Archipel-de-Mingan Natural District
The Archipel-de-Mingan natural district, decreed in 1978, is a territory covering 106 square kilometres comprising a limestone formation of some fifty islands, islets, rocks, cays and reefs, as well as the maritime space around and between these components. The archipelago features spectacular geomorphological phenomena such as erosion monoliths, a highly diverse flora including some distinctive or rare species, and abundant fauna made up mainly of seabirds. These elements are distributed among six distinct terrestrial habitats, namely the shoreline, the cliff, the boreal forest, the peat bog, the heath and the lake, which in some cases are all present on a single island.
The archipelago runs along the north shore of the fleuve Saint-Laurent for about 90 kilometres, from Longue Pointe to the eastern end of baie Saint-Laurent. It faces Île d’Anticosti and straddles part of the territory of the municipality of Havre-Saint-Pierre and the municipality of Longue-Pointe-de-Mingan.
The district contains several archaeological sites listed in the Inventaire des sites archéologiques du Québec.
The heritage value of the Archipel-de-Mingan natural district lies in the exceptional interest of its landscape. The territory brings together a group of limestone islands, islets, rocks, cays and reefs which, with the ever-present sea, compose scenes that are sometimes unusual, sometimes picturesque. They have inspired stories and aroused the curiosity of scientists. As Brother Marie-Victorin (1885-1944) so aptly put it, “la Minganie est fille de l’eau” (Minganie is a daughter of the water). The archipelago illustrates 300 million years of erosion, the most remarkable results of which are the gigantic monoliths around the edges of the islands. They evoke familiar beings or objects, as their common name (flowerpots) or proper names (la Montagnaise, le Château, la Bonne Femme de Niapiskau, la Porte du Sauvage, le Petit Percé, la Grenouille, la Botte, etc.) recall. The six natural habitats support a flora that is exceptional for its diversity, originality and rarity, including the Mingan thistle. They also shelter abundant fauna, made up mainly of seabirds. The archipelago has been the subject of many stories, poems and songs. The authors who wrote about Minganie, notably Count Henry de Puyjalon (1840-1905), Placide Vigneau (1842-1926) and Roland Jomphe (1917-2003), shaped part of its legends and folklore. Today the archipelago attracts thousands of visitors who come to escape into the wild beauty of its landscapes.
The heritage value of the district also lies in its historical interest. The archipelago bears traces of at least two millennia of human exploitation. The first Amerindian occupants, attracted by its marine resources, are evoked by sites 2,000 to 300 years old scattered throughout the archipelago. Circular stone ovens used to render the blubber of marine mammals recall the seasonal stays of Basque whalers in the 16th and 17th centuries, as well as the more sporadic ones of Bretons and Normans. The remains of a trading post bear witness to the fur trade during the French Regime. Granted in 1679 to Louis Jolliet (circa 1645-1700) and Jacques de Lalande de Gayon, the seigneury of the îles et îlets de Mingan was also exploited for fishing and marine mammal hunting. After the Conquest (1760), these activities were taken up by businessmen and trading companies, including the Hudson’s Bay Company, owner of the archipelago from 1832 to 1973. This exploitation declined in the 1850s with the settlement of the north shore of the fleuve Saint-Laurent, notably by Acadians from the Îles de la Madeleine, who made use of the archipelago in various ways (winter harbour for schooners, construction timber and firewood, hay, etc.). To make navigation safer, lighthouses were built in 1888 and 1915. In addition, the coexistence of the Company and the inhabitants of the Côte-Nord is illustrated by the remains of a fox farm, houses and a commercial shellfish and lobster operation. Since the arrival of the mining industry in the 1950s, the archipelago has served as a resort area, and its resources are now exploited for recreational purposes by the inhabitants of the Côte-Nord.
Arrondissement naturel de l'Archipel-de-Mingan
L’arrondissement naturel de l’Archipel-de-Mingan, décrété en 1978, est un territoire d’une superficie de 106 kilomètres carrés comprenant une formation calcaire d’une cinquantaine d’îles, d’îlots, de rochers, de cayes et de récifs, ainsi que l’espace maritime autour et entre ces composantes. Cet archipel compte des phénomènes géomorphologiques spectaculaires tels que des monolithes d’érosion, une flore très diversifiée dont quelques espèces originales ou rares et une faune abondante surtout composée d’oiseaux marins. Ces éléments se répartissent en six habitats terrestres distincts, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac, qui sont dans certains cas tous présents sur une même île.
L’archipel longe la côte nord du fleuve Saint-Laurent sur environ 90 kilomètres, de la Longue Pointe jusqu’à l’extrémité est de la baie Saint-Laurent. Il fait face à l’île d’Anticosti et chevauche une partie du territoire de la municipalité de Havre-Saint-Pierre et de la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan.
L’arrondissement compte plusieurs sites archéologiques inscrits à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec.
La valeur patrimoniale de l’arrondissement naturel de l’Archipel-de-Mingan repose sur l’intérêt exceptionnel de son paysage. Ce territoire regroupe un ensemble d’îles, d’îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires qui composent avec la mer omniprésente des tableaux tantôt inusités, tantôt pittoresques. Ils ont inspiré des récits et ont suscité la curiosité des scientifiques. Comme le frère Marie-Victorin (1885-1944) a su si bien l’exprimer, « la Minganie est fille de l’eau ». L’archipel illustre 300 millions d’années d’érosion, dont les résultats les plus remarquables sont les gigantesques monolithes sur le pourtour des îles. Ils évoquent des êtres ou des objets familiers, tel que le rappelle leur nom commun (pots de fleurs) ou propre (la Montagnaise, le Château, la Bonne Femme de Niapiskau, la Porte du Sauvage, le Petit Percé, la Grenouille, la Botte, etc.). Les six habitats naturels accueillent une flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté, dont le chardon de la Minganie. Ils abritent aussi une faune abondante, surtout constituée d’oiseaux marins. L’archipel a fait l’objet de nombreux récits, poèmes et chansons. Les auteurs ayant écrit sur la Minganie, notamment le comte Henry de Puyjalon (1840-1905), Placide Vigneau (1842-1926) et Roland Jomphe (1917-2003), ont constitué une partie de ses légendes et de son folklore. L’archipel attire aujourd’hui des milliers de visiteurs venus s’évader dans la beauté sauvage de ses paysages.
La valeur patrimoniale de l’arrondissement repose aussi sur son intérêt historique. L’archipel porte les traces d’au moins deux millénaires d’exploitation humaine. Les premiers occupants amérindiens, attirés par ses ressources marines, sont évoqués dans des sites vieux de 2 000 à 300 ans disséminés dans l’archipel. Des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins rappellent quant à eux les séjours saisonniers effectués par les baleiniers basques aux XVIe et XVIIe siècles ainsi que ceux, plus sporadiques, des Bretons et des Normands. Les vestiges d’un poste de traite témoignent pour leur part du commerce des fourrures durant le Régime français. Concédée en 1679 à Louis Jolliet (vers 1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon, la seigneurie des îles et îlets de Mingan est exploitée aussi pour la pêche et la chasse aux mammifères marins. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d’affaires et des compagnies marchandes, dont la Compagnie de la Baie d’Hudson, propriétaire de l’archipel de 1832 à 1973. Cette exploitation s’amenuise dans les années 1850 avec la colonisation de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, notamment par des Acadiens des îles de la Madeleine, qui profitent de l’archipel de différentes manières (havre hivernal pour les goélettes, bois de construction et de chauffage, foin, etc.). Dans le but de sécuriser la navigation, des phares sont construits en 1888 et en 1915. Par ailleurs, la coexistence de la Compagnie et des habitants de la Côte-Nord est illustrée par les vestiges d’une renardière, de maisons et d’une exploitation commerciale de mollusques et de homards. Depuis l’arrivée de l’industrie minière dans les années 1950, l’archipel sert de lieu de villégiature, et ses ressources sont désormais exploitées à des fins de loisir par les habitants de la Côte-Nord.