Aylmer Heritage Site
The Aylmer heritage site, constituted in 1990, is an urban area containing more than 80 buildings. It is made up of large upper-class residences, more modest dwellings, shops, and institutional and religious buildings constructed in the 19th and 20th centuries. Its irregular, elongated perimeter includes the buildings on either side of rue Principale as well as those lining sections of cross streets, between boulevard Wilfrid-Lavigne and rue Bordeaux to the east and the rivière des Outaouais to the west. The heritage site includes an urban park and various landscaped areas. It is located in the Aylmer sector of the city of Gatineau.
The site includes one classified historic monument, the Charles-Symmes Inn, and several cited buildings.
The heritage value of the Aylmer heritage site lies in its historical interest. It bears witness to the origins of the Aylmer sector. The area was first frequented by Indigenous peoples, who traced three portage trails to get around the rapids of the rivière des Outaouais. At the turn of the 19th century, Philemon Wright (1760-1839) obtained the grant of Hull Township. Among other things, he established a farm on the shore of lac Deschênes, which his nephew Charles Symmes (1798-1868) managed from 1821. In 1828, Symmes bought the land he occupied and had it surveyed in order to sell it in lots. The first true cluster of dwellings in Aylmer thus formed at the turn of the 1830s. The chemin d’Aylmer, which follows the old portage trails and part of which is now named rue Principale, was gradually improved. Residences, hotels and many shops were established along this important road. Churches of various religious traditions recall the diverse origins of those who settled there. The locality obtained the district court in 1842, confirming its role as a regional institutional centre. Buildings such as the former courthouse, dating from 1852, bear witness to this period of prosperity. Aylmer gradually lost its importance during the second half of the 19th century. The town nevertheless remained a sought-after resort area. Moreover, residences, some of them luxurious, continued to be built near rue Principale. A fire destroyed about a hundred of them in 1921. The area quickly rose from its ashes. Over the decades, modern buildings were inserted into the old urban fabric to meet new needs. The Aylmer heritage site is therefore a valuable witness to the evolution of this old area, from its origins to the present day.
The heritage value of the Aylmer heritage site also lies in its architectural interest. It is characterized by the diversity of the stylistic influences represented. The oldest buildings on the site show the influence of classical forms and of the Picturesque movement up to the mid-19th century. They are characterized by the symmetrical arrangement of openings and chimney stacks and, in some cases, by large covered galleries and bellcast eaves. Some buildings also reflect this influence through a central avant-corps topped by a pediment. Other styles appeared over the decades, including the Gothic Revival. It is expressed notably in religious architecture through the use of pointed arches and ornamental details such as pinnacles and crenellated parapets. The upper-class residences of the late 19th century stand out for their irregular plans, numerous projections and abundant ornamentation. The more modest houses generally have rectangular plans and are often covered by straight-pitched gable roofs. At the turn of the 20th century, architecture became increasingly industrialized, with the arrival on the market of prefabricated materials and components and the dissemination of catalogue plans. The use of new materials and the popularity of certain models bear witness to this. Commercial architecture is distinguished from residential architecture by large display windows on the ground floor and by the flat roofs crowning the buildings. During the 20th century, ornamentation became increasingly restrained. The Aylmer heritage site thus recalls the styles popular in the 19th century and the effects of industrialization on 20th-century architecture.
Site du patrimoine d'Aylmer
Le site du patrimoine d’Aylmer, constitué en 1990, est un secteur urbain comptant plus de 80 bâtiments. Il se compose de grandes résidences bourgeoises, de demeures plus modestes, de commerces ainsi que d’édifices institutionnels et religieux, construits aux XIXe et XXe siècles. Son périmètre irrégulier présente une forme allongée et comprend les bâtiments de chaque côté de la rue Principale ainsi que ceux bordant des sections de rues transversales, entre le boulevard Wilfrid-Lavigne et la rue Bordeaux, à l’est, et la rivière des Outaouais, à l’ouest. Le site du patrimoine inclut un parc urbain et divers aménagements paysagers. Il est situé dans le secteur d’Aylmer, dans la ville de Gatineau.
Le site comprend un monument historique classé, soit l’auberge Charles-Symmes, et plusieurs bâtiments cités.
La valeur patrimoniale du site du patrimoine d’Aylmer repose sur son intérêt historique. Il témoigne des origines du secteur d’Aylmer. Les environs sont d’abord fréquentés par les Amérindiens, qui tracent trois sentiers de portage pour franchir les rapides de la rivière des Outaouais. Au tournant du XIXe siècle, Philemon Wright (1760-1839) obtient la concession du canton de Hull. Il établit notamment une ferme en bordure du lac Deschênes, que son neveu Charles Symmes (1798-1868) gère à partir de 1821. Symmes achète en 1828 la terre qu’il occupe et la fait arpenter pour la vendre en lots. Le premier véritable noyau d’habitations d’Aylmer se forme ainsi au tournant des années 1830. Le chemin d’Aylmer, correspondant aux anciens sentiers de portage et dont une partie est aujourd’hui nommée rue Principale, est peu à peu amélioré. Des résidences, des hôtels et plusieurs commerces s’établissent le long de cette route importante. Les églises liées à diverses traditions religieuses rappellent les origines diversifiées de ceux qui s’y installent. La localité obtient la cour de district en 1842, ce qui consacre son rôle de centre institutionnel régional. Des édifices comme l’ancien palais de justice, datant de 1852, témoignent de cette période de prospérité. Aylmer perd peu à peu son importance au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. La ville demeure néanmoins un lieu de villégiature recherché. Par ailleurs, des résidences parfois cossues continuent d’être construites près de la rue Principale. Un incendie en détruit une centaine en 1921. Ce secteur renaît rapidement de ses cendres. Au fil des décennies, des bâtiments modernes sont insérés dans la trame urbaine ancienne afin de répondre à de nouveaux besoins. Le site du patrimoine d’Aylmer constitue donc un témoin précieux de l’évolution de ce secteur ancien, des origines à aujourd’hui.
La valeur patrimoniale du site du patrimoine d’Aylmer repose aussi sur son intérêt architectural. Il se caractérise par la diversité des influences stylistiques représentées. Les plus anciennes constructions du site montrent l’influence des formes classiques et du mouvement pittoresque jusqu’au milieu du XIXe siècle. Elles se caractérisent par la disposition symétrique des ouvertures et des souches de cheminées, ainsi que, parfois, par les grandes galeries couvertes et la présence de larmiers retroussés. Certains bâtiments témoignent aussi de cette influence par un avant-corps central coiffé d’un fronton. D’autres styles apparaissent au fil des décennies, dont le néogothique. Celui-ci se manifeste notamment dans l’architecture religieuse par l’utilisation des arcs brisés et de détails ornementaux comme les pinacles et les parapets crénelés. Les résidences bourgeoises de la fin du XIXe siècle se démarquent par des plans irréguliers, de nombreuses saillies et une ornementation abondante. Les maisons plus modestes présentent généralement des plans rectangulaires et sont souvent coiffées de toits à deux versants droits. Au tournant du XXe siècle, l’architecture s’industrialise de plus en plus, avec l’arrivée sur le marché de matériaux et d’éléments préfabriqués ainsi que par la diffusion de plans par catalogue. L’utilisation de matériaux nouveaux et la popularité de certains modèles en témoignent. L’architecture commerciale se distingue de l’architecture résidentielle par la présence de larges vitrines au rez-de-chaussée et par les toits plats qui surmontent les édifices. Au cours du XXe siècle, l’ornementation est de plus en plus dépouillée. Le site du patrimoine d’Aylmer rappelle donc les styles populaires au XIXe siècle et les effets de l’industrialisation sur l’architecture du XXe siècle.