Doukhobor Prayer Home
The Doukhobor Prayer Home is a simple one-storey building clad in asbestos shingles and a metal gable roof. The prayer home was constructed in 1954 with a kitchen added to the rear in 1983. The building is located on three lots in the Hamlet of Lundbreck.
The heritage value of the Doukhobor Prayer Home lies in its identity as one of the few remaining Doukhobor buildings remaining in Alberta and as an excellent embodiment of the historical development of the province’s Doukhobor community.
Originating as a protest movement against the ritualism and materialism of the Russian Orthodox Church, Doukhoborism emphasized the inherent divinity of every person as the primary guide to human fulfillment. As such, Doukhobors unequivocally rejected the taking of human life. Persecuted by the Tsarist government for their radical commitment to pacifism, the Doukhobors sought a new land in which to live out the precepts of their faith. Aided financially and organizationally by Count Leo Tolstoy and other sympathizers, the community was allowed by the Russian government to emigrate. Having secured concessions from the Canadian government on vital issues relating to their pacifism, rejection of oaths, and desire to live communally, more than 7000 Doukhobors emigrated from the Transcaucasia region to present-day Saskatchewan in 1899.
From the start, there were divisions within the Doukhobor community around issues of accommodation to North American culture. Private property ownership and taking the oath of allegiance necessary for gaining title to land were particularly divisive. These internal divisions were aggravated by external social and political pressures. In 1907, all Doukhobor lands not conventionally acquired be thrown open to settlement. Many Doukhobors refused to file individually for their land or to take the oath of allegiance necessary to acquire a homestead. These individuals were dispossessed of their land. More than half of the Saskatchewan Doukhobors relocated to British Columbia. There they established several colonies and prospered. Success led to the creation of new communities, including the first Alberta colonies established in 1915 in the Cowley / Lundbreck area. Buoyed by a robust internal economy within the community that saw goods shipped between the colonies in the three western provinces, the Doukhobors continued to grow. The murder of the Doukhobor’s leader, Peter the Lordly Verigin, in 1924, the economic hardships of the Depression, internal fragmentation during the 1920s and 30s, and the suspicions and antagonism of some of Alberta’s political and social leaders devastated the community and led National Trust and the Sun Life Assurance Company to initiate foreclosure proceedings against Doukhobor communal assets in the three prairie provinces in order to secure a relatively small debt. This act effectively ended the Doukhobors ability to hold land communally.
The Doukhobor Prayer Home in Lundbreck is a remarkable building that embodies the tensions between the traditional and the modern, radicalism and accommodation, communalism and individualism, in Doukhobor culture, particularly after the devastating 1938 foreclosure. The prayer home is a simple structure constructed of modern materials and resembling a typical period community hall. Its lack of embellishment is consistent with the Doukhobors’ rejection of religious iconography, but the building lacks the meticulous, lively woodwork that distinguished earlier Doukhobor buildings and embodied the community’s commitment to sanctification through work. The interior space is separated by two banks of benches that divide men and women. As the earliest Doukhobors were largely illiterate and their worship services were devoted to the singing of hymns, there are few books present in the building. The wall features a number of documents – including documents registering the Doukhobors and their prayer home under state law, as well as several community certificates of achievement – that speak to the tendency of mid-century Doukhobors to engage the larger culture.
Maison de prière doukhobore
La maison de prière doukhobore est un simple bâtiment d’un étage revêtu de bardeaux d’amiante et coiffé d’un toit à pignon en métal. La maison de prière a été construite en 1954, et une cuisine a été ajoutée à l’arrière en 1983. Le bâtiment est situé sur trois lots dans le hameau de Lundbreck.
La valeur patrimoniale de la maison de prière doukhobore réside dans son statut de l’un des rares bâtiments doukhobors encore existants en Alberta et d’excellente incarnation de l’évolution historique de la communauté doukhobore de la province.
Né d’un mouvement de protestation contre le ritualisme et le matérialisme de l’Église orthodoxe russe, le doukhoborisme mettait l’accent sur la divinité inhérente de chaque personne comme principal guide vers l’épanouissement humain. Ainsi, les Doukhobors rejetaient sans équivoque le fait d’enlever la vie humaine. Persécutés par le gouvernement tsariste en raison de leur engagement radical envers le pacifisme, les Doukhobors ont cherché une nouvelle terre où vivre selon les préceptes de leur foi. Aidée financièrement et sur le plan organisationnel par le comte Léon Tolstoï et d’autres sympathisants, la communauté a obtenu du gouvernement russe la permission d’émigrer. Après avoir obtenu du gouvernement canadien des concessions sur des questions essentielles liées à leur pacifisme, à leur refus de prêter serment et à leur désir de vivre en communauté, plus de 7 000 Doukhobors ont émigré de la région de la Transcaucasie vers l’actuelle Saskatchewan en 1899.
Dès le départ, des divisions sont apparues au sein de la communauté doukhobore au sujet de l’adaptation à la culture nord-américaine. La propriété privée et la prestation du serment d’allégeance nécessaire à l’obtention d’un titre foncier étaient particulièrement source de discorde. Ces divisions internes ont été aggravées par des pressions sociales et politiques externes. En 1907, toutes les terres doukhobores qui n’avaient pas été acquises de manière conventionnelle furent ouvertes à la colonisation. De nombreux Doukhobors ont refusé de présenter une demande individuelle pour leur terre ou de prêter le serment d’allégeance nécessaire à l’acquisition d’un homestead. Ces personnes ont été dépossédées de leurs terres. Plus de la moitié des Doukhobors de la Saskatchewan se sont installés en Colombie-Britannique. Ils y ont établi plusieurs colonies et ont prospéré. Ce succès a mené à la création de nouvelles communautés, dont les premières colonies albertaines, établies en 1915 dans la région de Cowley et de Lundbreck. Portés par une solide économie interne qui voyait des marchandises expédiées entre les colonies des trois provinces de l’Ouest, les Doukhobors ont continué de croître. L’assassinat du chef des Doukhobors, Peter « le Seigneurial » Verigin, en 1924, les difficultés économiques de la Crise, la fragmentation interne au cours des années 1920 et 1930, ainsi que la méfiance et l’hostilité de certains dirigeants politiques et sociaux de l’Alberta ont dévasté la communauté et ont amené la National Trust et la Sun Life Assurance Company à entamer des procédures de saisie contre les biens communautaires doukhobors dans les trois provinces des Prairies afin de recouvrer une dette relativement modeste. Cette mesure a effectivement mis fin à la capacité des Doukhobors de détenir des terres en commun.
La maison de prière doukhobore de Lundbreck est un bâtiment remarquable qui incarne les tensions, dans la culture doukhobore, entre la tradition et la modernité, le radicalisme et l’adaptation, le communautarisme et l’individualisme, particulièrement après la saisie dévastatrice de 1938. La maison de prière est une structure simple construite de matériaux modernes et ressemblant à une salle communautaire typique de l’époque. Son absence d’ornementation est conforme au rejet de l’iconographie religieuse par les Doukhobors, mais le bâtiment n’a pas les boiseries minutieuses et vivantes qui distinguaient les bâtiments doukhobors antérieurs et qui incarnaient l’engagement de la communauté envers la sanctification par le travail. L’espace intérieur est séparé par deux rangées de bancs qui divisent les hommes et les femmes. Comme les premiers Doukhobors étaient en grande partie analphabètes et que leurs services religieux étaient consacrés au chant d’hymnes, il y a peu de livres dans le bâtiment. Le mur présente un certain nombre de documents – notamment des documents enregistrant les Doukhobors et leur maison de prière en vertu de la loi de l’État, ainsi que plusieurs certificats de réussite communautaires – qui témoignent de la tendance des Doukhobors du milieu du siècle à s’ouvrir à la culture dominante.