Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière House
The maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière, classified in 1960, is a monumental residence erected around 1817. The rectangular, two-and-a-half-storey stone residence is topped by a steep roof with slightly bellcast slopes flanked by large chimney stacks. The designation also applies to the land and to what is on it. This house is located on vast landscaped grounds between the former chemin du Roy and the St. Lawrence River, in the municipality of Lotbinière. It is surrounded by a protection area.
The heritage value of the maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière lies in its architectural interest. This monumental residence erected around 1817 is a synthesis of the French-inspired rural house, urban influences and British contributions. The French-inspired rural house type stems from French know-how and models that were gradually adapted to the particular conditions of the country (climate, availability of materials) and to certain stylistic influences. This architectural tradition continued beyond the Conquest (1760) and subsequently incorporated British contributions. The maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière illustrates this notably through its steep gable roof with shallow eaves. The two-and-a-half-storey elevation, the exposed foundation and the large chimney stacks extending the gable walls are features of urban architecture. In New France, the urban house model became established mainly after the promulgation of the ordinances of the intendants Michel Bégon de la Picardière (1667-1747) and Claude-Thomas Dupuy (1678-1738) in 1721 and 1727, which introduced fire prevention measures. The spread of this model to villages and the countryside is explained by the mobility of craftsmen and by the aesthetic and symbolic dimension associated with urban architecture. Removed from their original setting, elements such as the firewalls characteristic of row houses, for example, lose their initial function, which is to prevent the spread of fire, and attest to a desire for social display on the part of villagers and rural dwellers. The symmetry of the façade, the regular arrangement of the openings and the full-width galleries reflect a Neoclassical influence. At the turn of the 19th century, Lower Canada had several large residences built in rural areas for the bourgeoisie. In Lotbinière, three stone residences stand out, including that of Ambroise Chavigny de La Chevrotière (1780-1834), a local notable.
The heritage value of the maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière also lies in its integration into its surroundings. The residence occupies vast landscaped grounds bordered by the former chemin du Roy to the south and the St. Lawrence River to the north. It offers interesting views of the river and the north shore. The pastoral setting contributes to showcasing it.
The heritage value of the maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière further lies in its historical interest. Indeed, this monumental residence stands near the site of the second église Saint-Louis, erected at the place called Sault-à-la-Biche between 1749 and 1751. When the current church was built in 1817, however, the house found itself isolated from the new village core. It therefore bears witness to this former settlement.
Maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière
La maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière, classée en 1960, est une demeure monumentale érigée vers 1817. La résidence en pierre de plan rectangulaire, à deux étages et demi, est coiffée d’un toit aigu aux versants légèrement retroussés flanqué de larges souches de cheminée. La désignation s’applique aussi au terrain et à ce qui s’y trouve. Cette maison se situe sur un vaste terrain paysager compris entre l’ancien chemin du Roy et le fleuve Saint-Laurent, dans la municipalité de Lotbinière. Elle est entourée d’une aire de protection.
La valeur patrimoniale de la maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière repose sur son intérêt architectural. Cette demeure monumentale érigée vers 1817 est une synthèse de la maison rurale d’inspiration française, d’influences urbaines et d’apports britanniques. Le type de la maison rurale d’inspiration française est issu de savoir-faire et de modèles français qui ont été progressivement adaptés aux conditions particulières du pays (climat, disponibilité des matériaux) et à certaines influences stylistiques. Cette tradition architecturale se poursuit au-delà de la Conquête (1760) et intègre par la suite des apports britanniques. La maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière en est une illustration notamment par son toit aigu à deux versants aux larmiers peu saillants. L’élévation de deux étages et demi, le solage dégagé, les larges souches de cheminée qui prolongent les murs pignons sont des traits de l’architecture urbaine. En Nouvelle-France, le modèle de la maison urbaine s’impose surtout après la promulgation des ordonnances des intendants Michel Bégon de la Picardière (1667-1747) et Claude-Thomas Dupuy (1678-1738) en 1721 et 1727, qui instaurent des mesures de prévention contre les incendies. Le rayonnement de ce modèle dans les villages et les campagnes s’explique par la mobilité des artisans et par la dimension esthétique et symbolique associée à l’architecture urbaine. Extraits de leur environnement d’origine, des éléments comme les murs coupe-feu caractéristiques des maisons mitoyennes, par exemple, perdent leur fonction initiale, qui est de prévenir la propagation des incendies, et témoignent d’une volonté de représentation sociale des villageois et des ruraux. La symétrie de la façade, l’ordonnance régulière des ouvertures et les galeries de pleine largeur reflètent une influence néoclassique. Au tournant du XIXe siècle, le Bas-Canada compte plusieurs grandes demeures implantées en milieu rural pour la bourgeoisie. À Lotbinière, trois résidences en pierre se démarquent, dont celle d’Ambroise Chavigny de La Chevrotière (1780-1834), notable de la localité.
La valeur patrimoniale de la maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière repose aussi sur son intégration à l’environnement. La résidence occupe un vaste terrain paysager bordé par l’ancien chemin du Roy au sud et le fleuve Saint-Laurent au nord. Elle offre des percées visuelles intéressantes sur le fleuve et la rive nord. L’environnement champêtre contribue à sa mise en valeur.
La valeur patrimoniale de la maison Ambroise-Chavigny-De La Chevrotière repose également sur son intérêt historique. En effet, cette demeure monumentale s’élève à proximité du site de la seconde église Saint-Louis, érigée au lieu-dit Sault-à-la-Biche entre 1749 et 1751. Lors de la construction de l’église actuelle en 1817, la maison se trouve cependant isolée du nouveau noyau villageois. Elle témoigne donc de cet ancien établissement.