Globensky Estate
The Globensky Estate, classified in 1961, is a large bourgeois property developed in the second half of the 19th century. The two-storey square-plan stone residence is capped with a truncated hip roof. A lean-to extension is attached at the rear. The designation also includes large landscaped grounds enclosed by a low stone wall. The estate is located at the heart of the village core of the former seigneury of Rivière-du-Chêne, in the city of Saint-Eustache, opposite the Légaré mill, a classified historic monument.
The heritage value of the Globensky Estate lies in its historical interest as a witness to the end of the seigneurial system. The seigneury of Mille-Îles, withdrawn from its original grantee who had neglected to develop it, was granted anew in 1714. In 1728, the western part of the fief, from which Saint-Eustache originated, took the name seigneury of Rivière-du-Chêne. During the second half of the 19th century, several seigneurial domains were transformed into large, carefully landscaped bourgeois properties. The Globensky Estate is an example of this, with its monumental residence and its large landscaped grounds enclosed by a low stone wall. Although it postdates the abolition of the seigneurial system (1854), the dwelling bears the name of manor, because Charles-Auguste-Maximilien Globensky (1830-1906) was the last seigneur of Rivière-du-Chêne. The estate is located near the rivière du Chêne and the Légaré mill, which Globensky also owned.
The heritage value of the estate also lies in its architectural interest. Built between 1861 and 1865, the manor was altered in 1901 and around 1930. In its current state, it draws on American architecture. The colonnaded porch added around 1930 gives a Georgian appearance to the original cubic volume capped with a truncated hip roof. The projecting bays on the façade date from 1901 and refer instead to the Victorian movement. The manor was considered one of the finest country houses in Canada East at the time of its construction, and its grounds evoke the agricultural activity once carried on there. The dwelling also illustrates the openness of bourgeois residential architecture to various stylistic contributions in the 20th century.
The heritage value of the estate further lies in its association with several prestigious occupants. Charles-Auguste-Maximilien Globensky, grandson of Auguste-France Globensky, married in 1854 Virginie Lambert-Dumont, heiress of the Lambert-Dumont family, which had owned the seigneury of Rivière-du-Chêne for more than a century. An influential man in the region, Globensky was mayor of Saint-Eustache from 1860 to 1862, then member of the House of Commons in 1875. He had the manor built and lived in it until his death in 1906. Another mayor of Saint-Eustache, Joseph-Antoine Laurin, a Montréal insurance broker, lived there in the early 1910s. The Montréal businessman Évariste Champagne, who acquired the property in 1918, would also be mayor of Saint-Eustache from 1925 to 1929. Descendants of the Champagne family would live there until 1960.
The heritage value of the estate also lies in its architects, Henri-Maurice Perrault (1828-1903) and Charles Bernier (1864-1930). Perrault, who designed the manor as well as the farm outbuildings, was one of the leading architects of his generation. He drew up, notably, the plans for Montréal City Hall (1876) and for the former post office (1875) on rue Saint-Jacques in Montréal. Following the fire that ravaged the manor in 1901, the architect Charles Bernier directed the reconstruction work. Bernier produced several works in the Montréal region in the first decades of the 20th century. He distinguished himself particularly with his school buildings, including the Académie des Saints-Anges (1908-1909), the Académie Sainte-Famille (1910) and the Académie Guay (1912).
Finally, the heritage value of the estate lies in the historical interest of its site. Its grounds are an important place of memory in Saint-Eustache. They successively housed the orchard of the Dumont seigneurs, a Latin school, a seigneurial manor and then the Globensky Estate. During the Patriote rebellion in 1837, General Colborne and his troops stayed briefly nearby.
Domaine Globensky
Le domaine Globensky, classé en 1961, est une vaste propriété bourgeoise aménagée dans la seconde moitié du XIXe siècle. La résidence en pierre, de plan carré à deux étages, est coiffée d’un toit en pavillon au sommet tronqué. Une allonge en appentis est greffée à l’arrière. La désignation inclut également un grand terrain paysager entouré d’un muret en pierre. Le domaine est situé au coeur du noyau villageois de l’ancienne seigneurie de la Rivière-du-Chêne, dans la ville de Saint-Eustache, en face du moulin Légaré classé monument historique.
La valeur patrimoniale du domaine Globensky repose sur son intérêt historique en tant que témoin de la fin du régime seigneurial. La seigneurie des Mille-Îles, retirée à son concessionnaire initial qui avait négligé de la mettre en valeur, est de nouveau concédée en 1714. En 1728, la partie occidentale du fief qui est à l’origine de Saint-Eustache prend le nom de seigneurie de la Rivière-du-Chêne. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs domaines seigneuriaux sont transformés en grandes propriétés bourgeoises aménagées avec soin. Le domaine Globensky en est un exemple avec sa résidence monumentale et son vaste terrain paysager entouré d’un muret en pierre. Bien que postérieure à l’abolition du régime seigneurial (1854), la demeure porte le nom de manoir, car Charles-Auguste-Maximilien Globensky (1830-1906) est le dernier seigneur de la Rivière-du-Chêne. Le domaine se situe à proximité de la rivière du Chêne et du moulin Légaré, dont Globensky était également propriétaire.
La valeur patrimoniale du domaine repose aussi sur son intérêt architectural. Construit entre 1861 et 1865, le manoir a été transformé en 1901 et vers 1930. Dans son état actuel, il s’inspire de l’architecture étasunienne. Le porche à colonnade ajouté vers 1930 confère une allure géorgienne au volume cubique initial coiffé d’un toit en pavillon au sommet tronqué. Les baies en saillie de la façade datent de 1901 et renvoient plutôt au courant victorien. Le manoir était considéré comme l’une des plus belles maisons de campagne du Canada-Est au moment de sa construction et son terrain évoque l’activité agricole qui s’y pratiquait autrefois. La demeure illustre, de plus, la perméabilité de l’architecture résidentielle bourgeoise à divers apports stylistiques au XXe siècle.
La valeur patrimoniale du domaine repose également sur son association avec plusieurs occupants prestigieux. Charles-Auguste-Maximilien Globensky, petit-fils d’Auguste-France Globensky, épouse en 1854 Virginie Lambert-Dumont, héritière de la famille Lambert-Dumont qui est propriétaire de la seigneurie de la Rivière-du-Chêne depuis plus d’un siècle. Homme influent de la région, Globensky est maire de Saint-Eustache entre 1860 et 1862, puis député à la Chambre des Communes en 1875. Il fait construire le manoir et l’occupe jusqu’à son décès en 1906. Un autre maire de Saint-Eustache, Joseph-Antoine Laurin, courtier d’assurances de Montréal, y réside au début des années 1910. L’homme d’affaires Évariste Champagne de Montréal, qui acquiert la propriété en 1918, sera aussi maire de Saint-Eustache de 1925 à 1929. Les descendants de la famille Champagne l’habiteront jusqu’en 1960.
La valeur patrimoniale du domaine repose en outre sur ses architectes, Henri-Maurice Perrault (1828-1903) et Charles Bernier (1864-1930). Perrault, qui dessine le manoir ainsi que les dépendances agricoles, est l’un des architectes marquants de sa génération. Il trace, notamment, les plans de l’hôtel de ville de Montréal (1876) ainsi que ceux de l’ancien bureau de poste (1875) de la rue Saint-Jacques à Montréal. À la suite de l’incendie qui ravage le manoir en 1901, l’architecte Charles Bernier dirige les travaux de reconstruction. Bernier réalise plusieurs oeuvres dans la région de Montréal dans les premières décennies du XXe siècle. Il se distingue particulièrement par ses édifices scolaires, dont l’académie des Saint-Anges (1908-1909), l’académie Sainte-Famille (1910) et l’académie Guay (1912).
La valeur patrimoniale du domaine repose enfin sur l’intérêt historique de son emplacement. Son terrain est un important lieu de mémoire de Saint-Eustache. Il accueille successivement le verger des seigneurs Dumont, une école latine, un manoir seigneurial puis le domaine Globensky. Au cours de la rébellion des patriotes en 1837, le général Colborne et ses troupes séjournent brièvement à proximité.