Portage Mill
The moulin du Portage, classified in 1964, is a stone water mill erected between 1815 and 1817 and rebuilt from the masonry shell preserved after a fire in 1988. This long, rectangular, two-and-a-half-storey building is topped by a hip roof. The designation also includes the land. The mill is located in a deep valley, on a loop of a meander of the rivière du Chêne, in the municipality of Lotbinière. Hidden by a grove, it is connected to the public road by a small lane. An archaeological site is associated with the place.
The heritage value of the moulin du Portage lies in its integration into its surroundings. As early as the 19th century, the successive millers described the place as a “true paradise” abounding in fish and game. Even today, the moulin du Portage is known for the beauty of its site. The building nestles in the hollow of a valley, on a parcel of land shaped by a meander of the rivière du Chêne that forms a peninsula bordered by a cliff on the opposite bank. Lush vegetation surrounds the building.
The heritage value of the moulin du Portage further lies in its historical interest. This mill is called “banal” (seigneurial), because the seigneurial system obliged seigneurs to build a mill for their censitaires, who had to have their grain ground there and pay a milling fee in return, known as the droit de banalité. Together with the manor house and the church, this establishment formed the core of the seigneury in the 18th and 19th centuries. Built between 1815 and 1817, the moulin du Portage is the second mill of the seigneury of Lotbinière, which was then owned by Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière (1748-1822), the fourth seigneur of the place. The moulin du Domaine, built in 1799 and located farther east, already served his seigneury, but the reduced flow of the stream that powered it affected its productivity during the summer. Throughout the 19th century, the millers of Lotbinière lived in and operated the Domaine and Portage mills, despite persistent water supply problems. The two Lotbinière mills, both classified, still bear witness today to the history of this seigneury and to an important socio-economic activity associated with the seigneurial system.
The heritage value of the moulin du Portage also lies in its representativeness of a type of industrial building. A flour mill can be powered by wind or by water, as is the case for the moulin du Portage. With its rectangular plan, its two and a half storeys and its walls of fieldstone set in mortar, this mill is typical of Québec water mills. It is distinguished, however, by its very elongated volume.
Moulin du Portage
Le moulin du Portage, classé en 1964, est un moulin à eau de pierre érigé entre 1815 et 1817 et reconstruit à partir du carré de maçonnerie préservé après un incendie survenu en 1988. Ce long bâtiment de plan rectangulaire, à deux étages et demi, est coiffé d’un toit à croupes. La désignation inclut également le terrain. Le moulin est situé dans une vallée encaissée, sur la boucle d’un méandre de la rivière du Chêne, dans la municipalité de Lotbinière. Caché par un bosquet, il est relié à la voie publique par un petit chemin. Un site archéologique est associé au lieu.
La valeur patrimoniale du moulin du Portage repose sur l’intégration à son environnement. Déjà au XIXe siècle, les meuniers qui s’y succèdent dépeignent l’endroit comme un « véritable paradis » où abondent poisson et gibier. Encore aujourd’hui, le moulin du Portage est reconnu pour la beauté de son site. Le bâtiment est blotti au creux d’une vallée, sur une parcelle de terre modelée par un méandre de la rivière du Chêne qui forme une presqu’île bordée, sur l’autre rive, par une falaise. Une végétation foisonnante entoure le bâtiment.
La valeur patrimoniale du moulin du Portage repose en outre sur son intérêt historique. Ce moulin est dit « banal », car le régime seigneurial impose aux seigneurs l’obligation de construire un moulin pour leurs censitaires, qui doivent y faire moudre leur grain et payer en retour un droit de mouture, nommé droit de banalité. Avec le manoir et l’église, cet établissement constitue le noyau de la seigneurie aux XVIIIe et XIXe siècles. Construit entre 1815 à 1817, le moulin du Portage est le second moulin de la seigneurie de Lotbinière, qui est alors la propriété de Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière (1748-1822), quatrième seigneur des lieux. Le moulin du Domaine, bâti en 1799 et situé plus à l’est, dessert déjà sa seigneurie, mais la diminution du débit du ruisseau qui l’alimente affecte sa productivité durant l’été. Tout au long du XIXe siècle, les meuniers de Lotbinière habitent et exploitent les moulins du Domaine et du Portage, en dépit des problèmes persistants d’alimentation en eau. Les deux moulins de Lotbinière, qui sont classés, témoignent encore aujourd’hui de l’histoire de cette seigneurie et d’une activité socioéconomique importante associée au régime seigneurial.
La valeur patrimoniale du moulin du Portage repose aussi sur sa représentativité par rapport à un type de bâtiment industriel. Le moulin à farine peut être actionné par la force du vent ou par celle de l’eau, comme c’est le cas pour le moulin du Portage. Par son plan rectangulaire, ses deux étages et demi et ses murs en pierre des champs noyée dans le mortier, ce moulin est typique des moulins à eau québécois. Il se distingue cependant par son volume très allongé.