Lenoblet-Du Plessis House
The Lenoblet-Du Plessis House, a classified historic monument, is a residence built around 1794 and subsequently modified twice. This rectangular, one-and-a-half-storey wooden dwelling is covered by a slightly bell-cast gable roof with three Gothic Revival-inspired gables. It has an annex at the rear. Bordering the St. Lawrence River, the Lenoblet-Du Plessis House stands parallel to route Marie-Victorin, on a large wooded lot, in the town of Contrecoeur.
The heritage value of the Lenoblet-Du Plessis House lies in its architectural interest. Built around 1794 as a farmhouse, the residence later became the home of a notable. The rectangular plan, the clapboard siding, the chimneys in the gable walls, the gable roof and the dormers on the rear slope are elements dating from its construction. In 1886, the house was updated for the first time. Three Gothic Revival-inspired gables replaced the dormers on the front slope of the roof. A new addition was made in 1916, when a wide covered gallery decorated with columns substantially altered its appearance. The interior space was also modified. In the farmhouse, the ground floor served all functions related to habitation. During the transformation into a notable’s house, the lower part of the attic was fitted out to be lived in. Each room then took on a specific function and the reception areas gained in importance, especially after 1916, when an annex was built to house the kitchen. The interior decor of the Lenoblet-Du Plessis House is also noteworthy, particularly its mouldings, its ceilings made of exposed-joint boards and its board-clad beams. The successful integration of new architectural elements into an older structure makes the Lenoblet-Du Plessis House an exceptional and highly instructive testament to the evolution of architecture in the St. Lawrence Valley in the 19th century.
The heritage value of the Lenoblet-Du Plessis House also lies in its historical interest. During the rebellions of 1837 and 1838, the Contrecoeur area served as a rearguard post for the Patriotes. Located in this locality, the Lenoblet-Du Plessis House served as a meeting place for certain members of the movement. One hypothesis holds that the house was the setting for the preparation of part of the 92 Resolutions of 1834, a document setting out the Patriotes’ grievances against the colonial authorities. Another hypothesis, which may well be legend, holds that the Patriotes built a secret exit in the cellar leading to the St. Lawrence River to facilitate their escape in an emergency. An opening in the foundations, on the northeast side, is said to attest to the existence of this former exit. In the early 1970s, the Lenoblet-Du Plessis House was also the location for several exterior scenes of Claude Jutra’s (1930-1986) film “Kamouraska”, adapted from the novel by Anne Hébert (1916-2000).
The heritage value of the Lenoblet-Du Plessis House further lies in its association with well-known figures. For nearly one hundred years, this elegant Contrecoeur house was inhabited by the Lenoblet du Plessis family. Alexis-Carme Lenoblet du Plessis (1781-1840), a merchant and then a notary from 1811 to 1840, is the most prominent member of this family. A justice of the peace and commissioner, he was also very involved in the activities of his community and notably donated the land for the establishment of the village’s first school. Four of his sons would follow in his footsteps and become notaries. During the following century, the house was owned by another notary, Jean-Marie Richard (1879-1955), Liberal member for Verchères in the Legislative Assembly of the Province of Québec from 1921 to 1927.
Maison Lenoblet-Du Plessis
La maison Lenoblet-Du Plessis, classée monument historique, est une résidence construite vers 1794 et modifiée à deux reprises par la suite. Cette demeure en bois de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffée d’un toit à deux versants légèrement retroussés comportant trois gâbles d’inspiration néogothique. Elle possède une annexe à l’arrière. Riveraine du fleuve Saint-Laurent, la maison Lenoblet-Du Plessis est située parallèlement à la route Marie-Victorin, sur un vaste terrain boisé, dans la ville de Contrecoeur.
La valeur patrimoniale de la maison Lenoblet-Du Plessis réside dans son intérêt architectural. Construite vers 1794 pour servir de maison de ferme, la résidence devient par la suite une demeure de notable. Le plan rectangulaire, le revêtement de planches à clins, les cheminées dans les murs pignons, le toit à deux versants et les lucarnes du versant arrière sont des éléments qui remontent à sa construction. En 1886, la maison est mise une première fois au goût du jour. Trois gâbles d’inspiration néogothique remplacent les lucarnes du versant avant du toit. Un nouvel ajout est réalisé en 1916, alors qu’une large galerie couverte ornée de colonnes vient modifier substantiellement son apparence. L’espace intérieur connaît aussi des modifications. Dans la maison de ferme, le rez-de-chaussée servait pour toutes les fonctions liées à l’habitation. Lors de la transformation en maison de notable, la partie inférieure du grenier est aménagée pour être habitée. Chaque pièce prend alors une fonction spécifique et les aires de réception gagnent en importance, surtout après 1916, lorsqu’une annexe est construite pour abriter la cuisine. Le décor intérieur de la maison Lenoblet-Du Plessis est également digne d’intérêt, notamment ses moulures, ses plafonds constitués de planches à joints apparents et ses poutres habillées de planches. L’intégration réussie de nouveaux éléments architecturaux à une construction plus ancienne fait de la maison Lenoblet-Du Plessis un témoin exceptionnel et très didactique de l’évolution de l’architecture dans la vallée du Saint-Laurent au XIXe siècle.
La valeur patrimoniale de la maison Lenoblet-Du Plessis réside aussi dans son intérêt historique. Pendant les rébellions de 1837 et de 1838, la région de Contrecoeur constitue un poste d’arrière-garde pour les patriotes. Située dans cette localité, la maison Lenoblet-Du Plessis sert de lieu de rencontre à certains membres de ce mouvement. Une hypothèse veut que la demeure ait servi de cadre à la préparation d’une partie des 92 Résolutions de 1834, document rassemblant les griefs des patriotes envers les autorités coloniales. Une autre hypothèse, qui tient possiblement de la légende, veut que les patriotes aient aménagé dans la cave une sortie secrète conduisant vers le fleuve Saint-Laurent, pour faciliter leur fuite en cas d’urgence. Une ouverture pratiquée dans les fondations, du côté nord-est, témoignerait de l’existence de cette ancienne issue. Au début des années 1970, la maison Lenoblet-Du Plessis a aussi été le lieu de tournage de plusieurs scènes extérieures du film « Kamouraska » de Claude Jutra (1930-1986), adapté du roman d’Anne Hébert (1916-2000).
La valeur patrimoniale de la maison Lenoblet-Du Plessis réside également dans son association avec des personnages connus. Pendant près de cent ans, cette élégante maison de Contrecoeur est habitée par la famille Lenoblet du Plessis. Alexis-Carme Lenoblet du Plessis (1781-1840), marchand puis notaire de 1811 à 1840, est le membre le plus marquant de cette famille. Juge de paix et commissaire, il était aussi très engagé dans les activités de sa communauté et a notamment fait don du terrain pour l’établissement de la première école du village. Quatre de ses fils suivront ses traces et deviendront notaires. Au cours du siècle suivant, la maison est la propriété d’un autre notaire, Jean-Marie Richard (1879-1955), député libéral de Verchères à l’Assemblée législative de la province de Québec de 1921 à 1927.