Canada Life Building
The Canada Life Building, a classified historic monument, is a Neo-Renaissance skyscraper used for commercial and service purposes, erected in 1894 and 1895. The steel-framed, stone-clad building on an irregular plan, which occupies the entire lot, has eight storeys and is topped by a flat roof. The gentle slope of the site exposes additional storeys at the rear. The tower is divided into five horizontal registers clearly separated by cornices. The height of the registers decreases as the building rises, while their ornamentation becomes more restrained. The Canada Life Building stands at the corner of rue Saint-Jacques and rue Saint-Pierre, in a dense urban setting, within the Montréal historic district.
The heritage value of the Canada Life Building lies in the interest of its construction technique, the metal frame. The building has the first frame of this type in Québec, and perhaps in Canada. This technique was first used for the construction of buildings in Chicago, beginning in 1884. It then spread across the United States and Canada and gradually replaced load-bearing stone or brick wall construction for tall buildings in the early 20th century. This frame is, in essence, an orthogonal structure of steel columns and beams joined by rivets and covered with terracotta or brick to make it fireproof. The metal frame made skyscrapers possible, required a less specialized workforce and reduced construction time. The Canada Life Building is an important milestone in the introduction of this technique in Québec.
The heritage value of the Canada Life Building also lies in its representativeness of the first Québec skyscrapers. The history of skyscrapers built before 1939 is divided into three phases, and this building is a unique testament to the first phase (1887-1900). The construction of tall buildings was then made possible by the use of the steel structure and the presence of an elevator. Such buildings multiplied after the erection of the first skyscraper in Montréal in 1887. Because of the strong demand for office space in the metropolis and its scarcity, land speculation was intense. Companies therefore built upward to make their investment profitable. These buildings were usually erected by insurance companies or banks, which occupied part of them and leased the rest, as in the case of the Canada Life Building. Skyscrapers projected the image of permanence and success sought by these institutions at the turn of the 20th century, a time when Montréal was the financial metropolis of Canada.
The heritage value of the Canada Life Building also lies in the quality and richness of its exterior and interior ornamentation. This decoration conveys the image of prestige sought by the Canada Life Assurance and Co. It includes, in particular, several carved details executed by the artist Henry Beaumont, including the cornices that mark off the five registers of the façades, the bas-reliefs, the spandrels, and the columns and pilasters. The interior is characterized by its woodwork and by the use of luxurious materials such as mahogany, bronze and marble. It includes a finely wrought cast-iron elevator cage. The building, whose ornamentation has undergone very few changes, is the only skyscraper built before the 20th century in Vieux-Montréal that retains an intact original decor.
The heritage value of the Canada Life Building further lies in the renown of its architect, Richard A. Waite (1848-1911). This British-born American architect worked in Buffalo, where he designed several private residences and public buildings. Alongside his career in the United States, he built many prestigious buildings in Canada, including the Ontario Legislative Building (1886-1892). For the Canada Life company, he designed two other buildings, one in Hamilton and the other in Toronto. In Montréal, he created several landmark buildings, including the Grand Trunk Building (1899-1902, located in the Montréal historic district) and the Standard Life Building (1883-1885), and he remodelled the James-Reid-Wilson House (1900, a recognized historic monument).
Édifice de la Canada Life
L’édifice de la Canada Life, classé monument historique, est un gratte-ciel à fonction commerciale et de services de style néo-Renaissance érigé en 1894 et 1895. L’immeuble à ossature d’acier et revêtement de pierre de plan irrégulier, qui occupe l’ensemble du lot, comprend huit étages et est surmonté d’un toit plat. La déclivité du terrain, en légère pente, dégage des étages supplémentaires à l’arrière. La tour se divise en cinq registres horizontaux nettement séparés par une corniche. La hauteur des registres diminue à mesure qu’on s’élève alors que leur ornementation se fait plus sobre. L’édifice de la Canada Life se situe à l’angle des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre, en milieu urbain dense, dans l’arrondissement historique de Montréal.
La valeur patrimoniale de l’édifice de la Canada Life repose sur l’intérêt de sa technique de construction, l’ossature métallique. L’immeuble possède la première charpente de ce type au Québec, voire au Canada. Cette technique est d’abord utilisée pour l’édification de bâtiments à Chicago, à partir de 1884. Elle est ensuite diffusée aux États-Unis ainsi qu’au Canada et remplace progressivement la charpente à murs portants en pierre ou en brique au début du XXe siècle pour les édifices en hauteur. Cette ossature se réduit, en quelque sorte, à une structure orthogonale composée de piliers et de poutres en acier assemblés par des rivets et couverte par de la terre cuite ou de la brique afin de la rendre ignifuge. L’ossature métallique permet la réalisation de gratte-ciel, exige une main-d’oeuvre moins spécialisée et réduit le temps de travail. L’édifice de la Canada Life constitue un jalon important dans l’introduction de cette technique au Québec.
La valeur patrimoniale de l’édifice de la Canada Life repose aussi sur sa représentativité par rapport aux premiers gratte-ciel québécois. L’histoire des gratte-ciel antérieurs à 1939 se divise en trois phases, et cet édifice constitue un témoignage unique de la première phase (1887-1900). La construction d’immeubles en hauteur est alors rendue possible grâce à l’utilisation de la structure en acier et à la présence d’un ascenseur. Ces édifices se multiplient à partir de l’édification du premier gratte-ciel à Montréal, en 1887. En raison de la forte demande pour des bureaux dans la métropole et de leur rareté, la spéculation sur les terrains est forte. Aussi les entreprises construisent-elles en hauteur afin de rentabiliser leur investissement. Ces immeubles sont habituellement érigés par des compagnies d’assurances ou des banques qui en occupent une partie et louent le reste, comme dans le cas de l’édifice de la Canada Life. Les gratte-ciel projettent l’image de pérennité et de succès que recherchent ces institutions au tournant du XXe siècle, époque pendant laquelle Montréal est la métropole financière du Canada.
La valeur patrimoniale de l’édifice de la Canada Life repose également sur la qualité et la richesse de son ornementation extérieure et intérieure. Ce décor traduit l’image de prestige recherchée par la Canada Life Assurance and Co. Elle comporte, notamment, plusieurs détails sculptés réalisés par l’artiste Henry Beaumont, dont les corniches qui délimitent les cinq registres des façades, les bas-reliefs, les allèges ainsi que les colonnes et les pilastres. L’intérieur se caractérise par ses boiseries ainsi que par l’utilisation de matériaux luxueux comme l’acajou, le bronze et le marbre. Il comprend une cage d’ascenseur en fonte finement ouvragée. L’immeuble, dont l’ornementation a subi très peu de modifications, est le seul gratte-ciel construit avant le XXe siècle dans le Vieux-Montréal qui conserve un décor d’origine intact.
La valeur patrimoniale de l’édifice de la Canada Life repose en outre sur la renommée de son architecte, Richard A. Waite (1848-1911). Cet architecte américain d’origine britannique travaille à Buffalo, où il conçoit plusieurs résidences privées et édifices publics. Parallèlement à sa carrière aux États-Unis, il construit de nombreux immeubles prestigieux au Canada, dont l’édifice de l’Assemblée législative de l’Ontario (1886-1892). Pour la compagnie Canada Life, il réalise deux autres immeubles, l’un à Hamilton et l’autre à Toronto. À Montréal, il crée quelques bâtiments marquants, dont l’édifice du Grand Tronc (1899-1902, situé dans l’arrondissement historique de Montréal) ainsi que l’édifice de la Standard Life (1883-1885), et transforme la maison James-Reid-Wilson (1900, reconnue monument historique).