Michel Mill
The Michel mill, a classified historic monument, is a water-powered flour mill built in 1774. The imposing one-and-a-half-storey stone building with a rectangular plan is topped by a straight-pitched gable roof. A wooden annex projects from the rear façade. The Michel mill stands on a large landscaped lot, alongside a bend in the rivière du Moulin. It is set back from Route 132, in the city of Bécancour.
The heritage value of the Michel mill lies in its historical interest as a witness to the seigneurial system. To stimulate the settlement of the colony, the seigneur was obliged to build a flour mill for his censitaires and, under the banal right, he alone could do so. In return, the censitaires had to have their grain ground there, paying the seigneur a fee. Despite two ordinances issued by Intendant Gilles Hocquart (1694-1783), the seigneuress of Gentilly, Élisabeth Disy (born in 1695), widow of seigneur François Poisson (1692-1729), did not fulfil this duty. In 1739, the intendant authorized a censitaire, François Rivard dit Lavigne (died around 1769), to build a mill at his own expense and to collect the milling fees. This first mill was built between 1739 and 1769. Destroyed by fire in 1773, it was subsequently acquired by the new seigneur of Gentilly, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (1721-1797), son of the officer and king’s engineer in New France of the same name. Chaussegros de Léry had a mill rebuilt on the same site in 1774, and it remained the property of his descendants until 1860. The Michel mill is therefore closely linked to the history of the seigneury of Gentilly, but also to that of the city of Bécancour, since it would serve the population until 1972, before becoming an interpretation centre.
The heritage value of the Michel mill also lies in its representativeness as a water-powered flour mill. Under the seigneurial system, the water mills of the St. Lawrence Valley had similar characteristics with regard to their plan, volume and interior layout. The Michel mill is a French-inspired stone building with a rectangular plan, a one-and-a-half-storey elevation, a low foundation, a straight-pitched gable roof covered with cedar shingles and asymmetrically distributed openings. A door in the gable wall gives access to the part of the attic used for grain storage. The other section contains the miller’s lodging, lit by dormers; it was occupied until the early 1980s by the mill’s last miller.
The heritage value of the Michel mill further lies in its ethnological interest. Powered by the water of the rivière du Moulin by means of a dam and an underground headrace, it bears witness to the evolution of the mechanisms of traditional water mills. The building originally included a grain storage and cleaning room as well as a room reserved for the mechanisms (gears, millstones, bolter, crane), both located on the ground floor. The millstone room, which housed the large bucket wheel, was located on the upper floor. Around 1920, the mechanisms were modernized, notably by replacing the large wheel with a cast-iron turbine. Made operational again in 1988, the mill contains the mechanisms dating from 1920, but has nevertheless retained traditional elements such as the millstone, the bolter, the hopper and the crane. It thus bears witness to a transitional phase that reveals an attempt to adapt and a will to survive in the face of ever-increasing mechanization of production.
The heritage value of the mill also lies in its integration into its environment. It stands near the rivière du Moulin, on a large wooded lot at the foot of a small hill. Still supplied by a dam and an underground headrace, the mill and its outbuildings (shed, bread oven) form a harmonious architectural ensemble.
Moulin Michel
Le moulin Michel, classé monument historique, est un moulin à farine mû par la force hydraulique érigé en 1774. L’imposant bâtiment en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants droits. Une annexe en bois fait saillie sur la façade arrière. Le moulin Michel est situé sur un vaste terrain paysager, en bordure d’un méandre de la rivière du Moulin. Il est implanté en retrait de la route 132, dans la ville de Bécancour.
La valeur patrimoniale du moulin Michel repose sur son intérêt historique en tant que témoin du régime seigneurial. Afin de stimuler le peuplement de la colonie, le seigneur est obligé de construire un moulin à farine pour ses censitaires et, en vertu du droit de banalité, il est le seul à pouvoir le faire. En contrepartie, les censitaires doivent y faire moudre leurs grains en versant au seigneur une redevance. Malgré deux ordonnances émises par l’intendant Gilles Hocquart (1694-1783), la seigneuresse de Gentilly, Élisabeth Disy (née en 1695), veuve du seigneur François Poisson (1692-1729), ne remplit pas ce devoir. En 1739, l’intendant autorise un censitaire, François Rivard dit Lavigne (mort vers 1769), à construire un moulin à ses frais et dépens et à percevoir les droits de mouture. Ce premier moulin est érigé entre 1739 et 1769. Incendié en 1773, il est acquis par la suite par le nouveau seigneur de Gentilly, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (1721-1797), fils de l’officier et ingénieur du roi en Nouvelle-France du même nom. Chaussegros de Léry fait reconstruire un moulin au même emplacement en 1774, et celui-ci demeure la propriété de ses descendants jusqu’en 1860. Le moulin Michel est donc étroitement lié à l’histoire de la seigneurie de Gentilly, mais également à celle de la ville de Bécancour puisqu’il desservira la population jusqu’en 1972, avant de devenir un centre d’interprétation.
La valeur patrimoniale du moulin Michel repose aussi sur sa représentativité en tant que moulin à eau à farine. Au cours du régime seigneurial, les moulins à eau de la vallée du Saint-Laurent possèdent des caractéristiques semblables en ce qui a trait à leur plan, leur volume et leur aménagement intérieur. Le moulin Michel est un bâtiment d’inspiration française en pierre qui présente un plan rectangulaire, une élévation d’un étage et demi, un solage peu dégagé, un toit à deux versants droits en bardeaux de cèdre et des ouvertures distribuées de façon asymétrique. Une porte aménagée dans le mur pignon donne accès à la partie des combles destinée à l’entreposage des grains. Quant à l’autre section, elle comprend le logement du meunier, éclairé par des lucarnes; celui-ci a été occupé jusqu’au début des années 1980 par le dernier meunier du moulin.
La valeur patrimoniale du moulin Michel repose en outre sur son intérêt ethnologique. Mû par la force hydraulique de la rivière du Moulin grâce à un barrage et un canal souterrain d’amenée d’eau, il témoigne de l’évolution des mécanismes des moulins à eau traditionnels. Le bâtiment comprenait à l’origine une salle d’entreposage et de nettoyage du grain ainsi qu’une salle réservée aux mécanismes (engrenages, meules, bluteau, potence), lesquelles étaient situées au rez-de-chaussée. La chambre des meules, qui abritait la grande roue à godets, était pour sa part aménagée à l’étage. Vers 1920, les mécanismes sont modernisés, notamment par le remplacement de la grande roue par une turbine en fonte. Redevenu fonctionnel en 1988, le moulin comprend les mécanismes datant de 1920, mais a toutefois conservé des éléments traditionnels comme la meule en pierre, le bluteau, la trémie et la potence. Il témoigne ainsi d’une phase de transition qui révèle une tentative d’adaptation et une volonté de survie face à une mécanisation toujours plus poussée de la production.
La valeur patrimoniale du moulin repose également sur l’intégration à son environnement. Il est implanté à proximité de la rivière du Moulin, sur un vaste terrain boisé situé au pied d’une petite colline. Encore alimenté par un barrage ainsi qu’un canal souterrain d’amenée d’eau, le moulin et ses dépendances (remise, four à pain) forment un ensemble architectural harmonieux.