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Louis-Joseph-Forget House

The Louis-Joseph-Forget House, a recognized historic monument, is an upper-class residence of Second Empire inspiration built between 1882 and 1884. The monumental three-storey dressed-stone building has a rectangular plan and is capped by a false mansard roof pierced by three dormers. A projecting window on the west side adorns its façade. The residence is set back slightly from the roadway, along rue Sherbrooke, in the Ville-Marie borough of the city of Montréal. It neighbours the Mount-Royal Club, a classified historic monument, and the James-Reid-Wilson House, a recognized historic monument.

The heritage value of the Louis-Joseph-Forget House lies in its representativeness of late 19th-century upper-class urban architecture. The luxurious residences in this category, usually designed by architects, come in a variety of styles and feature elaborate ornamentation reflecting the social status of their owners. The Louis-Joseph-Forget House, built between 1882 and 1884 and located in the Golden Square Mile, is attributed to the architect Maurice Perrault (1857-1909). It is associated with the Second Empire style because of its false mansard roof. Some of its attributes, however, make it a rather eclectic building, such as the projecting window and the sash windows commonly used in Victorian architecture. The grouping of the windows in pairs, for its part, is characteristic of the Renaissance. The ornamentation and the quality of the materials used, such as dressed stone, are an expression of the Forgets’ prestige. The interior, just as rich as the exterior, was renovated in 1902 by the renowned architects Edward Maxwell (1867-1923) and William Sutherland Maxwell (1874-1952). The woodwork they designed is still preserved there, such as carved oak door surrounds and wood panelling. The house included a chapel housed in an apsidal room, a distinctive form that is uncommon in urban residences. The Louis-Joseph-Forget House forms a prestigious ensemble with the neighbouring buildings, the Mount-Royal Club, a classified historic monument, and the James-Reid-Wilson House, a recognized historic monument.

The heritage value of the house also lies in its association with Louis-Joseph Forget (1853-1911), a prominent figure in Québec history. A broker, politician and businessman, he was undoubtedly the most prosperous francophone in Canada at the turn of the 20th century. Equally at ease in English and in French, he was able to gain acceptance in both communities and turn this to advantage in his business ventures. The first French Canadian to join the Montreal Stock Exchange, he founded L. J. Forget et Cie in 1876, which quickly became a major brokerage house. During his career, Forget sat on many boards of directors, notably that of the Canadian Pacific Railway company, where he was the first French Canadian. In 1896, he was appointed a senator. At the dawn of the 20th century, he became involved in the hydroelectric industry and became one of the principal directors of the Montreal Light, Heat and Power Company. To build his house, Forget chose the Golden Square Mile, the wealthiest sector of Montréal and the district of the English-speaking elite, rather than the one then favoured by the French-speaking bourgeoisie near rue Saint-Denis.

The heritage value of the house also lies in its ethnological interest. In Forget’s time, the ground floor contained the reception rooms, such as the parlour, the library and the dining room, and constituted the principal floor. Accessible to visitors, these rooms were the finest and richest in the residence and bore witness to the wealth and success of the first owner. The basement housed service functions, such as the kitchen and the servants’ quarters, separated from the rest of the dwelling as propriety required. These functions are expressed on the exterior by the bush-hammered stone that forms the masonry of the basement and distinguishes it from the other storeys. Through its architecture, the Louis-Joseph-Forget House evokes the bourgeois way of life at the turn of the 20th century, when the residence was considered both a symbol of social success and a place for preserving privacy.

Français

Maison Louis-Joseph-Forget

La maison Louis-Joseph-Forget, reconnue monument historique, est une résidence bourgeoise d’inspiration Second Empire construite entre 1882 et 1884. Le bâtiment monumental en pierre de taille de trois étages présente un plan rectangulaire et est coiffé d’un toit en fausse mansarde percé de trois lucarnes. Une fenêtre en saillie, du côté ouest, orne sa façade. La demeure est située un peu en retrait de la chaussée, le long de la rue Sherbrooke, dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal. Elle voisine le Mount-Royal Club, classé monument historique, et la maison James-Reid-Wilson, reconnue monument historique.

La valeur patrimoniale de la maison Louis-Joseph-Forget repose sur sa représentativité par rapport à l’architecture bourgeoise urbaine de la fin du XIXe siècle. Les luxueuses résidences appartenant à cette catégorie, habituellement conçues par des architectes, se présentent dans des styles variés et possèdent une ornementation élaborée qui reflète le statut social des propriétaires. La maison Louis-Joseph-Forget, construite entre 1882 et 1884 et située dans le Mille carré doré, est attribuée à l’architecte Maurice Perrault (1857-1909). Elle est associée au style Second Empire en raison de son toit en fausse mansarde. Certains de ses attributs en font toutefois un bâtiment plutôt éclectique, comme la fenêtre en saillie et les fenêtres à guillotine couramment utilisées dans l’architecture victorienne. Quant au regroupement des fenêtres deux à deux, il est caractéristique de la Renaissance. L’ornementation et la qualité des matériaux utilisés, comme la pierre de taille, sont la manifestation du prestige des Forget. L’intérieur, tout aussi riche que l’extérieur, a été rénové en 1902 par les architectes réputés Edward Maxwell (1867-1923) et William Sutherland Maxwell (1874-1952). Les boiseries qu’ils ont dessinées y sont toujours conservées, comme des encadrements de portes en chêne sculpté et des lambris de bois. La maison comprenait une chapelle logée dans une pièce en abside, forme particulière et peu commune dans les résidences urbaines. La maison Louis-Joseph-Forget constitue un ensemble prestigieux avec les édifices voisins, soit le Mount-Royal Club, classé monument historique, et la maison James-Reid-Wilson, reconnue monument historique.

La valeur patrimoniale de la maison repose aussi sur son association avec Louis-Joseph Forget (1853-1911), une figure marquante de l’histoire du Québec. Courtier, homme politique et homme d’affaires, ce dernier est sans doute le francophone le plus prospère du Canada au tournant du XXe siècle. S’exprimant avec autant d’aisance en anglais qu’en français, il sait se faire accepter par les deux communautés et en tirer parti dans ses entreprises. Premier Canadien français à entrer à la Bourse de Montréal, il fonde, en 1876, la L. J. Forget et Cie, qui devient rapidement une importante maison de courtage. Au cours de sa carrière, Forget a siégé à de nombreux conseils d’administration, notamment à celui de la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique, au sein duquel il est le premier Canadien français. En 1896, il est nommé sénateur. À l’aube du XXe siècle, il s’implique dans l’industrie de l’hydroélectricité et devient l’un des principaux administrateurs de la Montreal Light, Heat and Power Company. Pour construire sa maison, Forget choisit le Mille carré doré, le secteur le plus riche de Montréal et le quartier de l’élite anglophone, plutôt que celui alors privilégié par la bourgeoisie francophone près de la rue Saint-Denis.

La valeur patrimoniale de la maison repose également sur son intérêt ethnologique. À l’époque de Forget, le rez-de-chaussée regroupait les pièces de réception, comme le salon, la bibliothèque et la salle à manger, et constituait l’étage noble. Accessibles aux visiteurs, ces pièces étaient les plus belles et les plus riches de la résidence et témoignaient de la fortune et de la réussite du premier propriétaire. Le soubassement abritait des fonctions de services, comme la cuisine et les appartements des domestiques, séparés du reste de l’habitation comme l’exigeaient les convenances. Ces fonctions sont exprimées, à l’extérieur, par la pierre bouchardée qui constitue la maçonnerie du soubassement et le distingue des autres étages. Par son architecture, la maison Louis-Joseph-Forget évoque le mode de vie bourgeois du tournant du XXe siècle, où la résidence est à la fois considérée comme un symbole de réussite sociale et un lieu de préservation de l’intimité.

Location: 1195 Rue Sherbrooke Ouest, Montréal
Emplacement : 1195, Rue Sherbrooke Ouest, Montréal
Coordinates · Coordonnées: 45.500830, -73.578060
Marker type: Recognized Historic Monument
Type de repère : Monument historique reconnu
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
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