Joseph-McGoey House
The Joseph-McGoey House, a cited historic monument, is an Italianate-inspired residence built in 1871. This rectangular two-and-a-half-storey red brick dwelling is topped with a hip roof crowned by a roof terrace. The porch in the centre of the façade is surmounted by a balcony. Two large annexes are attached at the rear of the house. The Joseph-McGoey House is located on large landscaped grounds, set back from chemin d’Aylmer. It is in the eastern part of the Aylmer sector of the city of Gatineau.
The heritage value of the Joseph-McGoey House lies in its architectural interest. Indeed, the residence built in 1871 for the lumberman Joseph McGoey (died 1886) belongs to the Italian Renaissance Revival style, one of the favoured historical expressions of the Victorian period. This style was popularized in England in the 1820s through Charles Barry’s (1795-1860) interpretation of the Italianate palazzo and John Nash’s (1752-1835) development of the villa. The availability of printed works helped spread these architectural models in both the United States and Canada. In Lower Canada, this influence then affected mainly residential architecture, usually built outside towns and intended for well-to-do owners. The Joseph-McGoey House belongs to this architectural revival through its rectangular red brick volume topped with a hip roof crowned by a roof terrace and its elaborate ornamentation, which notably includes a projecting bracketed cornice and dormers with round pediments. The entrance is preceded by a porch surmounted by a balcony, while a pediment crowns the central bay. In addition, the arched openings are emphasized by carved stone jambs, false keystones and brackets. The house’s setback from the public road highlights the link between the building and its natural environment, a principle commonly associated with the villa. Through its monumental architecture, its rich ornamentation and its relationship with its surroundings, the Joseph-McGoey House bears witness to the social status of its owner.
The heritage value of the Joseph-McGoey House also lies in its historical interest. This residence bears witness to the history of the public road near which it was built. This is the oldest road in the region, having linked Hull and Aylmer for two centuries. Laid out from 1805, the road was first known as “Britannia” or “Turnpike.” It made it possible to bypass the falls and rapids that prevented ships from travelling up the rivière des Outaouais beyond Hull. It was then extended to Aylmer. In 1820, this public road was widened. From the early 19th century, prosperous farmers settled along this road. They were followed by wealthy timber merchants from the 1830s. Numerous services were also offered to meet the needs of travellers and residents. Thomas McGoey, a timber merchant, acquired land there in the 1830s. In 1870, the lumberman Joseph McGoey bought a neighbouring lot and had a house built on it the following year, which he named “Shamrock Farm.” The Joseph-McGoey House thus bears witness to the economic prosperity of the Aylmer area during the second half of the 19th century, prosperity that resulted from the development of the forest industry.
Maison Joseph-McGoey
La maison Joseph-McGoey, citée monument historique, est une résidence d’inspiration néo-italienne construite en 1871. Cette demeure en brique rouge, de plan rectangulaire à deux étages et demi, est coiffée d’un toit en pavillon orné d’une terrasse faîtière. Le porche aménagé au centre de la façade est surmonté d’un balcon. Deux imposantes annexes sont greffées à l’arrière de la demeure. La maison Joseph-McGoey est située sur un vaste terrain paysager, en retrait du chemin d’Aylmer. Elle se trouve à l’est du secteur d’Aylmer de la ville de Gatineau.
La valeur patrimoniale de la maison Joseph-McGoey repose sur son intérêt architectural. En effet, la résidence construite en 1871 pour l’exploitant forestier Joseph McGoey (mort en 1886) relève du style néo-Renaissance italienne qui constitue l’une des expressions historiques de prédilection durant la période victorienne. Ce style est popularisé en Angleterre dans les années 1820, grâce à l’interprétation du palais à l’italienne par Charles Barry (1795-1860) et à l’élaboration de la villa par John Nash (1752-1835). La disponibilité des ouvrages imprimés contribue à faire connaître les modèles architecturaux tant aux États-Unis qu’au Canada. Dans le Bas-Canada, cette influence touche alors essentiellement l’architecture résidentielle, construite la plupart du temps à l’extérieur des villes et destinée à des propriétaires bien nantis. La maison Joseph-McGoey relève de ce renouveau architectural grâce à son volume rectangulaire en brique rouge coiffé d’un toit en pavillon orné d’une terrasse faîtière et à son ornementation élaborée qui comprend notamment une corniche débordante ornée de consoles et des lucarnes à fronton arrondi. L’entrée est précédée d’un porche surmonté d’un balcon tandis qu’un fronton coiffe la travée centrale. Par ailleurs, les ouvertures cintrées sont soulignées par des piédroits sculptés en pierre, de fausses clefs de voûte et des consoles. La situation reculée de la maison par rapport à la voie publique met en évidence le lien entre le bâtiment et son environnement naturel, principe qui est couramment associé à la villa. La maison Joseph-McGoey, par son architecture monumentale, sa riche ornementation et sa relation avec l’environnement, témoigne du statut social de son propriétaire.
La valeur patrimoniale de la maison Joseph-McGoey repose également sur son intérêt historique. Cette résidence témoigne de l’histoire de la voie publique près de laquelle elle est érigée. Il s’agit de la plus ancienne route de la région, reliant depuis deux siècles Hull et Aylmer. Aménagé à partir de 1805, ce chemin est d’abord désigné sous le nom de « Britannia » ou « Turnpike ». Celui-ci permet de contourner les chutes et les rapides qui empêchent les navires de remonter la rivière des Outaouais au-delà de Hull. Il est ensuite prolongé jusqu’à Aylmer. En 1820, cette voie publique est élargie. Dès le début du XIXe siècle, de prospères agriculteurs s’installent le long de cette route. Ils sont suivis par de riches marchands de bois à partir des années 1830. De nombreux services sont aussi offerts pour répondre aux besoins des voyageurs et des résidents. Thomas McGoey, un marchand de bois, y acquiert un terrain dans les années 1830. En 1870, l’exploitant forestier Joseph McGoey achète un terrain voisin et y fait ériger une maison dès l’année suivante qu’il baptise « Shamrock Farm ». Ainsi, la maison Joseph-McGoey témoigne de la prospérité économique de la région d’Aylmer au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, prospérité qui survient grâce au développement de l’industrie forestière.