Gesù Church
The Gesù Church, a recognized historic monument, is a former conventual chapel built in 1864 and 1865. The grey stone building has a Latin-cross plan consisting of a three-aisled nave, a transept and a polygonal apse. Side aisles flank the nave and the transept, while lean-to side chapels are set against the aisles of the nave. The Renaissance-inspired façade has two storeys on a basement and is crowned by a triangular pediment pierced by a niche holding a statue. It is flanked by two towers set symmetrically on the diagonal. The sacristy surrounds the apse. Rectangular in plan and one storey high, it is topped by a mansard roof. The church stands on a steeply sloping site, between rue Sainte-Catherine and rue René-Lévesque, in a dense urban setting. It is located in the borough of Ville-Marie in the city of Montréal. A site listed in the Inventaire des sites archéologiques du Québec is associated with it.
The heritage value of the Gesù Church lies in the originality and homogeneity of its interior decoration. The painted decoration is one of the first grisaille trompe-l’oeil schemes to adorn a Québec church; it was executed by the New York-born artist Daniel Müller. These frescoes are copies of works by the great masters of the German School that illustrate a typically Jesuit iconographic program, namely the life of Christ. They cover all of the architectural elements, such as the pilasters, arches and panels, and use hues imitating stone (grey, pink sand, pale beige and dark brown). It is one of the finest trompe-l’oeil decorative schemes on plaster in Québec. The sculpted decoration that completes it includes, among other things, the maple high altar as well as the sixteen altars of the side chapels and the eight confessionals. This furniture was executed by A.-J. Pigeon, as was the magnificent marquetry parquet floor of the choir, made of six species of wood (maple, oak, walnut, mahogany, ebony and cedar). In addition, the firm Champigneulle et Fils of Paris and the Royal Bavarian Art Institute for Stained Glass of Munich, Germany, made the two signed stained-glass windows. These Renaissance-inspired decorative elements form a homogeneous whole of exceptional quality.
The heritage value of the Gesù Church also lies in its representativeness as a 19th-century religious building in the Renaissance spirit. The place of worship was built at the request of Mgr Ignace Bourget (1799-1885), Bishop of Montréal, who wanted a Catholic church that would stand apart from the Neo-Gothic churches then very widespread. Patrick C. Keely (1816-1896), an Irish-born architect settled in Brooklyn, drew up the plans. The Renaissance influence is expressed notably in the façade divided into three registers and crowned by a triangular pediment pierced by a niche, the portal composed of three round arches, the rusticated stone basement (pierced by an entrance giving access to the auditorium and flanked by staircases), and the three windows surmounted by a segmental pediment and set within an arcade. The building is thus one of the first churches in Québec to belong to the Neo-Renaissance movement.
The heritage value of the Gesù Church further lies in its historical interest. The place of worship, which bears the name of the mother church of the Society of Jesus in Rome (1568-1584), bears witness to the return of the Jesuits to Québec in the mid-19th century. The members of the Society of Jesus, who had disappeared from the colony since 1800 after being forbidden to recruit new members, returned to Montréal in 1842 under the protection of Mgr Bourget. Their mission was to teach young boys, and they had the Collège Sainte-Marie built. The Gesù Church was originally a collegiate chapel, serving the students and the Jesuit fathers, as well as a public chapel. It thus recalls the role played by the community in Montréal. Moreover, the auditorium set up in the basement at the time of construction has hosted, and continues to host, performances and cultural events. From the 1930s onward, professional companies that played an important role in the history of Québec theatre, such as Les Compagnons de Saint-Laurent, performed there. The Théâtre du Nouveau Monde also gave its first performances there in the 1950s. It is therefore a significant place in the history of Québec, as much for worship as for culture.
Église du Gesù
L’église du Gesù, reconnue monument historique, est une ancienne chapelle conventuelle construite en 1864 et 1865. L’édifice en pierre grise présente un plan en croix latine composé d’une nef à trois vaisseaux, d’un transept et d’une abside polygonale. Des bas-côtés encadrent la nef et le transept, tandis que des chapelles latérales en appentis sont adossées aux bas-côtés de la nef. La façade, inspirée de la Renaissance, comporte deux étages sur un soubassement et est couronnée d’un fronton triangulaire percé d’une niche recevant une statue. Elle est flanquée de deux tours disposées symétriquement en diagonale. La sacristie entoure l’abside. De plan rectangulaire à un étage, elle est coiffée d’un toit mansardé. L’église s’élève sur un terrain à forte dénivellation, entre les rues Sainte-Catherine et René-Lévesque, dans un milieu urbain dense. Elle se situe dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal. Un site inscrit à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec lui est associé.
La valeur patrimoniale de l’église du Gesù repose sur l’originalité et l’homogénéité de son décor intérieur. Le décor peint constitue l’un des premiers trompe-l’oeil en grisaille ornant une église québécoise; il a été réalisé par l’artiste d’origine new-yorkaise Daniel Müller. Ces fresques sont des copies d’oeuvres des grands maîtres de l’École allemande qui illustrent un programme iconographique typiquement jésuite, soit la vie du Christ. Elles couvrent l’ensemble des éléments architecturaux, comme les pilastres, les arcs et les panneaux, et empruntent des teintes imitant la pierre (gris, sable rose, beige pâle et brun foncé). Il s’agit de l’un des plus beaux décors en trompe-l’oeil sur plâtre au Québec. Le décor sculpté qui le complète comprend entre autres le maître-autel en érable de même que les seize autels des chapelles latérales et les huit confessionnaux. Ce mobilier a été exécuté par A.-J. Pigeon, tout comme le magnifique parquet en marqueterie du choeur composé de six essences de bois (érable, chêne, noyer, acajou, ébène et cèdre). Par ailleurs, la maison Champigneulle et Fils de Paris et le Royal Bavarian Art Institute for Stained Glass de Munich en Allemagne ont fabriqué les deux vitraux signés. Ces éléments du décor, inspirés de la Renaissance, forment un ensemble homogène d’une qualité exceptionnelle.
La valeur patrimoniale de l’église du Gesù repose aussi sur sa représentativité en tant qu’édifice religieux du XIXe siècle d’esprit Renaissance. Le lieu de culte a été édifié à la demande de Mgr Ignace Bourget (1799-1885), évêque de Montréal, qui désire un temple catholique se démarquant des églises néogothiques alors très répandues. Patrick C. Keely (1816-1896), architecte d’origine irlandaise installé à Brooklyn, en a dessiné les plans. L’influence Renaissance se traduit notamment par la façade divisée en trois registres et couronnée d’un fronton triangulaire percé d’une niche, le portail composé de trois arcs cintrés, le soubassement en pierre à bossages (percé d’une entrée donnant accès à l’auditorium et flanqué d’escaliers) ainsi que les trois fenêtres surmontées d’un fronton cintré et inscrites dans une arcade. L’édifice est ainsi l’une des premières églises du Québec à s’inscrire dans le courant néo-Renaissance.
La valeur patrimoniale de l’église du Gesù repose également sur son intérêt historique. Le lieu de culte, qui porte le nom de l’église mère de la Compagnie de Jésus à Rome (1568-1584), témoigne du retour des Jésuites au Québec au milieu du XIXe siècle. Les membres de la Compagnie de Jésus, disparus de la colonie depuis 1800 après s’être vu interdire le recrutement de nouveaux membres, reviennent à Montréal en 1842 sous la protection de Mgr Bourget. Ils ont pour mission d’enseigner aux jeunes garçons et font construire le collège Sainte-Marie. L’église du Gesù était à l’origine une chapelle collégiale, servant aux élèves et aux pères jésuites, ainsi qu’une chapelle publique. Elle rappelle ainsi le rôle joué par la communauté à Montréal. De plus, l’auditorium aménagé au sous-sol dès la construction a accueilli et accueille des spectacles et des événements culturels. À partir des années 1930, des troupes professionnelles ayant joué un rôle important dans l’histoire du théâtre québécois, comme Les Compagnons de Saint-Laurent, s’y produisent. Le Théâtre du Nouveau Monde y a également fait ses premières représentations dans les années 1950. Il s’agit donc d’un lieu d’importance, tout autant cultuel que culturel, dans l’histoire du Québec.