Joseph-Thibodeau House
The Joseph-Thibodeau house, a cited historic monument, is a traditional residence attached to a former general store, built between 1844 and 1855. This rectangular one-and-a-half-storey building, with an exposed piece-on-piece frame, is capped with a gable roof with flared eaves. It is built on a wooded lot, set slightly back from the road and out of alignment with it. It is located at the crossroads of the two main roads of the municipality of Piedmont.
The heritage value of the Joseph-Thibodeau house lies in its age. This building, constructed between 1844 and 1855, evokes the settlement of the Hautes-Laurentides that began around 1840. The lot on which it stands is said to have been granted between 1844 and 1855 to William Scott, a colonel, merchant and justice of the peace of Saint-Jérôme. He is believed to have had the house and the general store built. The building’s age is shown notably by its piece-on-piece structure joined with sliding tenons, a construction method widespread in the St. Lawrence Valley in the 18th century and during the first half of the 19th century. This method consists of building walls by sliding horizontal timbers (roughly squared tree trunks) between vertical posts. The horizontal pieces have tenons at each end – that is, projecting parts – that fit into grooves cut into the posts. This structure is rarely found in the Hautes-Laurentides region, where piece-on-piece structures with dovetail joints predominate. The Joseph-Thibodeau house is believed to have been one of the first buildings in Piedmont. Today it is one of the oldest architectural witnesses in this municipality.
The heritage value of the house also lies in the architectural interest associated with its original dual function. The house was built to serve as a residence and general store. Overall, it displays the general characteristics of Neoclassical-inspired Québec domestic architecture. Having appeared in Europe in the second half of the 18th century, Neoclassicism spread to British North America at the turn of the 19th century. This style, which borrows from the architectural language of Antiquity, appeared in Lower Canada with the arrival of British contractors and architects and through the architectural treatises circulating at the time. The influence of this style is evident in the Joseph-Thibodeau house, notably in the medium-pitched roof, the dormers with triangular pediments decorated with floral motifs and the door with a transom. On the other hand, the house departs from this style because of its dual function, which does not allow perfect symmetry of the façade. It indeed has numerous asymmetrically arranged openings, including four doors, two of which are in the façade. The large dimensions of the main body, its particularly elongated shape and the trace of a division in the façade also bear witness to its dual function. It is a unique building in the municipality of Piedmont.
The heritage value of the house lies in its historical interest. The house contained a general store from the time it was built until its sale between 1888 and 1897. Located at the junction of the two main roads crossing the village, the small business benefited from the passage of settlers who, from the middle of the 19th century, left to settle in territories farther north. At the end of the 19th century, Piedmont benefited from the development of the tourism industry in the Laurentides when the railway was extended to Sainte-Adèle in 1892. Located at the junction of rue Principale and chemin de la Gare, the former general store was converted into a boarding house for travellers in 1918. Snow trains running to the Hautes-Laurentides were put into service from 1927 to make outdoor activities, such as skiing, more accessible to Montrealers. Piedmont then became a very popular stop for excursionists, and the boarding house, called the Hill Crest Inn, profited from this windfall of visitors until 1940. The Joseph-Thibodeau house thus bears witness to the rise of resort holidaying in the Hautes-Laurentides. Even today, it helps define and mark the intersection of chemin de la Gare and rue Principale.
Maison Joseph-Thibodeau
La maison Joseph-Thibodeau, citée monument historique, est une résidence traditionnelle jumelée à un ancien magasin général, construite entre 1844 et 1855. Ce bâtiment rectangulaire à charpente apparente en pièce sur pièce, qui s’élève sur un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants aux larmiers recourbés. Il est construit sur un terrain boisé, légèrement en retrait de la route et désaligné par rapport à celle-ci. Il est situé à la croisée des deux chemins principaux de la municipalité de Piedmont.
La valeur patrimoniale de la maison Joseph-Thibodeau repose sur son ancienneté. Ce bâtiment construit entre 1844 et 1855 évoque la colonisation des Hautes-Laurentides amorcée autour de 1840. Le lot sur lequel il est construit aurait été concédé entre 1844 et 1855 à William Scott, colonel, marchand et juge de paix de Saint-Jérôme. C’est lui qui aurait fait construire la maison et le magasin général. L’ancienneté du bâtiment se manifeste notamment par sa structure en pièce sur pièce assemblées à tenons en coulisse, un mode de construction répandu dans la vallée du Saint-Laurent au XVIIIe siècle et durant la première moitié du XIXe siècle. Cette méthode consiste à monter des murs en glissant des pièces de bois horizontales (des troncs d’arbres grossièrement équarris) entre des poteaux verticaux. Les pièces horizontales comportent des tenons à chaque extrémité – soit des parties en saillie – qui s’imbriquent dans des coulisses creusées dans les poteaux. Cette structure se retrouve rarement dans la région des Hautes-Laurentides, où les structures en pièce sur pièce assemblées à queues d’aronde prédominent. La maison Joseph-Thibodeau aurait été l’une des premières constructions de Piedmont. Elle constitue aujourd’hui l’un des plus anciens témoins architecturaux de cette municipalité.
La valeur patrimoniale de la maison repose aussi sur l’intérêt architectural associé à sa double fonction d’origine. La maison est construite pour servir de résidence et de magasin général. Dans son ensemble, elle arbore les caractéristiques générales de l’architecture domestique québécoise d’inspiration néoclassique. Apparu en Europe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le néoclassicisme se répand en Amérique du Nord britannique au tournant du XIXe siècle. Ce style, qui emprunte au langage architectural de l’Antiquité, apparaît au Bas-Canada avec l’arrivée d’entrepreneurs et d’architectes britanniques et par le biais de traités d’architecture qui circulent à l’époque. L’influence de ce style se manifeste dans la maison Joseph-Thibodeau, notamment par le toit à pente moyenne, les lucarnes à fronton triangulaire ornementé de motifs floraux et la porte à imposte. D’autre part, la maison se dissocie de ce style en raison de sa double fonction qui ne permet pas une symétrie parfaite de la façade. Elle possède en effet de nombreuses ouvertures disposées asymétriquement, notamment quatre portes dont deux percées en façade. Les grandes dimensions du carré, sa forme particulièrement allongée et la trace d’une division en façade témoignent également de sa double fonction. Il s’agit d’un bâtiment unique dans la municipalité de Piedmont.
La valeur patrimoniale de la maison repose sur son intérêt historique. La maison abrite un magasin général dès sa construction, et ce, jusqu’à sa vente entre 1888 et 1897. Implanté à la jonction des deux routes principales qui traversent le village, le petit commerce profite du passage des colons qui, à partir de la moitié du XIXe siècle, partent s’installer vers des territoires plus au nord. À la fin du XIXe siècle, Piedmont profite du développement de l’industrie touristique dans les Laurentides lorsque le chemin de fer est étendu jusqu’à Sainte-Adèle, en 1892. Situé à la jonction de la rue Principale et du chemin de la Gare, l’ancien magasin général est transformé en pension pour les voyageurs en 1918. Des trains de neige se rendant dans les Hautes-Laurentides sont mis en service à partir de 1927 afin de mettre les activités de plein air, comme le ski, davantage à la portée des Montréalais. Piedmont devient alors une halte très fréquentée par les excursionnistes et la maison de pension, appelée Hill Crest Inn, profite de cette manne de visiteurs jusqu’en 1940. La maison Joseph-Thibodeau témoigne ainsi de l’essor de la villégiature dans les Hautes-Laurentides. Elle contribue, encore aujourd’hui, à définir et à marquer l’intersection du chemin de la Gare et de la rue Principale.