) of Québec and his son John James Browne (1837-1893) of Montréal. Through its exuberance and ornamental profusion, it reflects Victorian eclecticism. The delicately crafted wooden porch is its most significant element. Each part thus illustrates the architectural trends that prevailed at the time of its construction.

The heritage value of the house also lies in its association with notable figures in Québec history. The house was indeed built around 1840 for John Gordon MacKenzie, a wealthy Montréal importer. In 1865, it became the property of Charles John Brydges (1827-1889), general manager of the Grand Trunk Railway, civil servant and land commissioner of the Hudson’s Bay Company. For a short time, Louis-Adélard Senécal (1829-1887), merchant, shipowner, entrepreneur and politician, owned it. Finally, Victor Beaudry (1829-1888) and his estate occupied it from 1884 to 1949. Beaudry, a supplier of provisions and horses to the American army, ran successful mining businesses and grew rich through real-estate transactions in Los Angeles. The house thus reflects the prosperity of its illustrious owners, who belonged to the Montréal elite.

The heritage value of the house further lies in its interest for the social and artistic history of Québec. Next door to the École des beaux-arts de Montréal, the residence had its moment of glory when the manifesto “Refus global,” published in 1948, was prepared, printed and assembled (cover, texts and illustrations) there. At that time, the family of two signatories of this document, the poet Claude Gauvreau (1925-1971) and his brother the painter Pierre Gauvreau (born in 1922), rented the west part of the house. The “Refus global” challenged the traditional values of French Canadians, including the Catholic faith and attachment to ancestral values. It also called for a rejection of insularity and advocated greater openness to the world. Exhibitions by some of the artists of the Automatistes group, who produced the “Refus global,” such as Paul-Émile Borduas (1905-1960), Jean-Paul Riopelle (1923-2002) and Marcelle Ferron (1924-2001), were held there.

Français

Maison Mackenzie-Brydges

La maison Mackenzie-Brydges, classée monument historique, est une demeure bourgeoise en pierre de taille constituée de deux parties : la première (à l’est) d’esprit néoclassique érigée entre les années 1835 et 1846 et la seconde (à l’ouest) d’esprit victorien construite en 1867. La première partie, de trois étages, est coiffée d’une fausse mansarde, tandis que la seconde, de deux étages, est couverte d’un toit à croupes tronqué. La maison est située rue Sherbrooke, dans l’arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal.

La valeur patrimoniale de la maison Mackenzie-Brydges repose sur son intérêt urbanistique. Intégrée à un ensemble architectural de prestige de la rue Sherbrooke, cette maison témoigne de l’évolution de l’architecture résidentielle bourgeoise à Montréal. Durant la première moitié du XIXe siècle, l’accroissement des activités portuaires ainsi que les épidémies de choléra (1832 et 1854) et de typhus (1847) amènent la bourgeoisie à quitter la ville et à s’installer sur de vastes domaines en périphérie. La rue Sherbrooke devient alors l’un des lieux privilégiés par les hommes d’affaires de Montréal et leur famille. Au moment de sa construction, la maison MacKenzie-Brydges est une riche habitation unifamiliale qui témoigne de ce phénomène. Comme plusieurs résidences construites à la même période, elle sera plus tard agrandie et modifiée de manière à loger des familles issues de la petite et moyenne bourgeoisie qui s’installeront dans le quartier.

La valeur patrimoniale de la maison repose aussi sur son intérêt architectural. Cette maison est constituée de deux parties distinctes et de quelques annexes, toutes construites à des moments différents. La première partie (à l’est) est édifiée autour de 1840. Elle témoigne de la sobriété et de l’élégance néoclassique par la composition symétrique des façades en pierre de taille, les pilastres d’angle, le bandeau de pierre et la fausse mansarde percée de lucarnes à fronton. La seconde partie (à l’ouest) est érigée en 1867 par les architectes George Browne (1811-1885) de Québec et son fils John James Browne (1837-1893) de Montréal. Par son exubérance et sa surcharge ornementale, elle reflète l’éclectisme victorien. Le porche en bois délicatement ouvragé en est l’élément le plus significatif. Chacune des parties illustre donc les tendances architecturales qui prévalaient au moment de leur construction.

La valeur patrimoniale de la maison repose également sur son association avec des personnages notoires de l’histoire du Québec. La maison est, en effet, construite vers 1840 pour John Gordon MacKenzie, un riche importateur montréalais. En 1865, elle devient la propriété de Charles John Brydges (1827-1889), directeur général de la compagnie de chemin de fer du Grand Tronc, fonctionnaire et commissaire des terres de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Pour une courte durée, Louis-Adélard Senécal (1829-1887), commerçant, armateur, entrepreneur et homme politique en est propriétaire. Enfin, Victor Beaudry (1829-1888) et sa succession l’occupent de 1884 à 1949. Beaudry, qui est fournisseur de vivres et de chevaux pour l’armée américaine, exploite des entreprises minières fructueuses et s’enrichit grâce à des transactions immobilières à Los Angeles. La maison reflète donc la prospérité de ses illustres propriétaires qui appartenaient à l’élite montréalaise.

La valeur patrimoniale de la maison repose en outre sur son intérêt pour l’histoire sociale et artistique du Québec. Voisine de l’École des beaux-arts de Montréal, la demeure connaît son heure de gloire lorsque le manifeste « Refus global », publié en 1948, y est préparé, imprimé et assemblé (couverture, textes et illustrations). À ce moment, la famille de deux signataires de ce document, le poète Claude Gauvreau (1925-1971) et son frère le peintre Pierre Gauvreau (né en 1922), louait la partie ouest de la maison. Le « Refus global » remet en question les valeurs traditionnelles des Canadiens français, entre autres la foi catholique et l’attachement aux valeurs ancestrales. Il propose aussi de refuser le repli sur soi et suggère une plus grande ouverture sur le monde. Des expositions de quelques artistes membres du groupe des Automatistes, qui ont produit le « Refus global », comme Paul-Émile Borduas (1905-1960), Jean-Paul Riopelle (1923-2002) et Marcelle Ferron (1924-2001), ont eu lieu à cet endroit.

Location: 81 Rue Sherbrooke Ouest, Montréal
Emplacement : 81, Rue Sherbrooke Ouest, Montréal
Coordinates · Coordonnées: 45.511640, -73.569970
Marker type: Classified Historic Monument
Type de repère : Monument historique classé
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
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