Jane-Tate House
The Jane-Tate house, classified in 1964, is a Renaissance Revival urban house-store built in 1863 and 1864. The stone building consists of a narrow, deep three-storey main block and an annex. The house, which has party walls, has a cut-stone façade, a flat roof and a bracketed cornice. The façade has six bays, the one at the far right being slightly recessed and pierced by a carriage entrance giving access to the inner courtyard. The designation includes the house, the land and the annex. The Jane-Tate house is part of a group of two adjoining house-stores built at the same time along rue Bonsecours, in the Montréal historic district. It stands next to the Papineau house, also classified.
The heritage value of the Jane-Tate house lies in its representativeness as a house-store. The first examples of house-stores appeared in the early 19th century. This type of building, well represented in the Montréal historic district, is characterized by the care given to the main façade, which from 1820 onward usually featured “show-windows.” These wide display windows, framed by simple decorative elements, drew attention to the commercial part of the building, namely the ground floor, and allowed merchandise to be displayed. The Jane-Tate house was designed from the time of its construction in 1863 and 1864 as a mixed-use building. In the Renaissance Revival style, it is part of a group of two similar houses. It has three storeys, a flat roof and a bracketed cornice. The façade is restrained and harmonious, with its cut-stone cladding and large openings. The ground floor houses two separate commercial premises, each with a tall door and a large arcaded display window. At the centre of the façade, a door gives access to the residential upper storeys. These storeys, of decreasing height, are marked by wide stone bands. The bay at the far right is pierced by a carriage entrance opening onto a passage to the inner courtyard. Its slightly recessed position, between the two adjoining houses, seems to indicate shared use. In 1920, an annex built in the inner courtyard increased the ground-floor area. The restoration carried out in 1964 restored the original façades of the two adjoining buildings and rehabilitated the rear courtyard and the annex, converted into a large living room with a skylight.
The heritage value of the Jane-Tate house also lies in its interest for the history of built heritage conservation. During the 1950s, the historic heart of the city of Montréal was in danger, as several of its heritage buildings were falling into ruin. The restoration of the Jane-Tate house in 1964, together with that of the Papineau house carried out a few years earlier, was one of the first acts of revitalization in the district. The enhancement of these buildings drew attention to the quality of Vieux-Montréal’s 19th-century buildings, mainly those of grey cut stone, at a time when the interest of the public and specialists was focused mostly on 17th- and 18th-century buildings. In the following years, several other restoration projects were carried out in the same area, around place Jacques-Cartier, rue Saint-Paul and rue Bonsecours.
The heritage value of the Jane-Tate house also lies in the renown of one of its owners. The building was acquired in 1963 by Marie-Paule Nolin (1908-1987), a renowned dressmaker and fashion designer, one of the most influential in Montréal at the time. She set up her salon and haute couture workshop at 420 rue Bonsecours. Until 1973, she lived on the two upper storeys, which were converted into a single apartment in 1965.
Maison Jane-Tate
La maison Jane-Tate, classée en 1964, est une maison-magasin urbaine de style néo-Renaissance, construite en 1863 et 1864. L’édifice en pierre est composé d’un corps de bâtiment de trois étages étroit et profond et d’une annexe. La maison à murs mitoyens est dotée d’une façade en pierre de taille, d’un toit plat et d’une corniche à consoles. La façade compte six travées, celle située à l’extrémité droite étant légèrement en retrait et percée d’une porte cochère donnant accès à la cour intérieure. La désignation comprend la maison, le terrain ainsi que l’annexe. La maison Jane-Tate fait partie d’un ensemble de deux maisons-magasins contiguës, érigées en même temps en bordure de la rue Bonsecours, dans l’arrondissement historique de Montréal. Elle voisine la maison Papineau, également classée.
La valeur patrimoniale de la maison Jane-Tate repose sur sa représentativité en tant que maison-magasin. Les premiers exemples de maisons-magasins apparaissent au début du XIXe siècle. Ce type d’édifice, bien représenté dans l’arrondissement historique de Montréal, est caractérisé par le soin accordé à la façade principale qui, à partir de 1820, présente habituellement des « show-windows ». Ces larges vitrines, encadrées d’éléments décoratifs simples, attirent l’attention sur la partie commerciale de l’édifice, soit le rez-de-chaussée, et permettent l’étalage des marchandises. La maison Jane-Tate est conçue dès sa construction en 1863 et 1864 comme un édifice à fonction mixte. De style néo-Renaissance, elle fait partie d’un ensemble de deux maisons similaires. Elle comprend trois étages, un toit plat et une corniche à consoles. La façade est sobre et harmonieuse avec son recouvrement en pierre de taille et ses grandes baies. Le rez-de-chaussée abrite deux locaux commerciaux distincts, chacun étant doté d’une haute porte et d’une grande vitrine à arcades. Au centre de la façade, une porte donne accès aux étages supérieurs voués à l’habitation. Ces derniers, de hauteur décroissante, sont soulignés par de larges bandeaux de pierre. La travée située à l’extrême droite est percée d’une porte cochère s’ouvrant sur un passage vers la cour intérieure. Sa disposition légèrement en retrait, entre les deux maisons contiguës, semble indiquer un usage partagé. En 1920, une annexe bâtie dans la cour intérieure augmente la superficie du rez-de-chaussée. La restauration réalisée en 1964 a rétabli les façades d’origine des deux édifices contigus et réhabilité la cour arrière ainsi que l’annexe, transformée en vaste salon doté d’un puits de lumière.
La valeur patrimoniale de la maison Jane-Tate repose aussi sur son intérêt pour l’histoire de la conservation du patrimoine bâti. Pendant les années 1950, le coeur historique de la ville de Montréal est en péril, alors que plusieurs de ses bâtiments patrimoniaux tombent en ruine. La restauration de la maison Jane-Tate en 1964 constitue, avec celle de la maison Papineau effectuée quelques années plus tôt, l’un des premiers gestes de revitalisation du quartier. La mise en valeur de ces bâtiments attire alors l’attention sur la qualité des édifices du Vieux-Montréal datant du XIXe siècle, principalement ceux en pierre de taille grise, à un moment où l’intérêt du public et des spécialistes est surtout concentré sur les constructions des XVIIe et XVIIIe siècles. Au cours des années suivantes, plusieurs autres projets de restauration se concrétisent dans le même secteur, soit autour de la place Jacques-Cartier, de la rue Saint-Paul et de la rue Bonsecours.
La valeur patrimoniale de la maison Jane-Tate repose également sur la notoriété d’un de ses propriétaires. L’édifice est acquis en 1963 par Marie-Paule Nolin (1908-1987), couturière et créatrice de mode réputée, l’une des plus influentes de Montréal à l’époque. Elle installe son salon et son atelier de haute couture au 420, rue Bonsecours. Elle habite jusqu’en 1973 les deux étages supérieurs, transformés en un seul appartement en 1965.