Poste-de-Traite-de-Chicoutimi Historic Site
The Poste-de-Traite-de-Chicoutimi historic site, classified in 1984, is a former fur-trading establishment active from the 17th to the 19th century, whose location was a place frequented by Indigenous peoples in prehistoric times. The designation covers an area of more than 60,000 square metres, today consisting of uneven terrain covered with shrubs, as well as the Indigenous and Euro-Québécois remains it contains, including those of a trading post. Located at the limit of the navigable part of the rivière Saguenay and at the mouth of the rivière Chicoutimi, the site forms a wooded island in a densely urbanized sector of the Chicoutimi borough of the city of Saguenay. A known archaeological site is associated with this place.
The heritage value of the Poste-de-Traite-de-Chicoutimi historic site lies in its historical importance as a fur-trading establishment. The fur trade was a major economic activity in New France and continued after the Conquest (1760). Established by Governor Jean de Lauson (c. 1584-1666) in 1652, the Traite de Tadoussac, also called the Ferme du roi, can be defined as the exclusive privilege of hunting, fishing and trading over a given territory. These lands were part of the Domaine du roi, meaning that they were not granted for settlement and that the profits from their exploitation in principle went to the king. The Traite de Tadoussac concession was auctioned off to an individual or a company, which enjoyed it for a set period. The trading posts, occupying strategic locations along an important waterway, were used for bartering furs with Indigenous peoples and for storing, sorting and packing pelts before they were shipped to the administrative centres of the trade or to Europe. In 1671, the first building of the Chicoutimi post was built on the site. Having become the central post of the Domaine du roi, it was the starting point of the fur route to the more distant posts, as well as the supply centre for this network of posts. The post was inhabited permanently by a few French or Canadiens, by seasonal workers during the summer and occasionally by a missionary. Under the British Regime, the French trading system was maintained at the post. However, settlement and the establishment of the forest industry in the second half of the 19th century led to the abandonment of the Chicoutimi trading post. Because of the major role this establishment, which housed one of the principal missions of the Domaine du roi, played in New France, it is today considered the birthplace of the city of Chicoutimi.
The heritage value of the site lies in its archaeological interest. It bears witness to the human activities that took place there during prehistoric and historic times. Located on a low, well-drained terrace at the limit of the navigable part of the rivière Saguenay and at the mouth of the rivière Chicoutimi, the site is a strategic stopping point on the route between the St. Lawrence River and lac Saint-Jean. The site’s main period of frequentation by Indigenous peoples appears to fall between the 11th and 16th centuries AD. Occupied mainly during the warm season, this location was not only a place of habitation but also a gathering place for various Indigenous nations. Commercial and cultural exchanges, as well as political alliances, may have shaped relations between the resident groups, the Kakouchaks, and visiting groups. The material uncovered and the remains of former trading-post buildings bear witness to the construction methods used under the French Regime and illustrate the residential, commercial, craft, agricultural and religious functions of the post. In early summer, Indigenous people set up their camps nearby. Before proceeding to barter, they performed, in accordance with their cultural practices, the gift-giving ritual with the trader. A few days were then set aside for trading. The trader offered the Indigenous people various everyday goods and trade items in exchange for their furs. Not very active during the winter, the post served as a refuge for Indigenous people in times of sickness or famine. The richness of the archaeological discoveries and the research potential make this site a key place for understanding Indigenous gathering places and fur-trading establishments.
Site historique du Poste-de-Traite-de-Chicoutimi
Le site historique du Poste-de-Traite-de-Chicoutimi, classé en 1984, est un ancien établissement servant au commerce des fourrures actif du XVIIe siècle au XIXe siècle, dont l’emplacement est un lieu de fréquentation amérindien préhistorique. La désignation comprend un territoire de plus de 60 000 mètres carrés aujourd’hui constitué d’un terrain accidenté couvert d’arbustes ainsi que des vestiges amérindiens et euroquébécois qu’il contient, dont ceux d’un poste de traite. Situé à la limite de la partie navigable de la rivière Saguenay et à l’embouchure de la rivière Chicoutimi, le site forme un îlot boisé dans un secteur densément urbanisé de l’arrondissement municipal de Chicoutimi de la ville de Saguenay. Un site archéologique connu est associé à ce lieu.
La valeur patrimoniale du site historique du Poste-de-Traite-de-Chicoutimi repose sur son importance historique comme établissement servant au commerce des fourrures. La traite constitue une activité économique majeure en Nouvelle-France et se poursuit après la Conquête (1760). Établie par le gouverneur Jean de Lauson (vers 1584-1666) en 1652, la Traite de Tadoussac, également nommée Ferme du roi, peut être définie comme le privilège exclusif de chasse, de pêche et de commerce sur un certain territoire. Ces terres faisaient partie du Domaine du roi, c’est-à-dire qu’elles n’étaient pas concédées pour la colonisation et que les profits tirés de leur exploitation revenaient en principe au roi. La concession de la Traite de Tadoussac était adjugée aux enchères à un particulier ou à une compagnie qui en avait la jouissance pour un temps donné. Les comptoirs, qui occupent des endroits stratégiques en bordure d’un cours d’eau important, servent au troc des fourrures avec les Amérindiens ainsi qu’à l’entreposage, au triage et à l’emballage des pelleteries avant qu’elles soient acheminées vers les centres administratifs de la traite ou vers l’Europe. En 1671, le premier bâtiment du poste de Chicoutimi est construit sur le site. Devenu le poste central du Domaine du roi, il est le point de départ de la route des fourrures vers les postes plus éloignés en plus d’être le centre de ravitaillement de ce réseau de postes. Ce poste est habité par quelques Français ou Canadiens en permanence, des travailleurs saisonniers durant l’été et un missionnaire à l’occasion. Sous le Régime anglais, le système français de la traite est maintenu au poste. Toutefois, la colonisation et l’implantation de l’industrie forestière dans la seconde moitié du XIXe siècle entraînent l’abandon du poste de traite de Chicoutimi. En raison du rôle majeur que cet établissement, qui a hébergé l’une des principales missions du Domaine du roi, a joué en Nouvelle-France, il est considéré aujourd’hui comme le lieu de naissance de la ville de Chicoutimi.
La valeur patrimoniale du site repose sur son intérêt archéologique. Il témoigne des activités humaines qui s’y sont déroulées durant la préhistoire et à l’époque historique. Situé sur une basse terrasse bien drainée, à la limite de la partie navigable de la rivière Saguenay et à l’embouchure de la rivière Chicoutimi, le site constitue une étape stratégique sur la route entre le fleuve Saint-Laurent et le lac Saint-Jean. La fréquentation principale du site par les Amérindiens semble comprise entre les XIe et XVIe siècles de notre ère. Occupé surtout durant la belle saison, cet emplacement est non seulement un lieu d’habitation, mais aussi un lieu de rassemblement pour diverses nations amérindiennes. Des échanges commerciaux et culturels, de même que des alliances politiques ont possiblement animé les relations entre les groupes résidants, les Kakouchaks, et ceux en visite. Le matériel mis au jour et les vestiges d’anciens bâtiments du poste de traite témoignent des modes de construction employés au Régime français et illustrent les fonctions résidentielle, commerciale, artisanale, agricole et religieuse de ce poste. Au début de l’été, les Amérindiens installent leurs campements à proximité. Avant de procéder au troc, ils effectuent, selon leurs pratiques culturelles, le rituel des cadeaux avec le traiteur. Quelques jours sont ensuite réservés aux échanges. Le traiteur offre alors aux Amérindiens différents produits usuels et des objets de traite contre leurs fourrures. Peu actif durant l’hiver, le poste sert de refuge aux Amérindiens en cas de maladie ou de famine. La richesse des découvertes archéologiques et le potentiel de recherche font de ce site un lieu clé pour la compréhension des lieux de rassemblement amérindiens et des établissements servant au commerce des fourrures.