Belle-Rivière Estate and Manor
The Belle-Rivière Estate and Manor, classified in 1963, comprises an imposing dwelling built in 1804 and its estate, consisting of a wooded lot along the rivière Belle-Rivière. The stone manor is composed of a one-and-a-half-storey rectangular main block and a more recent side annex set back from the façade, both capped with steep gable roofs with flared eaves. The designation also includes a former stone grain shed behind the manor. Set in an agricultural area, this property is located in the Saint-Scholastique sector of the municipality of Mirabel.
The heritage value of the Belle-Rivière estate and manor lies in their historical interest as a witness to the seigneurial system. The seigneurial domain includes a manor, which is a dwelling generally larger than the other houses, serving as both residence and office for the seigneur. All around it there were usually various buildings necessary for the subsistence of the seigneur and his censitaires, as illustrated by the former stone grain shed on the Belle-Rivière estate. Having arrived in 1657 and being seigneurs of Montréal, the Sulpicians became holders of the seigneury of Lac-des-Deux-Montagnes in 1717. They settled on their domain at Oka in 1721. The banal mill that the Sulpicians had built in 1787 did not meet expectations, and its location forced the censitaires to make a long detour to reach it. For this reason, a second mill, since disappeared, was built in 1804 at Belle-Rivière, at the same time as the manor. The manor served mainly as the miller’s residence, while the bursar responsible for collecting the cens visited once a year, usually in winter. The estate bears witness to the economic power that the Sulpicians still held in the Montréal region and its surroundings in the 19th century.
The heritage value of the Belle-Rivière manor also lies in its representativeness as an example of the French-inspired rural house and its evolution. The low stone main block set close to the ground, the steep straight-pitched gable roof and the small-paned casement windows belong to this tradition. The Belle-Rivière manor is said to have undergone alterations between 1830 and 1850. The neoclassical influence, felt in Québec from the 1810s onward, is reflected, among other things, in the gabled dormers, the flared eaves and the presence of the annex.
The heritage value of the Belle-Rivière manor further lies in its ethnological interest. The side annex, which probably served as a summer kitchen, bears witness to a long agricultural tradition as well as to a way of life and know-how that have since fallen into disuse. The summer kitchen is generally a small building attached to the main block by a shared wall. The inhabitants moved into it during the warm season to go about their daily tasks and to carry out the major cleaning of the house. Moving the household into the summer kitchen also kept the residence clean, since summer farm work brought more dirt inside. Finally, this seasonal move kept the house cool for the night, as its occupants continued to sleep there. The annex of the Belle-Rivière manor still has an imposing bread oven in the basement. The bread oven was also used for other purposes, such as baking pork and beans and drying herbs, flax and bird feathers. When the oven was hot enough, the loaves were placed in it. The bread oven could be built into the hearth of the house, form a separate, independent fire as at the Belle-Rivière manor, or be sheltered by a small detached building called a fournil.
Domaine et manoir de Belle-Rivière
Le domaine et manoir de Belle-Rivière, classé en 1963, comprend une imposante demeure construite en 1804 et son domaine constitué d’un terrain boisé aux abords de la rivière Belle-Rivière. Le manoir en pierre est composé d’un corps de logis de plan rectangulaire à un étage et demi et d’une annexe latérale plus récente en retrait de la façade, tous deux coiffés de toits aigus à deux versants aux larmiers retroussés. La désignation inclut aussi un ancien hangar à grain en pierre à l’arrière du manoir. Implantée dans un milieu agricole, cette propriété est située dans le secteur Saint-Scholastique de la municipalité de Mirabel.
La valeur patrimoniale du domaine et du manoir de Belle-Rivière repose sur leur intérêt historique en tant que témoin du régime seigneurial. Le domaine seigneurial comprend un manoir, qui est une demeure généralement plus vaste que les autres habitations, servant à la fois de résidence et de bureau au seigneur. Tout autour, se trouvent habituellement divers bâtiments nécessaires à la subsistance du seigneur et de ses censitaires, comme l’illustre l’ancien hangar à grain en pierre du domaine Belle-Rivière. Arrivés en 1657 et seigneurs de Montréal, les Sulpiciens deviennent titulaires de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes en 1717. Ils s’installent dans leur domaine d’Oka dès 1721. Le moulin banal que les Sulpiciens font construire en 1787 ne répond pas aux attentes et son emplacement oblige les censitaires à faire un long détour pour s’y rendre. C’est pourquoi un deuxième moulin, aujourd’hui disparu, est érigé en 1804 à Belle-Rivière, en même temps que le manoir. Ce dernier tient surtout lieu de résidence au meunier, tandis que l’économe chargé de percevoir les cens y fait une visite une fois l’an, généralement en hiver. Le domaine témoigne du pouvoir économique qu’avaient toujours les Sulpiciens dans la région de Montréal et ses environs au XIXe siècle.
La valeur patrimoniale du manoir de Belle-Rivière repose aussi sur sa représentativité en tant qu’exemple de la maison rurale d’inspiration française et de son évolution. Le corps de logis en pierre bas et peu dégagé du sol, le toit aigu à deux versants droits et les fenêtres à battants à petits carreaux se rattachent à cette tradition. Le manoir de Belle-Rivière aurait subi des transformations entre 1830 et 1850. L’influence néoclassique, qui se fait sentir au Québec à partir des années 1810, se reflète entre autres dans les lucarnes à pignon, les larmiers retroussés et la présence de l’annexe.
La valeur patrimoniale du manoir de Belle-Rivière repose également sur son intérêt ethnologique. L’annexe latérale, qui servait probablement de cuisine d’été, témoigne d’une longue tradition agricole ainsi que d’un mode de vie et de savoir-faire aujourd’hui tombés en désuétude. La cuisine d’été est généralement un petit bâtiment rattaché au corps de logis principal par un mur mitoyen. Les habitants s’y installent durant la belle saison pour vaquer à leurs occupations quotidiennes et procéder au grand ménage de la maison. Le transfert de la maisonnée dans la cuisine d’été permet aussi de garder la résidence propre puisque les travaux agricoles estivaux amènent plus de saleté à l’intérieur. Finalement, ce déménagement saisonnier permet de conserver la maison fraîche pour la nuit car ses occupants continuent d’y dormir. L’annexe du manoir de Belle-Rivière possède toujours un imposant four à pain au sous-sol. Le four à pain sert aussi à d’autres usages comme la cuisson des fèves au lard, le séchage des fines herbes, du lin et des plumes d’oiseaux. Lorsque le four est suffisamment chaud, les miches y sont déposées. Le four à pain peut être intégré dans l’âtre de la maison, constituer un feu autonome comme au manoir Belle-Rivière ou être abrité par un petit bâtiment isolé appelé fournil.