Crémazie House
The Crémazie house, classified in 1961, is an urban residence built in 1830 and 1831. This three-and-a-half-storey rectangular stone house is topped with a gable roof with straight slopes pierced by dormers. The façade includes a carriage entrance. Attached to other dwellings, the residence has a firewall extending above the roof. The Crémazie house stands along one of the oldest streets in the city, in the heart of the Vieux-Québec historic district.
The heritage value of the Crémazie house lies in its architectural interest. The house reflects the neoclassical influence on urban residential architecture and is representative of the houses of the first half of the 19th century in Québec. It expresses a new way of living imported by the British. From the first decades of the British Regime, social segregation was perceptible in Québec’s urban development, notably in the upper town. The military and the English-speaking elite took over the area south of rue Saint-Jean. The urban fabric quickly became denser, leading to the construction of row houses and taller buildings to offset the narrowness of the lots. Some residences had a carriage entrance giving access to stables in the backyard. The Crémazie house, built in 1830 and 1831 to plans by architect John Phillips (circa 1789-1859), is representative of the urban house notably through its stone masonry, its party walls, its firewall, its third storey treated as an attic, its neoclassical porch and its carriage entrance. With its imposing façade and its location along rue Saint-Louis, it reflects the social status of those who occupied it.
The heritage value of the Crémazie house also lies in its association with John Phillips and Robert Jellard (circa 1783-circa 1851). A native of Hampshire in England, Phillips emigrated to Lower Canada in 1812. He settled in Québec, where he worked as an architect and master mason. During his career, he notably supervised the enlargement of St. Andrew’s Church (1823) and executed the masonry of the west wing of the Marine Hospital (1832-1834, demolished). He also built a large number of bourgeois stone houses. Phillips acted as a real-estate developer: he acquired land, developed it and resold it. For example, he bought several lots in the faubourg Saint-Louis, on which he built more than twenty houses over a period of thirty years. In this enterprise, he collaborated on several occasions with Robert Jellard, a well-known master joiner and master carpenter of Québec, originally from Devon in England. Together, they built at least six adjoining residences along rue Saint-Louis, including the Crémazie house. The latter thus illustrates the achievements of builders who were among the most prolific in Québec during the first half of the 19th century and reflects the real-estate speculation practices of certain construction craftsmen at that time.
Maison Crémazie
La maison Crémazie, classée en 1961, est une résidence urbaine construite en 1830 et 1831. Cette demeure en pierre, de plan rectangulaire à trois étages et demi, est coiffée d’un toit à deux versants droits percé de lucarnes. La façade comprend une porte cochère. Contiguë à d’autres habitations, la résidence possède un mur coupe-feu se prolongeant au-delà du toit. La maison Crémazie est située en bordure d’une des plus anciennes rues de la ville, au coeur de l’arrondissement historique du Vieux-Québec.
La valeur patrimoniale de la maison Crémazie repose sur son intérêt architectural. La demeure témoigne de l’influence néoclassique sur l’architecture résidentielle urbaine et est représentative des maisons de la première moitié du XIXe siècle à Québec. Elle traduit une nouvelle façon d’habiter importée par les Britanniques. Dès les premières décennies du Régime anglais, une ségrégation sociale est perceptible dans le développement urbain de Québec, notamment à la haute-ville. Ainsi, les militaires et l’élite anglophone s’approprient le secteur situé au sud de la rue Saint-Jean. La trame urbaine se densifie rapidement, entraînant la construction de maisons en rangée et d’édifices plus haut afin de compenser l’étroitesse des lots. Certaines résidences sont dotées d’une porte cochère donnant accès à des écuries situées dans la cour arrière. La maison Crémazie, érigée en 1830 et 1831 d’après les plans de l’architecte John Phillips (vers 1789-1859), est représentative de la maison urbaine notamment par sa maçonnerie de pierre, ses murs mitoyens, son mur coupe-feu, son troisième étage traité en attique, son porche néoclassique et sa porte cochère. Avec son imposante façade et sa situation en bordure de la rue Saint-Louis, elle témoigne du statut social de ceux qui l’ont occupée.
La valeur patrimoniale de la maison Crémazie repose aussi sur son association avec John Phillips et Robert Jellard (vers 1783-vers 1851). Originaire du comté de Hampshire en Angleterre, Phillips émigre au Bas-Canada en 1812. Il s’installe à Québec, où il travaille comme architecte et maître maçon. Au cours de sa carrière, il supervise notamment l’agrandissement de l’église St. Andrew (1823) et réalise la maçonnerie de l’aile ouest de l’hôpital de la Marine (1832-1834, démoli). Il construit aussi un grand nombre de maisons bourgeoises en pierre. Phillips agit comme promoteur immobilier : il acquiert des terrains, les développe et les revend. À titre d’exemple, il achète plusieurs lots dans le faubourg Saint-Louis, sur lesquels il élève plus d’une vingtaine de maisons en l’espace de trente ans. Dans cette entreprise, il collabore à plusieurs occasions avec Robert Jellard, un maître menuisier et maître charpentier réputé de Québec originaire du comté de Devon en Angleterre. Ensemble, ils érigent au moins six résidences contiguës le long de la rue Saint-Louis, dont la maison Crémazie. Ainsi, cette dernière illustre les réalisations d’entrepreneurs qui figurent parmi les plus prolifiques à Québec durant la première moitié du XIXe siècle et reflète les pratiques de spéculation immobilière de certains artisans de la construction à cette époque.