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Location: Blanc-Sablon
Emplacement : Blanc-Sablon
Coordinates · Coordonnées: 51.399170, -57.154440
Marker type: Classified Archaeological Site
Type de repère : Site archéologique classé
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
English

Île-au-Bois Archaeological Site

The Île-au-Bois archaeological site, classified in 1989, is a seasonal cod-fishing and seal-hunting site. The site encompasses the entire island. It contains remains of occupation from the 17th, 18th and 19th centuries, including large stone structures, as well as traces of Palaeo-Eskimo settlements from the Dorset period (between 2950 and 550 years before present). The island is a steep-sloped rocky cape now devoid of shrub vegetation but covered with lichens and wild plants. Located in the Strait of Belle Isle facing baie de Blanc-Sablon, it is part of the municipality of Blanc-Sablon. The site contains three sites listed in the Inventaire des sites archéologiques du Québec.

The heritage value of the Île-au-Bois archaeological site lies in its importance for the history of fisheries in Québec. The site bears witness to intense fishing-related economic activity carried on between the 18th and 20th centuries. Hundreds of European ships came to the Gulf of St. Lawrence to fish in the 16th and 17th centuries. Île au Bois was frequented seasonally by Basques, Bretons and Normans. These fishers settled on land to dry cod on flakes or directly on the beach stones. They also hunted seals, a highly prized marine mammal, notably for the oil obtained from it. The island’s geographical position gave them privileged access to the marine resources of the Strait of Belle Isle, and its stony ground was ideal for processing the catch. In 1710, Île au Bois had a seasonal fishing establishment. It was then part of the baie Phélypeau (baie de Brador) concession, granted in 1702 to Augustin Le Gardeur de Courtemanche (1663-1717), a captain in the governor’s guard who would be appointed commandant of the Labrador coast in 1714. Île au Bois was then a much-frequented station. After the British Conquest (1760), the site was abandoned. In 1838, Jersey fishers, notably those of the Le Boutillier Brothers company and William Fruing and Company, resumed its exploitation. Buildings to house personnel and store goods, as well as structures for processing the catch, were then erected. The island passed into the hands of the Newfoundland company Job and Brothers in 1887 and was finally ceded to the Hudson’s Bay Company in 1927, which never really operated the site. Île au Bois undeniably contributed to the fishing trade over a long period and was frequented by every group of fishers active in the region since the early 16th century.

The heritage value of the site also lies in its archaeological interest. The place contains a significant group of remains that make it possible to document the organization and operation of the fishing posts used notably by the Jersey firms and the Newfoundland companies. The site contains some fifty structures associated with drying cod, rendering seal blubber, storing provisions and the domestic life of the fishers who frequented the place in the 19th and 20th centuries. They include several large flat structures made of flat stones not bound with mortar. These features correspond to cod-drying platforms or, more rarely, to the paving of former wooden buildings. These remains bear witness to a construction method adapted to the materials available on site. The stones used come from the shore, and their cleavage planes make them naturally angular. This made it possible to form flat surfaces and straight facings without having to dress them. The site also contains four brick ovens on dressed-stone bases used to render seal blubber. Built first by the Le Boutillier Brothers company, several of these installations were later taken over by Job and Brothers, which used some as they were and refitted others. Remains of prehistoric occupations also show that the island was frequented by Palaeo-Eskimo groups about 2,500 years ago. The site thus bears witness to activities related to cod fishing and seal hunting over several centuries.

Français

Site archéologique de l'Île-au-Bois

Le site archéologique de l’Île-au-Bois, classé en 1989, est un site de pêche saisonnière à la morue et au phoque. Le site englobe l’entièreté de l’île. Il comprend des vestiges d’occupation des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dont de grandes structures en pierre, de même que des traces d’établissements paléoesquimaux de la période dorsétienne (entre 2950 et 550 ans avant aujourd’hui). L’île est un cap rocheux aux pentes abruptes maintenant dépourvu de végétation arbustive, mais recouvert de lichens et de plantes sauvages. Située dans le détroit de Belle Isle face à la baie de Blanc-Sablon, elle fait partie de la municipalité de Blanc-Sablon. Le site renferme trois sites inscrits à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec.

La valeur patrimoniale du site archéologique de l’Île-au-Bois repose sur son importance pour l’histoire des pêcheries au Québec. Ce site témoigne en effet d’activités économiques intenses liées à la pêche tenues entre les XVIIIe et XXe siècles. Des centaines de navires européens se rendent dans le golfe du Saint-Laurent pour y pêcher aux XVIe et XVIIe siècles. L’île au Bois est fréquentée de façon saisonnière par les Basques, les Bretons et les Normands. Ces pêcheurs s’installent sur la terre ferme pour faire sécher la morue sur des vigneaux ou directement sur les galets de la plage. Ils chassent aussi le phoque, mammifère marin très prisé, notamment pour l’huile que l’on en tire. La situation géographique de l’île leur donne un accès privilégié aux ressources marines du détroit de Belle-Isle et son sol rocailleux est idéal pour le traitement des prises. L’île au Bois compte un établissement saisonnier de pêche en 1710. Elle fait alors partie de la concession de baie Phélypeau (baie de Brador), accordée en 1702 à Augustin Le Gardeur de Courtemanche (1663-1717), capitaine dans la garde du gouverneur et qui sera nommé commandant de la côte du Labrador en 1714. L’île au Bois est alors une station très fréquentée. Après la Conquête britannique (1760), le site est délaissé. En 1838, des pêcheurs jersiais, notamment ceux de la compagnie Le Boutillier Brothers et de la William Fruing and Company reprennent son exploitation. Des bâtiments pour loger le personnel et entreposer des marchandises, ainsi que des structures pour le traitement des prises, sont alors érigés. L’île passe aux mains de la compagnie terre-neuvienne Job and Brothers en 1887 pour finalement être cédée à la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1927, sans que celle-ci exploite réellement les lieux. L’île au Bois a indéniablement contribué au commerce de la pêche sur une longue période et a été fréquentée par tous les groupes de pêcheurs actifs dans la région depuis le début du XVIe siècle.

La valeur patrimoniale du site repose également sur son intérêt archéologique. Ce lieu renferme un ensemble important de vestiges permettant de documenter l’organisation et le fonctionnement des postes de pêche utilisés notamment par les Jersiais et les compagnies terre-neuviennes. Le site contient une cinquantaine de structures associées au séchage de la morue, à la fonte de la graisse de phoque, à l’entreposage des denrées et à la vie domestique des pêcheurs ayant fréquenté les lieux aux XIXe et XXe siècles. On rencontre notamment plusieurs grandes structures planes constituées de pierres plates non liées par du mortier. Ces aménagements correspondent à des plates-formes pour le séchage de la morue ou, en de plus rares occasions, au dallage d’anciens bâtiments de bois. Ces vestiges témoignent d’un mode de construction adapté aux matériaux disponibles sur place. En effet, les pierres employées proviennent du rivage et leurs plans de clivage les rendent naturellement angulaires. Cela donne la possibilité de former des surfaces planes et des parements rectilignes sans avoir à les tailler. Le site contient aussi quatre fours de briques sur socles de pierres taillées utilisés pour fondre la graisse des phoques. Construites d’abord par la compagnie Le Boutillier Brothers, plusieurs de ces installations ont par la suite été récupérées par la compagnie Job and Brothers qui en a utilisé certaines telles quelles et réaménagé d’autres. Des vestiges d’occupations préhistoriques illustrent également que l’île a été fréquentée par des groupes paléoesquimaux il y a environ 2500 ans. Le site témoigne ainsi des activités liées à la pêche à la morue et au phoque sur plusieurs siècles.

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