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Location: 900 Rue du Moulin, Terrebonne
Emplacement : 900, Rue du Moulin, Terrebonne
Coordinates · Coordonnées: 45.692690, -73.638440
Marker type: Classified Historic Site
Type de repère : Site historique classé
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
English

Île-des-Moulins Historic Site

The Île-des-Moulins historic site, classified in 1973, is an industrial complex developed in the 19th century. It consists of massive stone buildings, several of which use water power, and of structures to control the flow of water. The designation applies to the three mills on the jetty, the seigneurial office, the new mill, the bakery and the spillway, supply and control dams. The Île-des-Moulins historic site is located on an island in the rivière des Mille Îles, in the heart of Vieux-Terrebonne, in the municipality of Terrebonne. An archaeological site is associated with the place.

The heritage value of the Île-des-Moulins historic site lies in its historical importance. This industrial complex, located on the banks of the rivière des Mille Îles, was one of the first and most important in the Montréal region during the first half of the 19th century. Use of the river’s water power began between 1720 and 1745, but declined during the second half of the 18th century. At the beginning of the 19th century, the site became strategic for the fur trade, at a time when it belonged to the wealthy merchant Simon McTavish (circa 1750-1844), the guiding spirit of the North West Company. At that time it was a place of production and exchange linked to the development of the pays d’en Haut. Joseph Masson (1791-1847) acquired it in 1832 and strengthened its industrial character. In the 19th century, the island had, among other things, flour mills, carding and fulling mills, sawmills, warehouses, outbuildings, dams, docks and a bakery. The decline of the industrial complex at the end of the century coincided, among other factors, with the emergence of new sources of energy.

The heritage value of the Île-des-Moulins historic site also lies in the architectural interest of the buildings that make it up. The bakery (1803), the oldest building in the complex, bears witness to the English contribution to Québec architecture from the beginning of the 19th century. The flour mill (1846), the seigneurial office (after 1847) and the new mill (1850) belong to the Neoclassical movement. These buildings retain its volumes, the regular arrangement of openings and the symmetry of the façades. They are, however, devoid of ornamentation. The ensemble is therefore an eloquent example of Neoclassical-inspired industrial architecture from the first half of the 19th century.

The heritage value of the Île-des-Moulins historic site further lies in its age. Developed during the first half of the 19th century, it is the oldest large-scale industrial complex surviving in Québec, the other preserved ensembles generally dating from the end of the 19th century or the beginning of the following century. Its diverse facilities evoke the many activities that took place there between 1800 and 1883. The archaeological site also bears witness to the age of the industrial occupation, which goes back to the 18th century.

The heritage value of the Île-des-Moulins historic site lies, in addition, in its representativeness as an illustration of the concept of so-called “historical” restoration. This approach proposes a return to an earlier state deemed significant, according to political or ideological objectives, by the project’s directors. It is a corollary of the Québec nationalist movement that drove political thought in the 1970s. The Ministère des Affaires culturelles du Québec applied this concept to the Île-des-Moulins historic site, and the restorers chose as their reference period that of the Masson seigneurs, from 1832 to 1883. For example, the work restored to the new mill its gable roof, which had been replaced by a flat roof. At the end of the 1970s, the Île-des-Moulins historic site was the second-largest historical restoration project in Québec, after that of Place-Royale in Québec. The work, spread over two decades, would nonetheless be influenced by the international heritage charters, which take greater account of the evolution of buildings and highlight new interventions. Thus, a contemporary building now provides the link between the flour mill and the sawmill.

Français

Site historique de l'Île-des-Moulins

Le site historique de l’Île-des-Moulins, classé en 1973, est un ensemble industriel aménagé au XIXe siècle. Il se compose de bâtiments massifs en pierre, dont plusieurs utilisent l’énergie hydraulique, et de structures pour contrôler le débit de l’eau. La désignation s’applique aux trois moulins de la jetée, au bureau seigneurial, au moulin neuf, à la boulangerie ainsi qu’aux barrages de déversoir, d’alimentation et de contrôle. Le site historique de l’Île-des-Moulins est situé sur une île de la rivière des Mille Îles, au coeur du Vieux-Terrebonne, dans la municipalité de Terrebonne. Un site archéologique est associé au lieu.

La valeur patrimoniale du site historique de l’Île-des-Moulins repose sur son importance historique. Ce complexe industriel, situé en bordure de la rivière des Mille Îles, est l’un des premiers et des plus importants de la région de Montréal durant la première moitié du XIXe siècle. L’utilisation de la force hydraulique de la rivière débute entre 1720 et 1745, mais décline durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au début du XIXe siècle, l’emplacement devient stratégique pour le commerce des fourrures, alors qu’il appartient au riche marchand Simon McTavish (vers 1750-1844), l’âme dirigeante de la Compagnie du Nord-Ouest. Il constitue à cette époque un lieu de production et d’échange lié au développement des pays d’en Haut. Joseph Masson (1791-1847) l’acquiert en 1832 et renforce son caractère industriel. Au XIXe siècle, l’île compte notamment des moulins à farine, des moulins à carder et à fouler, des moulins à scie, des entrepôts, des bâtiments secondaires, des barrages, des docks ainsi qu’une boulangerie. Le déclin du complexe industriel à la fin du siècle coïncide, entre autres, avec l’apparition de nouvelles sources d’énergie.

La valeur patrimoniale du site historique de l’Île-des-Moulins repose aussi sur l’intérêt architectural des bâtiments qui le composent. La boulangerie (1803), qui constitue le plus ancien édifice du complexe, témoigne de l’apport anglais dans l’architecture québécoise dès le début du XIXe siècle. Le moulin à farine (1846), le bureau seigneurial (après 1847) et le moulin neuf (1850) s’inscrivent dans le courant néoclassique. Ces bâtiments en retiennent les volumes, l’ordonnance régulière des ouvertures et la symétrie des façades. Ils sont toutefois dépourvus d’ornementation. L’ensemble constitue donc un exemple éloquent de l’architecture industrielle d’inspiration néoclassique de la première moitié du XIXe siècle.

La valeur patrimoniale du site historique de l’Île-des-Moulins repose également sur son ancienneté. Aménagé durant la première moitié du XIXe siècle, il s’agit du plus ancien complexe industriel d’envergure qui subsiste au Québec, les autres ensembles conservés datant généralement de la fin du XIXe siècle ou du début du siècle suivant. Ses installations diversifiées évoquent les nombreuses activités qui s’y sont déroulées entre 1800 et 1883. Le site archéologique témoigne aussi de l’ancienneté de l’occupation industrielle, qui remonte au XVIIIe siècle.

La valeur patrimoniale du site historique de l’Île-des-Moulins repose en outre sur sa représentativité en tant qu’illustration du concept de restauration dite « historique ». Cette approche propose le retour à un état antérieur jugé significatif, en fonction d’objectifs politiques ou idéologiques, par les maîtres d’oeuvre du projet. Elle est corolaire du courant nationaliste québécois qui anime la pensée politique des années 1970. Le ministère des Affaires culturelles du Québec a appliqué ce concept au site historique de l’Île-des-Moulins et les restaurateurs ont choisi comme période de référence celle des seigneurs Masson, de 1832 à 1883. À titre d’exemple, les travaux ont rendu au moulin neuf son toit à deux versants qui avait été remplacé par un toit plat. À la fin des années 1970, le site historique de l’Île-des-Moulins constitue le second chantier de restauration historique en importance au Québec, après celui de Place-Royale à Québec. Les travaux, échelonnés sur deux décennies, seront néanmoins influencés par les chartes internationales du patrimoine, qui tiennent davantage compte de l’évolution des bâtiments et mettent en évidence les nouvelles interventions. Ainsi, un bâtiment contemporain assure maintenant la liaison entre le moulin à farine et le moulin à scie.

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