Former Courthouse – Amos
The former courthouse, a cited historic monument, is a Beaux-Arts institutional building constructed in 1921 and 1922 and enlarged in 1939 and 1940. The building consists of two rectangular brick and stone wings forming a T-shaped plan. The main wing has two storeys and is topped by a flat roof. Its façade features a monumental portico framed by two projecting bays. The rear wing, for its part, has a low-pitched gable roof with straight slopes. The former courthouse stands on a large landscaped lot in Amos.
The heritage value of the former courthouse lies in its interest for the history of Québec’s judicial institutions in the early 20th century. The Judicature Act, drafted by George-Étienne Cartier (1814-1873) and assented to in 1857, divided Canada East into 21 judicial districts and confirmed the system of so-called superior courts, for criminal cases, and so-called inferior courts, for civil cases. The superior courts sat in district courthouses, while the inferior courts, including the Circuit Court, sat in county courthouses. Within this system, the inferior courts played an important role in decentralizing justice. The role of county courthouses declined from 1922 onward, notably because of the creation of the District Magistrate’s Court, to the benefit of district courthouses. The former courthouse was built in 1921 and 1922, when the new district of Abitibi was created with Amos as its chief town. As such, it bears witness to the recentralization of the judicial system that took place in Québec at that time.
The heritage value of the former courthouse also lies in its architectural interest. The building belongs to the Beaux-Arts tradition. This style, derived from the teaching of the École des beaux-arts in Paris, was frequently used for the construction of public buildings in Québec and North America during the first quarter of the 20th century. The public bath and gymnasium and the city hall of Maisonneuve, later annexed to Montréal, are among the most accomplished examples of this movement in Québec. Beaux-Arts architecture makes abundant use of the classical vocabulary, but shows a particular interest in modernity, expressed notably in the materials used and the method of construction. The basic principles upheld by this architecture are clarity of plan, balanced proportions and character, that is, a dignified representation of the building’s function and importance in its surroundings. The former courthouse illustrates Beaux-Arts architecture through the tripartite horizontal composition of its façade, with its base, principal storeys and crowning element, the use of classical ornaments on the portico and the presence of the flat roof. The government architect, Georges Saint-Michel, adopted the Beaux-Arts style to convey a reassuring image of justice and of the institutions of public administration. It evokes the permanence and democratic nature of justice in Québec as well as the prosperity of the province.
Ancien palais de justice – Amos
L’ancien palais de justice, cité monument historique, est un édifice institutionnel de style Beaux-Arts construit en 1921 et 1922 et agrandi en 1939 et 1940. Cet immeuble se compose de deux ailes rectangulaires en brique et en pierre, formant un plan en « T ». L’aile principale compte deux étages et est coiffée d’un toit plat. Sa façade est munie d’un portique monumental encadré par deux avant-corps. L’aile arrière possède, quant à elle, un toit à deux versants droits à faible pente. L’ancien palais de justice est situé sur un vaste terrain paysager à Amos.
La valeur patrimoniale de l’ancien palais de justice repose sur son intérêt pour l’histoire des institutions judiciaires du Québec au début du XXe siècle. L’Acte de judicature, préparé par George-Étienne Cartier (1814-1873) et sanctionné en 1857, divise le Canada-Est en 21 districts judiciaires et confirme le système des cours dites supérieures, pour les causes criminelles, et des cours dites inférieures, pour les causes civiles. Les tribunaux supérieurs siègent dans les palais de justice de district alors que les tribunaux inférieurs, dont la Cour de circuit, siègent dans les palais de justice de comté. Dans ce système, les tribunaux inférieurs jouent un rôle important dans la décentralisation de la justice. La fonction des palais de justice de comté décline à partir de 1922, en raison notamment de la création de la Cour de magistrat de district, au profit des palais de justice de district. L’ancien palais de justice est érigé en 1921 et 1922, lors de la création du nouveau district de l’Abitibi dont Amos est le chef-lieu. Il constitue à ce titre un témoin de la recentralisation du système judiciaire qui survient au Québec à cette époque.
La valeur patrimoniale de l’ancien palais de justice repose en outre sur son intérêt architectural. L’édifice s’inscrit dans la tradition Beaux-Arts. Ce style, dérivé de l’enseignement de l’École des beaux-arts de Paris, est fréquemment utilisé pour la construction d’édifices publics au Québec et en Amérique du Nord durant le premier quart du XXe siècle. Le bain public et le gymnase ainsi que l’hôtel de ville de Maisonneuve, annexée par la suite à Montréal, constituent quelques-uns des exemples les plus achevés de ce courant au Québec. L’architecture Beaux-Arts utilise abondamment le vocabulaire classique, mais affirme un intérêt particulier pour la modernité qui se traduit notamment dans les matériaux utilisés et le mode de construction. Les principes de base défendus par cette architecture sont la clarté du plan, l’équilibre des proportions et le caractère, c’est-à-dire une digne représentation de la fonction et de l’importance du bâtiment dans son environnement. L’ancien palais de justice est une illustration de l’architecture Beaux-Arts, par la composition horizontale tripartite de sa façade, avec son soubassement, ses étages nobles et son couronnement, l’utilisation d’ornements classiques pour le portique ainsi que la présence du toit en terrasse. L’architecte du gouvernement, Georges Saint-Michel, adopte le style Beaux-Arts afin de véhiculer une conception rassurante de la justice et des institutions de l’administration publique. Il évoque la pérennité et l’aspect démocratique de la justice au Québec ainsi que la prospérité de la province.