Marcheterre Barn-Stable
The Marcheterre barn-stable, a cited historic monument, is a farm building constructed in 1926. On a polygonal plan with 14 equal sides, this one-storey barn-stable is topped with a broken-pitch roof surmounted by a cupola. A shed stands near the building. The Marcheterre barn-stable is located in a field opposite a dwelling, along a rural road in the municipality of Métis-sur-Mer.
The heritage value of the Marcheterre barn-stable lies in its architectural interest. Its form and construction technique distinguish it from the traditional farm buildings built in the Bas-Saint-Laurent in the early 20th century. On a polygonal plan with 14 equal sides, this building rises 4.2 metres. The one-storey volume is topped with a broken-pitch roof surmounted by a cupola. The barn-stable is lower than most of those of the same type, and no lean-to breaks its balance. Originally, half of the ground floor was used to store farm implements; the other half was devoted to the care of the animals. Above, a half-storey served as a hayloft. The space thus creates a mezzanine to which hay was raised by means of a horse-drawn hayfork. The building rests on a cement foundation. The light post frame is covered with vertical board cladding. The stable section is covered with additional cedar shingle cladding. The wooden roof frame adopts an umbrella structure. The roof tie beams, joined along the axis, are supported by the central post. The roofing is sheet metal on the upper slope, and the lower slope is covered with cedar shingles.
The heritage value of the barn-stable also lies in its ethnological interest. It bears witness to the know-how of its builders. The building was constructed by the farmer Michel Marcheterre (1874-1968) and his sons in 1926. They were pioneers, at once land clearers, farmers and carpenters. The polygonal barn was inspired by an illustration taken from an American magazine. One of the sons, Chrysostome (1901-1987), designed a scale model and adapted the model and its dimensions. Its volume is smaller than that of buildings of the same type, which generally have two or three storeys. This one has a half-storey serving as a hayloft, and access is from the inside. The building has no exterior ramp. The know-how of these builders and their desire for innovation created a unique model.
The heritage value of the barn-stable also lies in its representativeness of this type of agricultural building, the polygonal barn-stable. Since the beginning of the French Regime, most farm buildings had adopted a rectangular form. During the 19th century, barn-stables evolved thanks to new construction techniques and the introduction of new architectural influences. During the phase of reorientation and specialization toward dairy production, beginning in 1875, farmers sought to improve their production and efficiency. They turned to larger, better-equipped barn-stables. Polygonal models appeared at the end of the 19th century in the eastern United States, then in the Eastern Townships region of Québec. These barn-stables were considered more efficient than rectangular models. Their form was intended to save wood in construction, make maximum use of the interior space, facilitate the storage of crops and provide healthier conditions for the animals, thanks to lighting and the central ventilation shaft. The model attracted farmers’ attention for a few years. Experience quickly showed that its advantages were overestimated. The Marcheterre barn-stable bears witness to this desire for innovation and this search for efficiency.
The heritage value of the barn-stable further lies in its uniqueness. The building has an unusual form, inspired by the new models presented in agricultural magazines. Only a few dozen of these buildings were constructed in Québec at the turn of the 20th century. Very few remain today. Compared with these models, the Marcheterre barn-stable has unique features, including its reduced volume and its interior hayloft.
Grange-étable Marcheterre
La grange-étable Marcheterre, citée monument historique, est un bâtiment de ferme construit en 1926. De plan polygonal à 14 côtés égaux, cette grange-étable à un étage est coiffée d’un toit à pans brisés surmonté d’un campanile. Un hangar s’élève à proximité du bâtiment. La grange-étable Marcheterre est située dans un champ en face d’une habitation, en bordure d’une route rurale dans la municipalité de Métis-sur-Mer.
La valeur patrimoniale de la grange-étable Marcheterre repose sur son intérêt architectural. Sa forme et sa technique de construction la distinguent des bâtiments de ferme traditionnels construits dans le Bas-Saint-Laurent au début du XXe siècle. De plan polygonal à 14 côtés égaux, ce corps de bâtiment s’élève à 4,2 mètres. Le volume à un étage est coiffé d’un toit à pans brisés surmonté d’un campanile. La grange-étable est plus basse que la plupart de celles de même type, et aucun appentis ne rompt l’équilibre. À l’origine, la moitié du rez-de-chaussée sert à l’entreposage des équipements aratoires; l’autre moitié est consacrée aux soins des animaux. Au-dessus, un demi-étage sert de fenil. L’espace crée ainsi une mezzanine où le foin est monté au moyen d’une fourche à cheval. Le bâtiment repose sur un solage en ciment. La charpente claire à poteaux est recouverte d’un parement en planche verticale. La partie de l’étable est revêtue d’un parement supplémentaire en bardeau de cèdre. La charpente en bois du toit adopte une structure en parapluie. Les entraits de la toiture réunis dans l’axe sont supportés par le poteau central. La couverture de la toiture est en tôle sur le terrasson, et le brisis est recouvert de bardeaux de cèdre.
La valeur patrimoniale de la grange-étable repose également son intérêt ethnologique. Elle témoigne du savoir-faire de ses artisans. Le bâtiment est construit par le cultivateur Michel Marcheterre (1874-1968) et ses fils en 1926. Ceux-ci sont des pionniers, à la fois défricheurs, fermiers et charpentiers. La grange polygonale est inspirée d’une illustration tirée d’une revue américaine. Un des fils, Chrysostome (1901-1987), conçoit une maquette et adapte le modèle et les dimensions. Son volume est plus restreint que les constructions du même type, généralement de deux ou trois étages. Celle-ci possède un demi-étage servant de fenil, et l’accès se fait par l’intérieur. Le bâtiment n’a pas de rampe à l’extérieur. Le savoir-faire de ces artisans et leur volonté d’innovation créent un modèle unique.
La valeur patrimoniale de la grange-étable repose aussi sur sa représentativité par rapport à ce type de bâtiment agricole, la grange-étable polygonale. Depuis le début du Régime français, la majorité des bâtiments de ferme adoptent une forme rectangulaire. Au cours du XIXe siècle, les granges-étables évoluent grâce aux nouvelles techniques de construction et à l’introduction de nouvelles influences architecturales. Durant la phase de réorientation et de spécialisation vers la production laitière, commençant en 1875, les cultivateurs tentent d’améliorer leur production et leur efficacité. Ils se tournent vers la grange-étable plus vaste et mieux équipée. Les modèles polygonaux apparaissent à la fin du XIXe siècle dans l’est des États-Unis, puis dans la région des Cantons-de-l’Est au Québec. Ces granges-étables sont jugées plus performantes que les modèles rectangulaires. Leur forme doit permettre une économie de bois dans la construction, une utilisation maximale de l’espace intérieur, faciliter l’engrangement et procurer aux animaux des conditions plus saines, grâce à l’éclairage et au puits central d’aération. Le modèle retient l’attention des cultivateurs pendant quelques années. Rapidement, l’expérience démontre que les avantages sont surévalués. La grange-étable Marcheterre témoigne de cette volonté d’innovation et de cette recherche d’efficacité.
La valeur patrimoniale de la grange-étable repose en outre sur son unicité. Le bâtiment possède une forme inusitée, inspirée des nouveaux modèles présentés dans les revues d’agriculture. Seulement quelques douzaines de ces bâtiments sont construits au Québec, au tournant du XXe siècle. Il en reste très peu aujourd’hui. Comparativement à ces modèles, la grange-étable Marcheterre possède des caractéristiques uniques, dont son volume réduit et son fenil intérieur.