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English

Jean-Baptiste-Chevalier House

The Jean-Baptiste-Chevalier House, classified in 1956, is an ensemble of four adjoining French-inspired urban houses. To a first house built in 1683, two buildings were added on the west in 1752. In 1960, another building was attached on the east. The imposing two-and-a-half-storey stone ensemble has an irregular U-shaped plan and follows the curve of the street. Three houses are topped with gable roofs with straight slopes and the other is covered with a two-sided mansard roof. Built with no setback along rue du Cul-de-Sac, the ensemble has a courtyard on the St. Lawrence River (fleuve Saint-Laurent) side. The Jean-Baptiste-Chevalier House is located in the lower part of the Vieux-Québec historic district and lies within the Place-Royale perimeter. An archaeological site listed in the Inventaire des sites archéologiques du Québec is associated with the place.

The heritage value of the Jean-Baptiste-Chevalier House lies in its historical interest. The ensemble of four houses evokes the role of Québec’s Lower Town as the centre of the colony’s commercial and port activities from the 17th to the 19th century. Since 1675, the site of this house has belonged to various owners who, in addition to living there in some cases, used it for commercial and storage purposes. Among them was Jean-Baptiste Chevalier (circa 1715-1763), merchant, trader and armourer. Erected in 1752, his dwelling consists of the two buildings at the west of the ensemble. It occupied a strategic location at that time, along the anse aux Barques, also called the baie Cul-de-Sac, where goods were landed. The irregular plan of the ensemble results from the adaptation of the buildings and the street pattern to the configuration of the cove. Originally, the façades faced rue du Cul-de-Sac and the backyard gave direct access to the St. Lawrence River. Through its succession of owners and uses, the Jean-Baptiste-Chevalier House therefore bears witness to the importance and permanence of the commercial and port function of Québec’s Lower Town.

The heritage value of the house also lies in its interest for the history of heritage conservation in Québec. The ensemble illustrates the concept of historical restoration, which proposes a return to an earlier state deemed significant, according to the political or ideological objectives of the project’s directors. In Québec, this type of restoration accompanied the nationalist movement that drove political thought in the 1960s and 1970s and was applied to Place-Royale, the Québec government’s largest restoration project at that time. In this area, the ministère des Affaires culturelles du Québec favoured the French Regime period in order to highlight the importance of the site as the cradle of French America and to make it the symbol of the francophone presence in America. The work carried out on the Jean-Baptiste-Chevalier House, from 1956 to 1963, was the first to be undertaken as part of the Place-Royale project. The concept of historical restoration is combined with that of stylistic restoration, advocated notably by the art historian Gérard Morisset (1898-1970) and borrowed from the architect Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879). For Viollet-le-Duc, to restore a building is “to re-establish it in a complete state that may never have existed at any given time”. In the case of the Jean-Baptiste-Chevalier House, Morisset and the architect André Robitaille (born 1922) created, from individual houses dating from the French Regime, a stylistically coherent ensemble inspired by the French hôtel particulier, by placing the main entrance in the courtyard and erecting a companion house in the spirit of the existing houses. The result departs from the initial state, since these houses never formed a whole, but the interpretation respects the original style of the houses that occupy or once occupied the site.

The heritage value of the house further lies in its architectural interest. The ensemble reflects the characteristics of French-inspired urban houses, particularly with regard to the application of the ordinances promulgated by intendants Michel Bégon (1667-1747) and Claude-Thomas Dupuy (1678-1724) in 1721 and 1727 concerning fire prevention. The two-and-a-half-storey building has stone masonry and surrounds, vaulted cellars, sheet-metal roofs and four firebreak walls. It also bears witness to modifications made in the 19th century, notably through the Second Empire-style mansard roof of the house in the centre-east.

Français

Maison Jean-Baptiste-Chevalier

La maison Jean-Baptiste-Chevalier, classée en 1956, est un ensemble composé de quatre maisons urbaines contiguës d’inspiration française. À une première maison construite en 1683 s’ajoutent deux bâtiments à l’ouest en 1752. En 1960, un autre bâtiment est greffé à l’est. L’imposant ensemble en pierre de deux étages et demi présente un plan irrégulier en « U » et épouse la courbe de la rue. Trois maisons sont coiffées d’un toit à deux versants droits et l’autre est couverte d’un toit mansardé à deux versants. Implanté sans marge de recul en bordure de la rue du Cul-de-Sac, l’ensemble possède une cour du côté du fleuve Saint-Laurent. La maison Jean-Baptiste-Chevalier se situe dans la partie basse de l’arrondissement historique du Vieux-Québec et fait partie du périmètre de Place-Royale. Un site archéologique inscrit à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

La valeur patrimoniale de la maison Jean-Baptiste-Chevalier repose sur son intérêt historique. L’ensemble formé de quatre maisons évoque le rôle de la basse-ville de Québec comme centre des activités commerciales et portuaires de la colonie du XVIIe au XIXe siècle. Depuis 1675, l’emplacement de cette maison a appartenu à différents propriétaires qui, en plus d’y avoir habité pour certains, l’ont utilisé à des fins commerciales et d’entreposage. Parmi eux figure Jean-Baptiste Chevalier (vers 1715-1763), marchand, négociant et armurier. Érigée en 1752, sa demeure se compose des deux bâtiments à l’ouest de l’ensemble. Elle occupe un lieu stratégique à cette époque, en bordure de l’anse aux Barques, aussi appelée baie Cul-de-Sac, où sont débarquées les marchandises. Le plan irrégulier de l’ensemble relève de l’adaptation des constructions et de la trame urbaine à la configuration de l’anse. À l’origine, les façades donnaient sur la rue du Cul-de-Sac et la cour arrière permettait un accès direct au fleuve Saint-Laurent. Par les propriétaires et usages qui s’y sont succédés, la maison Jean-Baptiste-Chevalier témoigne donc de l’importance et de la pérennité de la fonction commerciale et portuaire de la basse-ville de Québec.

La valeur patrimoniale de la maison repose aussi sur son intérêt pour l’histoire de la conservation du patrimoine au Québec. L’ensemble illustre le concept de restauration historique, qui propose le retour à un état antérieur jugé significatif, en fonction d’objectifs politiques ou idéologiques, par les maîtres d’oeuvre du projet. Au Québec, ce type de restauration est corollaire du courant nationaliste qui a animé la pensée politique des années 1960 et 1970 et a été appliqué à Place-Royale, le plus important chantier de restauration du gouvernement québécois à cette époque. Dans ce secteur, le ministère des Affaires culturelles du Québec a privilégié la période du Régime français afin de souligner l’importance du lieu comme berceau de l’Amérique française et d’en faire le symbole de la francophonie d’Amérique. L’intervention menée sur la maison Jean-Baptiste-Chevalier, effectuée de 1956 à 1963, est la première à être réalisée dans le cadre du projet de Place-Royale. Au concept de restauration historique se mêle celui de restauration stylistique, prôné notamment par l’historien de l’art Gérard Morisset (1898-1970) et emprunté à l’architecte Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879). Pour Viollet-le-Duc, restaurer un édifice, c’est « le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné ». Dans le cas de la maison Jean-Baptiste-Chevalier, Morisset et l’architecte André Robitaille (né en 1922) ont créé, à partir de maisons individuelles remontant au Régime français, un ensemble stylistiquement cohérent inspiré de l’hôtel particulier français, en situant l’entrée principale dans la cour et en érigeant une maison d’accompagnement dans l’esprit des maisons existantes. Le résultat s’éloigne de l’état initial, puisque ces maisons n’ont jamais formé un tout, mais l’interprétation se fait dans le respect du style d’origine des maisons occupant ou ayant occupé l’emplacement.

La valeur patrimoniale de la maison repose également sur son intérêt architectural. L’ensemble reflète les caractéristiques des maisons urbaines d’inspiration française, notamment en ce qui a trait à l’application des ordonnances promulguées par les intendants Michel Bégon (1667-1747) et Claude-Thomas Dupuy (1678-1724) en 1721 et 1727 relativement à la prévention des incendies. L’immeuble de deux étages et demi présente une maçonnerie et des chambranles de pierre, des caves voûtées, des toits couverts de tôle ainsi que quatre murs coupe-feu. Il témoigne aussi de modifications effectuées au XIXe siècle, notamment par le toit mansardé de style Second Empire de la maison située au centre-est.

Location: 5 Rue du Cul-de-Sac, Québec
Emplacement : 5, Rue du Cul-de-Sac, Québec
Coordinates · Coordonnées: 46.812390, -71.203140
Marker type: Classified Historic Monument
Type de repère : Monument historique classé
Source: Canada’s Historic Places (historicplaces.ca) – Canadian Register of Historic Places
Licence · Permission: Reproduced for non-commercial use from Canada’s Historic Places (historicplaces.ca); source: Canadian Register of Historic Places. Not an official version.
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