Contrecoeur Windmill
The Contrecoeur windmill, a classified archaeological property, is a flour mill built between 1742 and 1745. This fieldstone tower mill has three levels and is covered by a conical roof. It stands on a large lot along the St. Lawrence River, near its wide, flat banks, facing the îles de Contrecoeur. It is located in the town of Contrecoeur.
The heritage value of the Contrecoeur windmill lies in its historical interest. Built between 1742 and 1745 on the site of a first windmill erected in 1686 and demolished in 1695, this mill evokes the seigneurial system and certain disputes surrounding the exercise of the banal right. To stimulate the settlement of the colony, the seigneur was obliged to build a flour mill for his censitaires and, by virtue of the banal right, he alone could do so. In return, the censitaires had to have their grain ground there and pay the seigneur a fee. The construction of the Contrecoeur mill followed an ordinance issued in 1742 by Intendant Gilles Hocquart (1694-1783) in response to petitions from censitaires who had been without a mill for nearly fifty years. This ordinance obliged the co-seigneurs to fulfil their duty and granted the banal right to Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur (1705-1775), who undertook to build the mill within one year. Jean-Baptiste Martel, owner of the fief Saint-Antoine, contravened the banal right by erecting his own mill, but was overruled in 1757 by an ordinance of the Conseil souverain. The Contrecoeur mill, leased in 1762 to the miller Joseph Périgord, also recalls that these buildings were sometimes leased out in exchange for annual rents. The events surrounding the construction and operation of the Contrecoeur mill thus illustrate the socio-economic importance of the banal mill within the seigneuries.
The heritage value of the Contrecoeur windmill also lies in its representativeness of a type of industrial building, the flour mill. The first flour mills in the St. Lawrence Valley date back to the mid-17th century, when the seigneuries began to be settled. By the early 18th century, about one hundred mills (wind or water) were in operation. The most widespread type in New France was the tower mill, designed according to European traditions and in keeping with centuries-old technology. The Contrecoeur mill illustrates this type notably through its squat cylindrical tower, its three levels, its vertical or very slightly sloping outer wall and its conical roof. Originally, this roof rotated and was equipped, among other things, with sails made up of four or six arms. Driven by the wind, these sails transmitted energy to the millstone through a mechanism of which only the cog wheel, located on the third level, survives. The two doors are diametrically opposite and placed in line with the prevailing winds to ensure good ventilation. The flat, open site on the banks of the St. Lawrence River also made it possible to take advantage of the prevailing winds, in addition to being accessible to colonists who used the river as their main transportation route. Windmills disappeared during the first half of the 19th century owing to competition from water mills and the arrival of new industrial milling techniques, such as the use of the steam engine as a driving force, steel rollers replacing millstones, and the gradual reduction system. The Contrecoeur mill is therefore one of the rare surviving examples of a windmill in Québec.
Moulin à vent de Contrecoeur
Le moulin à vent de Contrecoeur, classé bien archéologique, est un moulin à farine construit entre 1742 et 1745. Ce moulin-tour en pierre des champs comporte trois niveaux et est coiffé d’un toit conique. Il s’élève sur un vaste terrain en bordure du fleuve Saint-Laurent, à proximité de ses larges berges au relief plat, en face des îles de Contrecoeur. Il se situe dans la ville de Contrecoeur.
La valeur patrimoniale du moulin à vent de Contrecoeur repose sur son intérêt historique. Construit entre 1742 et 1745, à l’emplacement d’un premier moulin à vent érigé en 1686 et démoli en 1695, ce moulin évoque le régime seigneurial et certains litiges qui ont entouré l’exercice du droit de banalité. Afin de stimuler le peuplement de la colonie, le seigneur est obligé de construire un moulin à farine pour ses censitaires et, en vertu du droit de banalité, il est le seul à pouvoir le faire. En contrepartie, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains et verser au seigneur une redevance. La construction du moulin de Contrecoeur fait suite à une ordonnance émise en 1742 par l’intendant Gilles Hocquart (1694-1783), en réponse aux requêtes des censitaires demeurés sans moulin durant près de cinquante ans. Cette ordonnance oblige les coseigneurs à honorer leur devoir et accorde le droit de banalité à Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur (1705-1775), qui s’engage à construire le moulin dans un délai d’un an. Jean-Baptiste Martel, propriétaire du fief Saint-Antoine, va à l’encontre du droit de banalité en érigeant son propre moulin, mais est désavoué en 1757 par une ordonnance du Conseil souverain. Le moulin de Contrecoeur, loué en 1762 au meunier Joseph Périgord, rappelle aussi que ces bâtiments étaient parfois affermés contre le paiement de rentes annuelles. Les événements entourant la construction et l’exploitation du moulin de Contrecoeur illustrent donc l’importance socioéconomique du moulin banal au sein des seigneuries.
La valeur patrimoniale du moulin à vent de Contrecoeur repose aussi sur sa représentativité par rapport à un type de bâtiment industriel, le moulin à farine. Les premiers moulins à farine de la vallée du Saint-Laurent remontent au milieu du XVIIe siècle, alors que les seigneuries commencent à se peupler. Au début du XVIIIe siècle, une centaine de moulins (à vent ou à eau) sont en activité. Le type le plus répandu en Nouvelle-France est le moulin-tour, conçu selon des traditions européennes et conforme à une technologie séculaire. Celui de Contrecoeur en est une illustration notamment par sa tour cylindrique trapue, ses trois niveaux, sa paroi extérieure verticale ou très faiblement inclinée ainsi que son toit conique. À l’origine, ce toit était pivotant et doté, entre autres, d’une hélice composée de quatre ou six pales. Actionnées par le vent, ces pales transmettaient l’énergie à la meule grâce à un mécanisme dont il ne subsiste que le rouet, situé au troisième niveau. Les deux portes sont diamétralement opposées et placées dans l’axe des vents dominants afin d’assurer une bonne aération. L’emplacement au relief plat et dégagé, aux abords du fleuve Saint-Laurent, permet également de tirer profit des vents dominants, en plus d’être accessible aux colons qui utilisent le fleuve comme principale voie de circulation. Les moulins à vent disparaissent au cours de la première moitié du XIXe siècle, en raison de la concurrence des moulins à eau et de l’arrivée de nouvelles techniques de mouture industrielle, telles que l’utilisation de la machine à vapeur comme force motrice, de rouleaux d’acier en remplacement des meules de pierre et du système de réduction graduelle. Le moulin de Contrecoeur constitue donc l’un des rares exemples de moulin à vent qui subsistent au Québec.