Bois-de-Saraguay Natural District
The Bois-de-Saraguay natural district, declared in 1981, is a 97-hectare forest whose origins date back to between 8000 and 5000 years before present. It consists of four parts: a large area south of boulevard Gouin; two strips of land north of this thoroughfare bordering the Rivière des Prairies, one of which is the former estate of the Ogilvie family and the other that of the MacDougall family; and Île aux Chats.
The woodland is a deciduous forest, that is, one composed of trees that lose their leaves in the fall, and presents a mosaic of forest communities. The sugar maple–hickory stand occupies the best-drained areas, while the silver maple stand characterizes the wetlands. The topography consists of small rises and hollows and a few marshy stretches. A partly dried-up stream, whose source is the Rivière des Prairies, crosses the former Ogilvie estate.
The chauffeur and caretaker’s house of this estate, built in 1931, still exists. The rectangular one-and-a-half-storey Château-style building in grey stone is topped by a straight-pitched gable roof. It includes a garage pierced by three large doors and a tower topped by a conical roof. Traces of a road leading from the house to the site of the Ogilvie residence are still visible, as is a small stone culvert crossing the stream. A small clearing and some horticultural remnants along the Rivière des Prairies mark the spot where the residence stood.
The Bois-de-Saraguay natural district is located in the northwest of the island of Montréal, in the Ahuntsic-Cartierville borough of the city of Montréal.
The heritage value of the Bois-de-Saraguay natural district lies in its age and its urban planning interest. The origins of this forest date back to between 8000 and 5000 years before present. It includes a mosaic of forest communities. The sugar maple–hickory stand occupies the best-drained areas, while the silver maple stand characterizes the wetlands. The woodland has been preserved sufficiently intact to be representative of the natural vegetation of southwestern Québec as seen by the first Europeans who came to New France. It is considered the last area on the island of Montréal to have undergone almost no human modification, which makes it an exceptional place. It is also the first natural district declared in an urban setting in Québec.
The heritage value of the natural district also lies in its scientific interest. This forest offers significant interpretive potential for the natural sciences. Its plant diversity is reflected in 35 species of trees, 45 species of shrubs and 275 species of herbaceous plants, including some ten rare species. The richness of the fauna, which includes among others 129 bird species, 65 of which nest there, depends on the ecological variety (forest, clearing, shoreline, island). The woodland makes it possible to document, in particular, natural phenomena as old as the retreat of the glaciers and of the Champlain Sea.
The heritage value of the natural district further lies in its association with the Ogilvie family, famous for the flour mills it owned in Canada in the 19th century. In 1930, the Ogilvies built a large Château-style stone residence there to plans by the architect Robert Findlay (1859-1951); they remained its owners until 1973. Built in 1931, the chauffeur and caretaker’s house, in the same style, recalls this period. Traces of a road leading from the chauffeur’s house to the site of the residence are still visible, as is a stone culvert over the stream. A small clearing and horticultural remnants, such as conifers, daylilies and tulips, also survive at this spot and bear witness to the relationship between people and their environment.
The heritage value of the natural district also lies in its ethnohistorical interest. The area recalls timber-rafting activities on the Rivière des Prairies. From 1806, the logging operation of Philémon Wright (1760-1839) shipped squared logs to the port of Québec by way of the Rivière des Prairies. This route was shorter and more convenient than the St. Lawrence, since running the Sault-au-Récollet rapids was less demanding than the Lachine rapids. The site then served as a relay point for the “cageux” (raftsmen), who re-formed their crews to run the rapids. The name Saraguay, derived from a mix of French and an Indigenous language, means “raftsmen’s route” or “route of the cageux.”
Arrondissement naturel du Bois-de-Saraguay
L’arrondissement naturel du Bois-de-Saraguay, décrété en 1981, est une forêt de 97 hectares dont les origines remontent entre 8000 et 5000 ans avant aujourd’hui. Elle compte quatre parties : une grande superficie au sud du boulevard Gouin; deux bandes de terre au nord de cette artère et bordant la rivière des Prairies, dont l’une constitue l’ancien domaine de la famille Ogilvie et l’autre celui de la famille MacDougall; l’île aux Chats.
Le boisé est une forêt décidue, c’est-à-dire composée d’arbres qui perdent leurs feuilles à l’automne, et présente une mosaïque de communautés forestières. L’érablière à caryer occupe les zones les mieux drainées, tandis que l’érablière argentée caractérise les milieux humides. La topographie est formée de petites élévations et dépressions et de quelques étendues marécageuses. Un ruisseau en partie asséché, prenant sa source dans la rivière des Prairies, traverse l’ancien domaine Ogilvie.
La maison du chauffeur et gardien de ce domaine, construite en 1931, existe toujours. Le bâtiment en pierre grise de style Château, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants droits. Il comprend un garage percé de trois grandes portes et une tour coiffée d’un toit conique. Les traces d’un chemin conduisant de la maison à l’emplacement de la résidence des Ogilvie sont toujours présentes, de même qu’un petit ponceau en pierre qui traverse le ruisseau. Une petite clairière et quelques vestiges horticoles aux abords de la rivière des Prairies marquent l’endroit où s’élevait la demeure.
L’arrondissement naturel du Bois-de-Saraguay est situé au nord-ouest de l’île de Montréal, dans l’arrondissement municipal de Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal.
La valeur patrimoniale de l’arrondissement naturel du Bois-de-Saraguay repose sur son ancienneté et son intérêt urbanistique. Les origines de cette forêt remontent entre 8000 et 5000 ans avant aujourd’hui. Celle-ci comprend une mosaïque de communautés forestières. L’érablière à caryer occupe les zones les mieux drainées, tandis que l’érablière argentée caractérise les milieux humides. Le boisé est conservé de manière suffisamment intacte pour être représentatif de la végétation naturelle du sud-ouest du Québec, telle que vu par les premiers Européens venus en Nouvelle-France. Il est considéré comme le dernier territoire de l’île de Montréal n’ayant presque pas été l’objet de modifications anthropiques, ce qui en fait un lieu exceptionnel. C’est également le premier arrondissement naturel décrété en milieu urbain au Québec.
La valeur patrimoniale de l’arrondissement naturel repose aussi sur son intérêt scientifique. En effet, cette forêt présente un important potentiel d’interprétation pour les sciences de la nature. Sa diversité végétale se traduit par 35 espèces d’arbres, 45 espèces d’arbustes ainsi que 275 espèces de plantes herbacées, et notamment par une dizaine d’espèces rares. La richesse de la faune, qui compte entre autres 129 espèces d’oiseaux parmi lesquelles 65 sont nicheuses, est tributaire de la variété écologique (milieu forestier, clairière, rivage, île). Le boisé permet de documenter, plus particulièrement, des phénomènes naturels aussi anciens que le retrait des glaciers et de la mer de Champlain.
La valeur patrimoniale de l’arrondissement naturel repose en outre sur son association avec la famille Ogilvie, célèbre pour les minoteries qu’elle possédait au Canada au XIXe siècle. En 1930, les Ogilvie y construisent une grande demeure en pierre de style Château selon les plans de l’architecte Robert Findlay (1859-1951); ils en restent propriétaires jusqu’en 1973. Bâtie en 1931, la maison du chauffeur et gardien, de même style, rappelle cette époque. Les traces d’un chemin conduisant de la maison du chauffeur à l’emplacement de la résidence sont toujours présentes, de même qu’un ponceau en pierre au-dessus du ruisseau. Une petite clairière et des vestiges horticoles, tels des conifères, des lys d’un jour et des tulipes, subsistent également à cet endroit et témoignent des rapports entre l’homme et son environnement.
La valeur patrimoniale de l’arrondissement naturel repose également sur son intérêt ethnohistorique. Le territoire évoque les activités de flottage du bois sur la rivière des Prairies. À partir de 1806, le chantier forestier de Philémon Wright (1760-1839) expédie des billes équarries vers le port de Québec par la rivière des Prairies. Cette route est plus courte et plus commode que celle du Saint-Laurent, car la traversée des rapides du Sault-au-Récollet était moins exigeante que ceux de Lachine. Le lieu sert alors de relais pour les « cageux », qui reforment des équipes afin de franchir les rapides. Le nom de Saraguay, issu d’un mélange de français et d’une langue amérindienne, signifie « chemin des flotteurs » ou des « cageux ».