Gisla Cemetery
The Gisla cemetery, a constituted heritage site, is a burial ground probably laid out beginning in 1857. This medium-sized cemetery consists of an open, gently sloping lot enclosed by a fence. The headstones are arranged in rows. The cemetery is located along a rural road. It lies in a heavily wooded setting in the municipality of Milan.
The heritage value of the Gisla cemetery is based on its historical interest. It bears witness to the settlement of the area by Gaelic-speaking Scottish immigrants. From the 1830s onward, many families from the Hebrides archipelago, in northwestern Scotland, were forced to emigrate. They were evicted from the lands they farmed and also left because of chronic famine, made worse notably by the potato blight. The first Gaelic-speaking Scots settled in the Cantons de l’Est in 1838, mainly in Lingwick Township. Many other Hebridean immigrants joined them over the following decades. Around the middle of the 19th century, colonization roads were opened and the government granted land to any man over 18 years of age. The Scots then settled on the lands offered to them in the neighbouring townships, namely Winslow, Whitton, Marston and Hampden. Until the early 20th century, this area was settled almost exclusively by Gaelic-speaking Scots of the Presbyterian faith. The locality of Gisla, named after a hamlet on the Isle of Lewis, notably had a Presbyterian church. The Gisla cemetery was probably laid out in 1857. The surnames on a great many of the headstones, such as MacLeod, MacDonald, MacAulay, MacArthur and Morrison, recall the Scottish origins of a large part of the region’s population. The cemetery is also one of the last witnesses to the existence of the hamlet of Gisla.
The heritage value of the Gisla cemetery is also based on its association with Donald Morrison (1858-1894), a famous outlaw of the late 19th century. He was the son of Murdo Morrison (1818-1895), one of the pioneers of Whitton Township, who arrived from the Isle of Lewis in 1838. Donald Morrison worked as a cowboy in the Canadian West for many years, notably to support his family financially. A few years after his return to the region, in 1886, his father found himself unable to repay his debts. He lost his farm, which was immediately resold. In May 1888, the barn of the former family farm was set on fire and shots were fired at the house. Morrison, who made no secret of his desire for revenge, was immediately suspected of vandalism and attempted murder. As there was no organized police force in the surrounding municipalities, Lucius Warren (died 1888), a smuggler, was hired to arrest Morrison. On June 22, 1888, the two men met on the main street of Lac-Mégantic. Warren drew his revolver, but was shot dead by Morrison. Charged with murder, Morrison managed for several months to elude the many police officers sent from Sherbrooke, Montréal and Québec to apprehend him. He was hidden and fed by the region’s Scottish community. Despite the large reward offered for his capture, no one turned him in to the authorities. The fugitive’s story was reported in newspapers across the country. Morrison was finally captured in April 1889 and sentenced in October to serve 18 years in the penitentiary in Montréal. As Morrison’s health was declining rapidly, he was pardoned and released on June 19, 1894. Immediately taken to hospital, he died a few hours later. He is buried in the Gisla cemetery, surrounded by several members of his family.
The heritage value of the Gisla cemetery also lies in its representativeness of this type of burial ground. The isolated location of the site, its discreet integration into the natural environment and the simplicity of the headstones are characteristic of the rural cemeteries of Protestant communities. The Gisla cemetery thus illustrates the religious identity of those who rest there.
Cimetière Gisla
Le cimetière Gisla, constitué site du patrimoine, est un lieu de sépulture probablement aménagé à partir de 1857. Ce cimetière de taille moyenne se compose d’un terrain dégagé présentant une légère pente et est délimité par une clôture. Les stèles sont disposées en rangées. Le cimetière est situé en bordure d’un chemin rural. Il se trouve dans un environnement fortement boisé, dans la municipalité de Milan.
La valeur patrimoniale du cimetière Gisla repose sur son intérêt historique. Il est un témoin du peuplement du secteur par des immigrants écossais de langue gaélique. À partir des années 1830, de nombreuses familles originaires de l’archipel des Hébrides, au nord-ouest de l’Écosse, sont contraintes à l’émigration. En effet, elles sont expulsées des terres qu’elles cultivent et quittent aussi en raison de la famine chronique aggravée notamment par la maladie de la pomme de terre. Les premiers Écossais de langue gaélique s’installent dans les Cantons de l’Est en 1838, principalement dans le canton de Lingwick. De nombreux autres immigrants hébridéens viennent les rejoindre au cours des décennies suivantes. Vers le milieu du XIXe siècle, des chemins de colonisation sont ouverts, et le gouvernement octroie des terres à tout homme âgé de plus de 18 ans. Les Écossais s’installent alors sur ces terres qui leur sont offertes dans les cantons voisins, soit Winslow, Whitton, Marston et Hampden. Jusqu’au début du XXe siècle, cette zone est colonisée presque exclusivement par des Écossais de foi presbytérienne et de langue gaélique. Le lieu-dit Gisla, nommé d’après un hameau de l’île de Lewis, comporte notamment une église presbytérienne. Le cimetière Gisla est probablement aménagé en 1857. Les patronymes d’un grand nombre de stèles, tels que MacLeod, MacDonald, MacAulay, MacArthur et Morrison, rappellent l’origine écossaise d’une forte partie de la population de la région. Le cimetière constitue par ailleurs un des derniers témoins de l’existence du hameau de Gisla.
La valeur patrimoniale du cimetière Gisla repose également sur son association avec Donald Morrison (1858-1894), hors-la-loi célèbre de la fin du XIXe siècle. Il est le fils de Murdo Morrison (1818-1895) l’un des pionniers du canton de Whitton arrivé de l’île de Lewis en 1838. Donald Morrison travaille comme cow-boy dans l’Ouest canadien durant de nombreuses années, notamment pour soutenir financièrement sa famille. Quelques années après son retour dans la région, en 1886, son père se trouve dans l’incapacité de rembourser ses dettes. Il perd sa ferme qui est aussitôt revendue. L’étable de l’ancienne ferme familiale est incendiée et des coups de feu sont tirés sur la maison, en mai 1888. Morrison, ne cachant pas son désir de vengeance, est immédiatement soupçonné de vandalisme et de tentative de meurtre. Il n’y a pas de police organisée dans les municipalités environnantes, Lucius Warren (mort en 1888), un contrebandier, est alors engagé pour arrêter Morrison. Le 22 juin 1888, les deux hommes se rencontrent dans la rue principale de Lac-Mégantic. Warren dégaine son revolver, mais il est abattu par Morrison. Accusé de meurtre, Morrison réussit à déjouer durant plusieurs mois les nombreux policiers envoyés de Sherbrooke, Montréal et Québec pour l’appréhender. Il est caché et nourri par la communauté écossaise de la région. Malgré la prime élevée offerte en récompense pour sa capture, personne ne le dénonce aux autorités. L’histoire du fugitif est racontée dans les journaux à travers le pays. Morrison est finalement capturé en avril 1889 et condamné en octobre à purger 18 ans de pénitencier à Montréal. La santé de Morrison déclinant rapidement, il est gracié et libéré le 19 juin 1894. Immédiatement transporté à l’hôpital, il meurt quelques heures plus tard. Il est enterré dans le cimetière Gisla, entouré de plusieurs membres de sa famille.
La valeur patrimoniale du cimetière Gisla repose aussi sur sa représentativité par rapport à ce type de lieu de sépulture. L’implantation isolée du lieu, son intégration discrète à l’environnement naturel et la sobriété des stèles sont caractéristiques des cimetières ruraux des communautés protestantes. Le cimetière Gisla illustre ainsi l’identité religieuse de ceux qui y reposent.