Carrollcroft House
Carrollcroft, a cited historic monument, is a grey granite residence built in 1858 and 1859. It has a rectangular plan and a two-and-a-half-storey elevation. The house is topped by a low-pitched gable roof with a central front gable. An open porch surmounted by a balcony adorns the front. A sunroom stands against the south side wall. A stone annex, itself extended by two wooden annexes, is attached perpendicular to the rear wall. Carrollcroft is set slightly back from the main thoroughfare of the village core, on a landscaped lot. It is located near several buildings of heritage interest, in the town of Stanstead.
The heritage value of Carrollcroft lies in its association with the Colby family, which left a strong mark on the history of the Stanstead region from the second third of the 19th century onward. Moses French Colby (1795-1863), a native of New Hampshire who had settled in Derby, Vermont, passed the examination of the Board of Medical Examiners for the District of Québec. He settled in Stanstead Plain in 1832 with his wife Lemira Strong (1806-1889). A physician and cattle breeder, Colby also became involved in politics and was elected member for the county of Stanstead in 1837. From the 1850s onward, increasingly ill, he entrusted his affairs to his sons Charles Carroll (1827-1907) and William Benton (1833-1884). The father financed the construction of the residence designed by Charles Carroll and built in 1858 and 1859. The families of Moses French Colby and his two sons shared the house for several years. The Colbys had to part with the house in 1872 because of financial problems. Charles Carroll Colby became its owner again in 1887. It was at this time that the residence was named Carrollcroft. The wooden annex with its own entrance dates from the time when John Child (1873-1926), Charles Carroll’s younger son, settled at Carrollcroft with his wife Mary Spafford Williams (1877-1921). A physician, John Child Colby used this annex as a consulting office. The residence was lived in by the heirs of the Colby family until 1992. That year, the last occupant, Helen Colby, donated the house and all its furnishings to the Stanstead Historical Society, which set up a museum there. The building stands on a large landscaped lot in the heart of the village core. Its large size and its prestigious location, near churches, renowned institutions and other homes of notables, recall the privileged social status of the owner-builders.
The heritage value of Carrollcroft also lies in its architectural interest. It bears witness to the influence of Italianate architecture on the design of affluent residences in the mid-19th century. During the first third of the 19th century, certain English architects, including Sir Charles Barry (1795-1860) and John Nash (1752-1835), designed large residences. For this purpose, they drew inspiration from the vast mansions and palaces built in Italy during the Renaissance. These Italianate villas were also popular in the United States, where models were disseminated by catalogue. In Québec, this style was also favoured by the well-to-do, particularly between 1840 and 1870. To design Carrollcroft, Charles Carroll Colby may have drawn inspiration from residences he saw while studying law at Dartmouth College in Hanover, New Hampshire. Carrollcroft may also have been developed from a model by the American author Andrew Jackson Downing (1815-1852). Many Italian-inspired homes are characterized by an irregular plan complemented by a tower. Carrollcroft belongs instead to a model close to classical architecture through its symmetry. It displays several elements very common in this architectural type, including paired round-headed windows, pediments, the central open porch and the balconies. It is also adorned with numerous regularly spaced brackets; in the United States, these elements gave rise to the name “bracketed style”. Carrollcroft therefore bears witness to the influence of American models on the architecture of this border region.
Maison Carrollcroft
La maison Carrollcroft, citée monument historique, est une résidence en granit gris construite en 1858 et 1859. Elle présente un plan rectangulaire ainsi qu’une élévation de deux étages et demi. La maison est coiffée d’un toit à deux versants droits à pente faible doté d’un pignon central en façade. Un porche ouvert surmonté d’un balcon orne le devant. Un solarium est adossé au mur latéral sud. Une annexe en pierre, elle-même prolongée par deux annexes en bois, est accolée perpendiculairement au mur arrière. La maison Carrollcroft est implantée légèrement en retrait de l’artère principale du noyau villageois, sur un terrain paysager. Elle est située à proximité de plusieurs bâtiments d’intérêt patrimonial, dans la ville de Stanstead.
La valeur patrimoniale de la maison Carrollcroft repose sur son association avec la famille Colby. Celle-ci marque fortement l’histoire de la région de Stanstead à partir du deuxième tiers du XIXe siècle. Moses French Colby (1795-1863), originaire du New Hampshire et établi à Derby, au Vermont, réussit l’examen du Bureau d’examinateurs en médecine du district de Québec. Il s’établit à Stanstead Plain en 1832 avec son épouse Lemira Strong (1806-1889). Médecin et éleveur de bétail, Colby s’engage aussi en politique et est élu député du comté de Stanstead en 1837. À partir des années 1850, de plus en plus malade, il confie ses affaires à ses fils Charles Carroll (1827-1907) et William Benton (1833-1884). Le père finance la construction de la résidence conçue par Charles Carroll, et bâtie en 1858 et 1859. Les familles de Moses French Colby et de ses deux fils partagent la demeure pendant plusieurs années. Les Colby doivent se départir de la maison en 1872 en raison de problèmes financiers. Charles Carroll Colby en redevient propriétaire en 1887. C’est à cette époque que la résidence est nommée Carrollcroft. L’annexe en bois dotée de sa propre entrée date de l’époque où John Child (1873-1926), le fils cadet de Charles Carroll, s’installe à Carrollcroft avec son épouse Mary Spafford Williams (1877-1921). Médecin, John Child Colby utilise cette annexe comme cabinet de consultation. La résidence est habitée par les héritiers de la famille Colby jusqu’en 1992. Cette année-là, la dernière occupante des lieux, Helen Colby, fait don de la maison et de tous les biens mobiliers qui s’y trouvent à la Société historique de Stanstead; celle-ci y aménage un musée. Le bâtiment est implanté sur un vaste terrain paysager situé au coeur du noyau villageois. Ses grandes dimensions et son emplacement prestigieux, à proximité d’églises, d’institutions réputées et d’autres demeures de notables, rappellent le statut social privilégié des propriétaires constructeurs.
La valeur patrimoniale de la maison Carrollcroft repose aussi sur son intérêt architectural. Elle témoigne de l’influence de l’architecture de style italianisant dans la conception de résidences cossues, au milieu du XIXe siècle. Au cours du premier tiers du XIXe siècle, certains architectes anglais, dont sir Charles Barry (1795-1860) et John Nash (1752-1835) conçoivent de grandes résidences. À cette fin, ils s’inspirent des vastes demeures et des palais construits en Italie au cours de la Renaissance. Ces villas de style italianisant sont également populaires aux États-Unis, où des modèles sont diffusés par catalogue. Au Québec, ce style est aussi prisé par la classe aisée, particulièrement entre 1840 et 1870. Pour concevoir la maison Carrollcroft, Charles Carroll Colby s’est peut-être inspiré de résidences aperçues lors de ses études en droit au Dartmouth College, à Hanover, au New Hampshire. Carrollcroft est peut-être aussi élaborée d’après un modèle de l’auteur étatsunien Andrew Jackson Downing (1815-1852). Plusieurs demeures d’inspiration italienne se caractérisent par un plan irrégulier complété d’une tour. La maison Carrollcroft se rattache plutôt à un modèle proche de l’architecture classique par son caractère symétrique. Elle présente plusieurs éléments très répandus dans ce type architectural, dont les fenêtres cintrées jumelées, les frontons, le porche ouvert central et les balcons. Elle est également ornée de nombreuses consoles disposées régulièrement; aux États-Unis, ces éléments suggèrent le nom de « bracketed style ». La maison Carrollcroft témoigne donc de l’influence de modèles étatsuniens sur l’architecture de cette région frontalière.